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Qualité des ressources en eau et production d'eau potable en Poitou-Charentes


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Environnement: Contenu de thématique
Les coûts des traitements curatifs et des actions préventives, souvent supportés par le consommateur, sont difficiles à apprécier.

T raitements curatifs

La mise en œuvre de traitements de l'eau de plus en plus sophistiqués (dénitrification, traitement des micropolluants, …) provoque une augmentation sensible du coût de l'eau, difficile à maîtriser en raison de la dégradation de la ressource.

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Les coûts du seul traitement des nitrates de l'eau (investissement et fonctionnement) se situaient entre 1 F et 5 F par mètre cube d'après une estimation réalisée par l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse sur la vallée de la Saône en 1995. En Poitou-Charentes, on peut évaluer à environ 2,50 F par mètre cube (0,38 €/m3) le coût du traitement pratiqué par de grosses installations telles que les usines de dénitrification de Niort et Thouars dans les Deux-Sèvres, de Surgères en Charente-Maritime, soit entre 150 et 300 F (22,87 à 45,73 €) de surcoût par an et par ménage.

Face aux pollutions par les produits phytosanitaires, un traitement classique par filtration au charbon actif en grains représente un investissement entre 2 et 3 millions de francs (300 000 à 450 000 €) et un coût de fonctionnement de 0,4 à 0,6 F/m3 (0,06 à 0,09 €/m3), selon Vivendi Environnement, entreprise numéro un en matière de traitement d'eau. L'étude de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse sur la vallée de la Saône en 1995 montrait déjà une répercussion sur le prix de l'eau variant de 1,5 à 4 F/m3 pour le traitement des produits phytosanitaires.

Plus la qualité de la ressource en eau est dégradée, plus la filière de traitement est complexe et coûteuse. Parmi les techniques de pointe, la nanofiltration qui, à l'aide de membranes, permet de filtrer l'eau au millionième de millimètre près, est de plus en plus utilisée en France. L'investissement représenterait 10 à 12 millions de francs (1,5 à 1,8 millions d'euros), et les coûts de fonctionnement s'élèveraient entre 2,6 et 3,2 €/m3 (0,40 et 0,50 €/m3). Bien que fort onéreux, ce type de traitement permet de s'attaquer à plusieurs types de polluants à la fois, nitrates, produits phytosanitaires, sels dissous ou matière organique.

Les options alternatives à la mise en place de traitement, telles que la recherche de nouvelles ressources de meilleure qualité et les travaux d'interconnexion, peuvent générer des coûts allant jusqu'à 2,50 F le mètre cube.

Quoi qu'il en soit, les unités de traitement doivent être renouvelées au bout d'une période de 15 ans[88], voire être redimensionnées pour faire face à l'augmentation de la pollution de l'eau brute. Leur coût à long terme est donc croissant. De plus, ces solutions ne protègent qu'un seul usage et toutes les communes n'y ont pas accès pour des raisons financières et d'économies d'échelle.

Par ailleurs, les traitements présentent des limites, soit pour des raisons techniques (le traitement d'une eau contenant plus de 1,5 µg/l d'un produit phytosanitaire est aujourd'hui difficile,) soit pour des raisons réglementaires (les valeurs maximales imposées pour les nitrates sur les eaux brutes limitent l'utilisation d'eaux contaminées).

A ctions préventives

A long terme, une politique de protection bien menée devrait induire une diminution du coût du service de l'eau potable.

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L'impact financier de ces mesures est difficile à évaluer : la mise en œuvre de la protection réglementaire (périmètres de protection de captages) reviendrait en moyenne à 250 000 F (38 000 €), et dans 15% des cas, pourrait atteindre presque un million de francs (150 000 €) selon le rapport d'évaluation du Commissariat Général au Plan. Répercuté sur le prix du mètre cube, cet impact ne dépasse pas quelques centimes d'euros. Cependant, ce type de protection n'est pas suffisant pour prévenir les pollutions diffuses, et d'autres dépenses peuvent intervenir, depuis le financement d'actions de conseil agricole jusqu'à l'acquisition foncière.

Une étude réalisée en Bretagne en 1995 sur le coût des mesures mises en place pour lutter contre la pollution par les nitrates a mis en évidence que les coûts de mesures préventives sont très variables : de quelques centimes à presque 10 francs par mètre cube d'eau potable distribué. Par contre, ces coûts baissent toujours dans une seconde période de 15 ans, et ces mesures permettent de pérenniser tous les usages de la ressource.

C onclusion

Face à une dégradation croissante de la qualité des eaux brutes potabilisables, les actions d'ordre curatif (traitement) et palliatif (nouvelles ressources, interconnexions, …) montrent souvent leurs limites réglementaire, technique ou sociologique. Le consommateur est de plus en plus vigilant sur l'évolution de cette situation, d'autant que sa participation au financement en tant que contribuable, déjà importante, ne cesse de croître.

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En effet, de façon générale, retrouver une eau de qualité peut coûter cher : pour un ménage touché par des excès de nitrates, on estime à 2 600 F (400 €) le coût direct de cette pollution comprenant à la fois le coût du traitement et celui de l'eau embouteillée achetée ; à titre de comparaison, les ménages participent chaque année à la même hauteur aux aides publiques à l'agriculture.

Enfin, si les mesures préventives peuvent, au départ, présenter un coût plus élevé que les mesures curatives, ce coût est décroissant, alors que le coût du curatif reste au moins constant et croît avec l'augmentation du taux de pollution et l'accroissement de la consommation. Il paraît donc recommandé d'adopter une logique de préservation et de protection des ressources naturelles, plutôt qu'une logique de traitement toujours plus performant.


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