Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Accueil du site > Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Situations annuelles > Bilan final de l’étiage 2006 > Bilan de l’étiage 2006 : Pluviométrie et état de la ressource

Bilan de l’étiage 2006 : Pluviométrie et état de la ressource

Introduction : Bilan pluviométrique

Grâce aux pluies du mois de mars, le cumul des pluies efficaces [1] observé de septembre 2005 à fin août 2006 place la région Poitou-Charentes et le Marais Poitevin dans une situation proche de la normale, hormis dans le nord-est. Ces pluies efficaces se sont concentrées en mars ; la pluviométrie étant, ce mois-ci, supérieure à la normale.
Puis le trimestre suivant, d’avril à juin 2006, s’est montré sec.
Quant aux mois de juillet et août, les précipitations ont été disparates : elles se sont centralisées dans l’Est de Poitou-Charentes en juillet et sur le centre du Poitou et le sud des Charentes en août.
Puis à la fin de l’année hydrologique, au cours des mois de septembre et d’octobre, les cumuls pluviométriques ont été excédentaires en Poitou-Charentes et en Vendée avec, dans la partie nord de la région, des précipitations deux fois plus importantes que la moyenne.

carte des précipitations

1. Etat de la ressource

1.1 Niveaux des nappes

En avril 2006, en conséquence à la pluviométrie supérieure à la normale, la recharge des nappes est significative sur la majorité du territoire (par rapport à 2004 et 2005 notamment), avec des niveaux piézométriques supérieurs à la moyenne sur 63 % des points. La tendance est alors à un retour à la normale, hormis sur le secteur de la Vienne où la situation reste délicate.
Mais cet acquis n’a pas été conservé. Dès le mois de mai, les nappes se sont ensuite vidangées rapidement et de manière importante jusqu’au mois de juillet où 26 % des piézomètres présentaient des niveaux supérieurs à la moyenne.
La situation a commencé à s’améliorer au mois d’août 2006 où la proportion des niveaux piézométriques supérieurs à la moyenne était similaire à celle rencontrée en août 2004.
Puis aux mois de septembre et d’octobre 2006, les prélèvements ont diminué et les nappes ont amorcé leur recharge dans un contexte de précipitations importantes ; plus des deux tiers des nappes ont présenté des niveaux supérieurs à la moyenne à fin octobre. Les hauteurs des nappes observées en octobre 2006 sont supérieures à celles rencontrées en 2004 et 2005 à la même période.

Evolution des nappes

1.2 Hydrologie des cours d’eau

Conjointement à la faible recharge des nappes au courant de l’hiver 2005-2006, les débits des cours d’eau, dépendants de cette recharge et de la pluviométrie, sont restés faibles jusqu’au mois de mars.
En Mars, consécutivement aux pluies, les débits étaient en hausse, de l’ordre de 2 à 3 fois supérieurs à la moyenne mensuelle interannuelle, sauf pour la Dive du Nord qui est un cours d’eau principalement alimenté par les nappes. Les débits étaient globalement, à cette période, supérieurs à ceux de 2004 et 2005.

Mais à partir du mois d’avril, avec une pluviométrie déficitaire, les débits diminuent fortement et deviennent très vite inférieurs aux moyennes interannuelles. Certains débits, comme ceux de la Dive du Nord, sont même inférieurs à ceux de 2004 et 2005. Et ils sont, à partir du mois de mai, dans l’ensemble, inférieurs aux débits de 2004 mais supérieurs tout de même à ceux de 2005.
Dès le mois de juin 2006, certains bassins présentent un étiage sévère avec des ruptures d’écoulements voire des assecs. Il s’agit essentiellement des sources et/ou affluents de la Seugne, de la Charente (Boutonne, Antenne), de la Sèvre Niortaise, du Clain, de la Vienne, et du Curé. Au cours de ce mois de juin, 19 % des stations du Réseau Départemental d’Observation des Ecoulements (RDOE) en Poitou-Charentes sont en assec ou en rupture d’écoulement.

En juillet, la situation s’aggrave : les débits des stations ″police de l’eau″ sont de 2 à 3 fois inférieurs à la normale (Vonne, Bonnieure, Bandiat, Boutonne, Seugne…) voire 5 fois inférieurs (Tude, Autise, Argenton), et jusqu’à 10 fois pour la Seudre ou le Thouaret ; et 41 % des stations RDOE sont en assec ou en rupture d’écoulement.

Grâce aux pluies de septembre et d’octobre, les débits des cours d’eau augmentent à partir du mois de septembre et deviennent, ce mois-ci, supérieurs à ceux de 2004. Ils présentent, pour la majorité d’entre eux des valeurs mensuelles, en octobre, supérieures à la moyenne. La Bonnieure, le Thouaret, le Clain et la Charente ont même des moyennes mensuelles de débit de plus de 2 fois supérieures à la normale. Mais certains cours d’eau comme la Tude, le Bandiat, la Tardoire et la Seugne présentent encore des débits moyens mensuels de 2 à 3 fois inférieurs à la moyenne.

La Dive du Nord représente, au cours de cet étiage, un cas particulier puisque ses débits, en 2006, sont restés très inférieurs à ceux de 2004 et 2005 jusqu’à la fin du mois de septembre, où ils s’élèvent faiblement au-dessus de ceux de 2004.

1.3 Etat des réserves

Fin janvier 2006, les barrages de Lavaud et de Mas Chaban en Charente étaient remplis à 20 " 25 %, ce qui était très en dessous des moyennes. Mais grâce aux pluies de mars, l’ensemble des grands barrages de Poitou-Charentes (Lavaud, Mas Chaban, Cébron, Touche Poupard) se sont remplis à 100 %.
Mi-juillet 2006, le planning des lâchures des barrages en Charente a été réalisé pour permettre un soutien d’étiage jusqu’en octobre (source : Institution du fleuve Charente).
Fin septembre, les barrages de la Touche-Poupard et du Cébron présentent des taux de remplissage respectivement de 45 % et 43 %, contre 17 % et 17,5 % en 2005 (source : CAEDS) et ceux de Lavaud et Mas Chaban, de 21 % et 14 % (Institution du Fleuve Charente).
Puis fin octobre, les taux de remplissage des barrages augmentent ; ceux de la Touche Poupard et du Cébron sont respectivement de 46 et 51 %, et ceux de Lavaud et Mas Chaban sont de 32 et 18 %.

remplissage des barrages

Notes

[1] les pluies efficaces correspondent aux précipitations diminuées de l’évapotranspiration (évaporation et transpiration des plantes) et de la recharge des sols, c’est-à-dire à l’eau disponible pour l’écoulement des cours d’eau et la recharge des nappes souterraines

Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé