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L'eau et ses usages en Poitou-Charentes

Bilan "L'eau et ses usages en Poitou-Charentes"/ Comité Régional de l'Environnement (CRE)

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L'eau, la conchyliculture, l'aquaculture et la pêche professionnelle
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L’utilisation de l’eau

Des besoins nutritifs …

Le phytoplancton présent dans l'eau est à la base de la chaîne alimentaire des coquillages, qui utilisent l'eau de mer par filtration.

Les eaux littorales constituent ainsi un milieu biologiquement riche, favorable à l'établissement de nourriceries [48] et de frayères[49] notamment pour la sole, le bar, le merlan, la seiche, …

… qui imposent des classes de qualité

Le classement des eaux en terme de qualité pour les zones de conchyliculture est réalisé à partir de mesures bactériologiques effectuées sur les coquillages, intégrateurs de la pollution. La grille de classement des zones professionnelles de pêche (12 en Poitou-Charentes) définit 4 classes de qualité A, B, C et D.

Le décret du 20 août 1939 modifié, relatif à la salubrité des huîtres, moules et autres coquillages, classe les zones conchylicoles en salubres et insalubres. L'arrêté du 21 juillet 1995 fixe les normes de salubrité sur la base de 26 prélèvements au cours de 12 mois consécutifs de la manière suivante :
« une zone salubre est une zone qui présente un nombre de coliformes fécaux inférieur à 300 pour 100 ml de chair, avec une tolérance pour 5 échantillons au-dessus de ce seuil à certaines conditions. Sinon, il s'agit d'une zone insalubre ».

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La directive européenne 91/492/CEE du 15/07/1991, modifiée par la directive 97/61/CE du 20/10/1997 a été reprise en droit français par le décret 94-340 du 28/04/1994, complété par l'arrêté du 21 mai 1999 relatif à la surveillance des zones de production et des zones de reparcage des coquillages vivants. Elle fixe des seuils en fonction des concentrations en coliformes fécaux et en trois métaux lourds, le mercure, le plomb et le cadmium :

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Le classement réglementaire des zones conchylicoles ne s'applique pas aux secteurs de pêche de loisirs, seuls les gisements naturels exploités professionnellement sont concernés. Cependant, la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales, qui a la charge de la surveillance sanitaire des sites de pêche à pied, interprète les résultats en fonction du classement officiel afin de mieux mettre en évidence les risques de contamination.

Classement conchylicole
Zone A : récolte et consommation humaine directe
Zone B : récolte possible, mise sur le marché après un temps suffisant de purification et/ou de reparcage
Zone C : mise sur le marché après reparcage de longue durée
Zone D : pas de récolte, ni pour la consommation humaine directe, ni pour le reparcage, ni pour la purification




Un suivi annuel des concentrations en germes fécaux a été effectué dans les secteurs du chenal de la Perrotine, sur l'île d'Oléron, et dans le réseau pluvial de Ronce les Bains, en Charente-Maritime. Ces secteurs jouxtent des zones ostréicoles et de pêche à pied.

En 1998, les eaux de ces secteurs mettent en évidence la présence de germes indicateurs de contamination fécale (coliformes fécaux et stréptocoques fécaux) et donc de rejets d'eaux usées domestiques. Dans ces deux cas, des recommandations sont émises afin d'éviter que ces rejets ne viennent contaminer les zones ostréicoles adjacentes.

Des études ont été menées en 1998 sur les fouisseurs de la Seudre, les fouisseurs du Banc de Ronce-Perquis et les moules des bouchots de captage des Saumonards (île d'Oléron). Au titre de la qualité bactériologique des coquillages, ces trois zones de production sont de qualité « A ». Au titre des analyses microbiologiques effectuées par le laboratoire de l'IFREMER-La Tremblade, les coquillages fouisseurs de la Seudre sont de qualité « B » en aval et « C » en amont, les coquillages fouisseurs et filtreurs du Banc de Ronce-Perquis sont de qualité « B », les moules du secteur des bouchots des Saumonards sont de qualité « A ».

En 1998, à Rivedoux (île de Ré), Marsilly (baie de l'Aiguillon) et Châtelaillon (pertuis d'Antioche), les tests de toxicité mis en œuvre par le laboratoire IFREMER-La Rochelle n'ont pas révélé la présence de toxines dans les moules. Aucun cas d'intoxication n'a pas été signalé.

Au niveau microbiologique, les résultats de l'année 1999 confirment globalement le classement de 1998 ; toutefois, les zones estuairiennes du Lay et de la Sèvre Niortaise, classées en B, restent sensibles aux apports des bassins versants du Marais Poitevin.

En 1999, au niveau bactériologique, les points « L'éperon » et « Sèvre rive droite » du Pertuis Breton présentent une augmentation significative de la contamination, tandis qu'au point Rivedoux, la tendance est à la décroissance. Les points du bassin de Marennes-Oléron présentent une tendance à la décroissance, ce qui peut s'expliquer par l'effort d'assainissement réalisé par les communes limitrophes du bassin. En effet, toutes les communes littorales sont munies maintenant d'un réseau collectif d'assainissement relié à une station d'épuration pouvant être conjointe à plusieurs communes (quelques raccordements restent encore à réaliser en 2000 tels ceux des ports de La Tremblade et de Marennes).

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En 2002, on observe sur le Pertuis Breton une stabilité de la contamination bactériologique. Sur le Pertuis d'Antioche, l'impact de la pluviométrie se traduit par des contaminations plus élevées au fil du temps pour la période automnale dans l'estuaire du Lay et au nord de La Rochelle. Au niveau du bassin de Marennes, sur les points « L'Eguille », « Perquis » et « Ronce », on observe des apports polluants essentiellement dus au mauvais système d'assainissement (branchement entre eaux usées et pluviales), ce qui justifie les études « points noirs » (hors réseaux de surveillance).

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Les problèmes potentiels ou avérés

Contamination bactérienne

L'activité conchylicole se caractérise comme étant le dernier utilisateur des eaux continentales sur un bassin versant. Elle profite certes directement d'un effet fertilisant, mais elle dépend des précédents utilisateurs de l'eau, notamment en ce qui concerne sa qualité qui peut être altérée bactériologiquement par l'agriculture et notamment l'élevage, certains nutriments (tels l'azote et le phosphore) semblant favoriser la prolifération de microalgues toxiques, et par des difficultés de traitement des eaux usées. Or, un coquillage qui vit dans une eau souillée, présente à son tour une contamination.

La concentration en germes fécaux dans un coquillage est fonction de la concentration dans le milieu extérieur et du taux de filtration. La concentration dans le milieu extérieur est fonction de la concentration à la source modifiée par la dilution intervenant entre la source et le coquillage, et d'un facteur de mortalité des bactéries. Ce dernier varie notamment selon le germe considéré et les caractéristiques physiques du milieu (température, salinité, turbidité, taux de matières organiques …).

Des teneurs en agents bactériens interprétées selon les seuils de la nouvelle réglementation ont conduit en avril 1998 à déclasser une partie de la baie de l'Aiguillon de la catégorie A à la catégorie B, impliquant un traitement préalable des coquillages avant commercialisation et remettant en cause l'organisation actuelle de la production (lavage en mer et stockage dans les eaux de la baie déconseillés). Une solution transitoire est envisagée dans l'attente d'un retour en classe A, à savoir la construction d'établissements de purification des coquillages à terre. De plus, on assiste périodiquement à la suite d'épisodes pluvieux, à l'interdiction réglementaire [50] de récolter, commercialiser et consommer des coquillages (en octobre 1999, 3 semaines d'interdiction).

Il est difficile de distinguer la part relative revenant aux rejets urbains de celles revenant aux rejets agricoles dans les contaminations littorales. Les spécificités des bactéries selon les sources ne sont pas établies définitivement. Il est donc nécessaire, pour évaluer qualitativement et quantitativement ces sources de pollution, de procéder à leur recensement dans les bassins-versants concernés, en tenant compte des abattements variables selon les types de rejet, et selon les dilutions et les stress subis par les germes avant de déboucher en mer. Ainsi, pour estimer les flux arrivant à la mer, il est nécessaire de mesurer simultanément les concentrations en germes et les débits aux exutoires (rejets directs ou cours d'eau).

Il est d'ores et déjà clairement observé que les flux des éléments contaminants sont particulièrement importants au moment des crues de la saison automne-hiver, en provenance des bassins-versants. En ce qui concerne la Baie de l'Aiguillon, les principaux flux de contamination bactérienne proviennent des cours d'eau, essentiellement du Lay et la Sèvre Niortaise. Selon l'étude préalable à la mise en place d'une gestion concertée de l'eau dans le bassin-versant du Marais Poitevin, réalisée par Sogreah en 2000, les flux de coliformes fécaux sont semblables sur les deux cours d'eau en période de crue (8 à 9.104 coliformes/jour). L'origine des apports contaminants concerne pour le bassin du Lay essentiellement les élevages, et pour le bassin de la Sèvre, l'assainissement et les élevages en part relativement équilibrées.

Il existe aussi des rejets directs en mer des eaux pluviales et usées urbaines, en dehors des contaminations ponctuelles dues à des accidents, des rejets illicites comme des vidanges de fosses septiques … Les stations balnéaires dont les équipements d'épuration sont souvent sous-dimensionnés, sont particulièrement concernées par ces rejets directs en été (ancienne station d'épuration de St Martin/La Flotte et réseaux pluviaux du Fier d'Ars et de Rivedoux). Ces apports locaux directs peuvent avoir un fort impact mais limité géographiquement car de faibles débits. De plus, les stations d'épuration des communes littorales sont mieux suivies du point de vue de leurs rejets bactériens que celles des bassins-versants amont. Leurs dysfonctionnements sont connus et des améliorations sont progressivement apportées.

La conchyliculture semblerait aussi pouvoir être affectée par de trop faibles débits d'eau douce parvenant au littoral en période d'étiage : en effet, depuis quelques années, des diminutions conséquentes d'apports d'eau douce sont observées. Or ces eaux continentales sont essentielles pour le maintien des éléments fertilisants et nutritifs qu'elles véhiculent, et les variations thermiques qu'elles induisent, essentielles pour le déclenchement des pontes d'huîtres.

Risque sanitaire

Une grande part des suivis de surveillance de la qualité bactériologique, du phytoplancton toxique et des micropolluants, est effectuée afin de s'assurer de la salubrité des produits de la mer (au sens large) et de préserver la santé des consommateurs.

La consommation de coquillages vivants, de par leur physiologie et la présence dans le milieu littoral de bactéries ou virus, constitue un problème de santé publique lié à l'environnement, la probabilité pour qu'une infection se développe chez l'Homme dépendant de la dose ingérée et de l'état physiologique et immunitaire du consommateur.

Risque économique

Les niveaux de contamination peuvent entraîner la fermeture temporaire de certaines zones de pêches ou leur déclassement avec des répercussions négatives sur l'économie de la région, ou l'interdiction de commercialisation des produits, ou d'une façon plus chronique, l'obligation d'une épuration préalable (séjour de plusieurs semaines des produits conchylicoles dans des bassins d'eau propre).

A titre d’exemple …
Début mai 1999, l'arrivée du Dinophysis a conduit à une interdiction de ramassage et de ventes des mollusques (sauf huîtres et gastéropodes) provenant des pertuis sur l'ensemble du littoral ; les réouvertures se sont échelonnées rapidement d'un secteur à l'autre.




Ces activités aquacoles vont ainsi être marquées par la fragilité accrue du milieu et l'augmentation de la concurrence française (notamment bretonne et normande) et étrangère.

Surexploitation

La conchyliculture, outre une grande sensibilité face à la qualité des eaux littorales (salinité, salubrité chimique et bactériologique) en rapport avec les eaux continentales, subit également les effets d'une surexploitation qui affecte la croissance des différents coquillages.
Les risques de surexploitation et de conditions environnementales dégradées (apports d'eau douce insuffisant, mauvaise qualité bactériologique dans la baie de l'Aiguillon) peuvent ainsi limiter sérieusement les potentialités de la région.


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