Consultez le bilan final de l’étiage 2011
Téléchargez les bulletins mensuels au format PDF et au format vidéo
Téléchargez les cartes de suivis linéaires de l’écoulement des cours d’eau par les Fédérations de pêche
Consultez les anciens bilans annuels
Ce bilan a été réalisé dans le cadre du RPDE, à partir des données et informations fournies par les structures suivantes : CRPC, Météo France, Banque Hydrologique, CAEDS, CG 85, CG 16, DDTM 17, DDT 86, DREAL Pays de la Loire, DREAL Poitou-Charentes, Institution du Fleuve Charente, ODE 85, Grand Poitiers, ONEMA, Fédérations de pêche 16, 17, 79, 86, SIAH Né, SYMBA, IFREMER, EDF, SIVEER, ARS Poitou-Charentes, préfectures 16, 17, 79, 85, 86.
Contrairement à décembre 2011, le cumul des précipitations de ce premier mois de l’année 2012 est nettement déficitaire par rapport aux valeurs saisonnières, sur l’ensemble de la région.
Malgré ce déficit, l’état des ressources en eau souterraines s’est légèrement amélioré, la situation reste néanmoins préoccupante : 50 % des piézomètres indiquent toujours des niveaux inférieurs à la moyenne interannuelle fin janvier, contre 72,4 % fin décembre.
Pour ce qui est des cours d’eau, de forts débits ont été enregistrés en début de mois mais n’ont par la suite cessé de baisser, du fait du manque de pluies. Les débits moyens mensuels sont ainsi globalement inférieurs aux valeurs saisonnières.
Concernant la centrale nucléaire de Civaux, des concentrations en tritium anormalement élevées ont été relevées dans la nappe phréatique située en-dessous du site, suite à une fuite des réservoirs de stockage des effluents radioactifs.

Sources : Météo France ; données fournies par la DREAL Poitou-Charentes
Situation au mois de janvier 2012 :
Le cumul des précipitations de ce premier mois de l’année 2012 est nettement déficitaire par rapport aux valeurs saisonnières, sur l’ensemble de la région. Ce manque de précipitations est davantage marquésur les Deux-Sèvres, une grande moitié ouest de la Vienne, le nord des Charentes et sur le littoral de la Gironde.
Les pluies les plus importantes du mois sont tombées entre le 1er et le 5. Par la suite, les précipitations ont été quasi-nulles sur l’ensemble de la région jusqu’en fin de mois. Une perturbation plus importante a traversé la région le 30.
Les premières chutes de neige de l’hiver sont apparues le 31, apportant un manteau neigeux de 5 à 10 cm d’épaisseur. A noter que la neige ne représente pas un apport d’eau exceptionnel : 1 cm d’épaisseur fournit une lame d’eau d’environ 1 mm de pluie.
Tableau comparatif entre les cumuls pluviométriques des mois de novembre et de décembre 2011 et les moyennes mensuelles interannuelles :
| Cumuls de précipitations (mm) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Station | Décembre 2011 | Moyenne Décembre | Janvier 2012 | Moyenne Janvier | |
| Cognac | 156,8 | 87,7 | 44,0 | 76,5 | |
| La Rochelle | 171,3 | 85,4 | 43,8 | 78,3 | |
| Niort | 183,3 | 97,1 | 42,4 | 88,7 | |
| Poitiers Biard | 161,2 | 72,9 | 38,8 | 62,7 | |
Pluviométrie cumulée de novembre 2011 à janvier 2012 :
Le cumul des pluies sur cette période est proche des normales sur la majorité de la région.
Cependant, le littoral et le Saintonge sont plus secs (entre 10 et 25% de déficit) alors que l’Est de la Vienne (de Dange-Fléau à Poitiers et Mauprévoir) est légèrement excédentaire (10 à 25%).
Consulter les graphiques plus détaillés des stations de référence, sur le site de l’Observatoire Régional de l’Environnement.

Sources : Conseil Régional Poitou-Charentes, Conseil Général de la Vendée, Traitement ORE
Dans l’analyse qui suit, la moyenne mensuelle interannuelle est calculée par rapport aux chroniques historiques et une enveloppe correspondant à 5 % du battement de la nappe lui est appliquée. Rappelons que la moyenne interannuelle est calculée d’après un historique de mesures qui est propre à chaque piézomètre et fonction de l’année de sa mise en service, qui est généralement postérieure à l’irrigation. Cette moyenne est par conséquent influencée par les prélèvements
Carte représentant l’état des aquifères de la région Poitou-Charentes au 31 janvier 2012
Synthèse par type de nappe :
Au 31 janvier 2012, 50 % des piézomètres présentent des niveaux inférieurs à la moyenne interannuelle (dont 6,1 % inférieurs aux minima) tous types de nappes confondus. Pour rappel, ce chiffre atteignait 72,4 % fin décembre, dont 6 % inférieurs aux minima.
A la même période, comparativement aux années antérieures, la situation de 2011 est la quatrième situation la moins favorable depuis 2002.
Avec les fortes pluies de décembre et celles des premiers jours de janvier, la recharge des nappes a continué en début de mois. Elle s’est par la suite ralentie en lien avec l’absence de pluies.

Synthèse par département :
A l’échelle régionale, la situation reste donc préoccupante malgré une amélioration marquée au cours des deux derniers mois. Un piézomètre sur deux possède encore un niveau inférieur à la moyenne fin janvier. Par département, on constate les évolutions suivantes :
En Charente : 52,1 % des piézomètres montrent des niveaux inférieurs à la moyenne fin janvier (contre 60,8 % fin décembre). Le nombre de piézomètres inférieurs aux minima stagne à 4,3 %.
En Charente-Maritime, pour les niveaux inférieurs à la moyenne, passage de 67,9 % fin décembre à 55,5 % fin janvier (dont 7,4 % de piézomètres inférieurs aux minima contre 3,6 % le mois précédent).
Dans les Deux-Sèvres : passage de 62 % à 25 % de piézomètres ayant des niveaux inférieurs à la moyenne ; ceux avec des niveaux inférieurs aux minima représentent toujours 3,6 %.
Pour la Vienne, les piézomètres ayant des niveaux inférieurs à la moyenne représentent 63,9 % fin janvier (contre 89 % fin décembre). Le pourcentage de piézomètres à niveau inférieur au minimum diminue légèrement pour atteindre 8,3 %.

Source : Observatoire de l’Eau en Vendée
Etat de la ressource en eau souterraine - Secteur Sud Vendée du Marais Poitevin
Extrait du bulletin des ressources en eau au 27 janvier 2012 :
« Après la forte remontée des nappes observée fin décembre-début janvier, les niveaux actuels sont inférieurs aux moyennes saisonnières avec une nette tendance à la baisse liée à l’absence de pluie de ces derniers jours. »

Sources : Services de Prévision des Crues Littoral Atlantique, Vienne Thouet et Dordogne, DREAL 44 et Banque Hydro
L’histogramme suivant permet de caractériser l’évolution des débits moyens mensuels (moyenne des débits journaliers enregistrés en janvier 2012) de certains cours d’eau du Poitou-Charentes, comparativement aux moyennes interannuelles (débit moyen des mois de janvier calculé sur l’ensemble de l’historique des mesures).
Synthèse régionale :
De par les pluies abondantes tombées début janvier, la situation des cours d’eau a suivi la dynamique de décembre en ce début de mois, à savoir des débits nettement supérieurs aux moyennes saisonnières. Par la suite, les pluies se faisant plus rares, les débits n’ont cessé de diminuer progressivement.
La moyenne mensuelle de janvier 2012 est ainsi inférieure à la moyenne mensuelle interannuelle pour la majorité des stations étudiées ci-dessous.
Les fortes pluies en fin d’année 2011 et début 2012 ont tout de même permis d’élever globalement le niveau des cours d’eau et de sortir d’une situation critique pour certains secteurs (comme le Né, la Seudre et la Tude).
Synthèse par station :
| Cours d’eau | Localisation de la station d’alerte | Moyenne mensuelle inter-annuelle de janvier (m3/s) | Moyenne mensuelle de janvier 2012 (m3/s) | % entre les deux moyennes |
| Le Né | Salles-d’Angles [Les Perceptiers] | 14,30 | 4,13 | 29% |
| La Seudre | Saint-André-de-Lidon | 1,62 | 0,48 | 29% |
| La Tude | Médillac [Pont de Corps] | 5,33 | 2,38 | 45% |
| La Veude | Lémeré [Moulin de Coutureau] | 2,13 | 0,97 | 45% |
| La Dronne | [Bonnes] | 34,20 | 19,38 | 57% |
| Le Thouaret | Luzay | 4,85 | 2,94 | 61% |
| La Seugne | Saint-Seurin-de-Palenne [La Lijardière] | 13,10 | 8,03 | 61% |
| La Boivre | Vouneuil sous Biard | 2,26 | 1,42 | 63% |
| L’Argenton | Massais [Moulin Bernard] | 13,00 | 8,33 | 64% |
| La Sèvre Niortaise | Azay-le-Brûlé [Pont de Ricou] | 7,84 | 5,27 | 67% |
| La Vonne | Cloué [Pont de Cloué] | 7,45 | 5,01 | 67% |
| Le Clain | Poitiers [Pont St-Cyprien] | 25,10 | 19,28 | 77% |
| La Charente | Vindelle [La Cote] | 65,90 | 52,32 | 79% |
| La Sèvre Niortaise | Niort [La Tiffardière] | 25,80 | 20,99 | 81% |
| La Vienne | [Ingrandes] | 205,00 | 170,61 | 83% |
| La Tardoire | Montbron [Moulin de Lavaud] | 10,40 | 8,77 | 84% |
| La Boutonne | Saint-Séverin-sur-Boutonne [Moulin de Châtre] | 11,50 | 10,54 | 92% |
| La Vienne | [Lussac les Châteaux] | 144,00 | 142,22 | 99% |
| La Bonnieure | Saint-Ciers-sur-Bonnieure [Villebette] | 3,11 | 3,09 | 99% |
| La Vienne | Etagnac | 117,00 | 122,73 | 105% |
| La Dive du Nord | Marnes [Moulin de Retournay] | 1,59 | 2,39 | 150% |
Comme souvent, les débits de la Dive du Nord restent largement supérieurs aux moyennes saisonnières, ceux de la Vienne (à Etagnac, Lussac et Ingrandes) en sont proches. Le Né et la Seudre restent très sensibles aux variations pluviométriques. Les débits des cours d’eau dans les secteurs où la neige s’est accumulée vont sûrement légèrement augmenter ces prochains jours si les températures augmentent.
Profils représentant les débits journaliers (en bleu clair) du mois de janvier 2012, mesurés au niveau de différentes stations :

Sources : EDF, Autorité de Sécurité Nucléaire
Zoom sur la centrale nucléaire de Civaux :
La centrale de Civaux est située sur le bassin de la Vienne, entre les stations débitmétriques de Lussac-les-Châteaux (en amont) et de Cubord (en aval). Pour assurer son fonctionnement et en particulier le refroidissement de ces réacteurs, celle-ci prélève de l’eau dans la Vienne.
Débits de la Vienne au 29 janvier 2012 :
à Cubord = 70,4 m3/s
à Lussac-les-Châteaux = 84 m3/s.
Ces valeurs sont inférieures aux valeurs moyennes observées à cette époque
La station de Lussac-les-Châteaux est un point nodal dont la valeur de DCR (Débit de Crise) est égale à 10 m3/s.
En dessous de cette valeur, on considère que seuls les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l’alimentation en eau potable de la population et les besoins des milieux naturels peuvent être satisfaits.
Pendant l’étiage, deux valeurs de débit de coupure des prélèvements sont attribuées à cette station :
en gestion de printemps : 12,40 m3/s
en gestion d’été : 10 m3/s
C’est la station de Cubord qui fait office de station débitmétrique de référence pour le suivi du fonctionnement de la Centrale. Selon l’Autorité de Sûreté Nucléaire (Décision n°2009-DC-0138 du 2 juin 2009*), « l’exploitant de la centrale prend toutes les dispositions pour garantir un débit moyen journalier minimum en Vienne à l’aval du rejet de la centrale supérieur à 10 m3/s ».
Le débit maximum pouvant être prélevé par la centrale dans le fleuve est de 6 m3/s. Ainsi, pour que ces conditions soient réunies, il faut s’assurer que le débit de la Vienne soit supérieur à 16 m3/s en amont de la centrale.
En outre, les conditions de rejet font l’objet d’une réglementation imposant un débit minimal de 30 m3/s pour effectuer des rejets chimiques occasionnels comme la chloration massive des circuits CRF par injection d’hypochlorite de sodium. Les rejets d’effluents radioactifs liquides sont quant à eux autorisés lorsque le débit de la Vienne mesuré à Cubord est compris entre 20 et 400 m3/s. Toutefois lorsque le débit de la Vienne est compris entre 20 et 27 m3/s, les rejets donnent lieu à une information de l’ASN. La production des effluents doit alors être réduite au strict minimum.
*Décision n° 2009-DC-0138 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 2 juin 2009 fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvements et de consommation d’eau et de rejets dans l’environnement des effluents liquides et gazeux des installations nucléaires de base n° 158 et n° 159 exploitées par Électricité de France (EDF-SA) sur la commune de Civaux
A noter au cours du mois de janvier 2012 :
le débit de la Vienne a été supérieur à 30 m3/s (valeur seuil autorisant les rejets chimiques)
le débit moyen mensuel de 128 m3/s, supérieur à celui de décembre 2011 (121,2 m3/s).
Un problème d’étanchéité des cuves de stockage a généré un rejet non-maîtrisé de tritium dans la nappe phréatique située en-dessous de la centrale. Selon EDF, ce rejet ne constitue pas de risque sanitaire étant donnée que cette nappe n’est ni exploitée pour la distribution d’eau potable ni pour l’irrigation.
Pour plus d’informations, consultez la rubrique « Des questions sur la centrale nucléaire de Civaux »


Sources : Compagnie d’Aménagement des Eaux des Deux-Sèvres et Institution du Fleuve Charente
Localisation des barrages :
| Taux de remplissage (%) des grands barrages de la région | ||||
| Deux-Sèvres | Charente | |||
| Cébron-Puy Terrier (1) | Touche-Poupard (2) | Mas Chaban (3) | Lavaud (4) | |
| Fin janv. 2012 | 85 % | 85 % | 73 % | 43 % |
| Fin déc. 2011 | 78 % | 62 % | 47 % | 26 % |
| Fin nov. 2011 | 29 % | 24 % | 10 % | 4 % |
| Fin janv. 2011 | 85 % | 82 % | 54 % | 29 % |
| Fin déc. 2010 | 73 % | 65 % | 33 % | 18 % |
| Fin nov. 2010 | 40 % | 36 % | 10 % | 6 % |
NB : Capacité des barrages : Touche Poupard : 14.86 Mm3 ; Cébron-Puy Terrier : 11,2 Mm3.
NB : Capacité des barrages : Lavaud : 10 Mm3, dont volume utile : 9 Mm3 ; Mas Chaban : 14 Mm3, dont volume utile : 12 Mm3.
Les niveaux d’eau des grands barrages de la région, très bas fin novembre 2011 continuent de remonter. Pour les Deux-Sèvres, la situation à fin janvier 2012 est proche de celle observée à la même période en 2011 ; en Charente, les barrages sont plus remplis qu’en 2011.

Source : Informations fournies par l’IFREMER et en particulier le Laboratoire-Environnement – Ressources des Pertuis Charentais. Extraits du BULLDOSER (Bulletin de la Surveillance de l’Environnement et des Ressources) de janvier 2012.
En vue de caractériser l’état et l’évolution des eaux littorales et des milieux marins, différents paramètres sont étudiés tels que :
Des paramètres physico-chimiques : température et salinité (1)
Des paramètres biologiques : qualité trophique du milieu et abondance de certaines espèces animales
Études de la chlorophylle et du phytoplancton (2)
(1) La salinité est un marqueur du mélange eau douce/eau salée ; elle est alors fonction des apports en eau douce provenant des estuaires, sur le littoral charentais, ainsi que du cycle des marées. Il est à noter que la température (symbolisant les échanges atmosphère-océan) associée à la salinité sont les deux facteurs majoritaires conditionnant le développement des espèces animales exploitées (huîtres …).
(2) Une partie des éléments nutritifs utilisés pour le développement du phytoplancton, servant lui-même à nourrir les espèces animales des eaux littorales telles que les huîtres ou les moules par exemple, est contenue dans les eaux douces continentales arrivant au littoral. Ainsi, l’étude du phytoplancton et de la chlorophylle (renseignant de l’état de la ressource alimentaire) est primordiale en vue de suivre l’état de la conchyliculture à l’échelle du littoral charentais.
Synthèse du mois (extraite du BULLDOSER de janvier 2012, rédigée par l’IFREMER)
« Physico-chimie : Janvier 2012 présente les caractéristiques thermiques d’un mois de janvier plutôt chaud, notamment en comparaison avec les 4 dernières années (cas du pertuis Breton). A l’échelle journalière, on observe une baisse vers des valeurs plus habituelles en milieu de période. Les mesures de salinité observées sur les filières du pertuis Breton sont particulièrement hautes et flirtent avec la limite des valeurs exceptionnellement élevées (sur la base des 4 années d’historique). Sur le sud des pertuis où l’historique est plus conséquent, les salinités présentent des valeurs plus conventionnelles avec des moyennes journalières généralement comprises dans l’intervalle des valeurs les plus fréquentes. On observe néanmoins sur ce secteur une dessalure importante lors de la première semaine.
Ressource trophique : L’activité phytoplanctonique présente des caractéristiques de saison sur l’ensemble des secteurs suivis avec des valeurs de fluorescence (équivalent chlorophylle) et de comptages en cellules se situant dans l’intervalle des valeurs habituelles.
Ressource conchylicole : Conformément à la période, la croissance des huîtres suivies sur le banc d’Agnas ne présente pas d’évolution significative. »

Sources : Préfectures de la Vienne, de la Charente, de la Charente-Maritime, des Deux-Sèvres et de la Vendée
Tous usages
En Vendée, le remplissage et la remise à niveau des mares destinées à la chasse aux gibiers d’eau, quelle que soit l’origine de l’eau ou le type de pompage est autorisé sous certaines conditions.
Barrages
Les arrêtés en Deux-Sèvres concernant les débits requis en aval des barrages du Cébron et de la Touche Poupard ont pris fin le 12 janvier 2012.