Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Bilan de l’étiage 2006 : Conséquences

3. Conséquences de l’étiage

3.1 Sur les Milieux

(Source : Conseil Supérieur de la Pêche - Délégation régionale de Poitiers)

Dès les mois de mai et juin 2006, certains bassins présentaient déjà un étiage sévère avec des ruptures d'écoulements voire des assecs. Il s'agissait essentiellement des sources et/ou affluents de la Seugne, de la Charente (Boutonne, Antenne), de la Sèvre Niortaise et du Marais Poitevin, du Clain, de la Vienne et du Curé.
Par ailleurs, dans de nombreux cours d'eau, le mécanisme d'eutrophisation s'est accéléré étant donné la diminution des vitesses d'écoulement et l'élévation des températures ; ce phénomène étant visible par le développement significatif d'algues et de macrophytes aquatiques, notamment sur la Sèvre Nantaise, la Sèvre Niortaise, le Marais Poitevin, le Thouet, la Dive du Nord, la Courance, la Touvre, la Tude, l'Argence, la Viville, le Bief, la Nouère, le Mignon, le Clain, la Dive du Sud, la Vienne, l'Envigne et la Creuse.

Puis entre les mois de juin et juillet, la sécheresse s'est aggravée :
o le pourcentage de stations en rupture d'écoulement ou en assec a doublé en Poitou-Charentes évoluant de 19 à 40 %. Le nombre de kilomètres de linéaire d'assec estimé est multiplié par trois entre ces deux mois passant de 372 à 1050 kilomètres ;
o la quantité des cours d'eau touchés par des pollutions ou des mortalités de poissons a très nettement augmenté, ces phénomènes étant majoritairement une conséquence de l'étiage sévère (assecs) et de phénomènes d'eutrophisation qui engendrent d'importants dysfonctionnements des écosystèmes aquatiques.

Par la suite, le mois d'août a été aussi difficile que le mois de juillet, puisqu'à nouveau 40 % des stations du Réseau Départemental d'Observation des Ecoulements (RDOE) sont à sec ou en rupture d'écoulement.
Les bassins présentant les étiages les plus sévères sont alors l'Argence, la Nouère, l'Aume, le Bief, la Couture, l'Auge, la Seugne, la Seudre, le Trèfle, la Trézence, la Sèvre Niortaise, la Charente, la Boutonne, le Clain, la Dive du Nord, la Vienne et le sud-est du département de la Vienne.

Suite aux épisodes pluvieux de septembre et d'octobre, une amélioration sensible de l'état des cours d'eau a été observée avec une reprise des écoulements sur la plupart des affluents asséchés pendant l'été. Mais, en octobre, la situation reste tout de même préoccupante en Charente-Maritime (pour l'Antenne et le Briou ainsi que pour la Seugne amont qui sont en assec) et dans la Vienne (pour les affluents du Clain tels que le Bé ou la Pallu amont).

Dans la majorité des départements suivis par la délégation régionale du CSP, les poissons migrateurs ont eu de bonnes conditions de circulation au cours du printemps, notamment sur les axes Charente, Vienne, Autize, Gartempe. Alors qu'en 2005, les espèces migratrices avaient rencontré de grosses difficultés de déplacement.

3.2 Sur l’alimentation en eau potable (AEP)

A notre connaissance, il n'y a pas eu de difficultés particulières relevées pour l'alimentation en eau potable en Poitou-Charentes au cours de l'étiage 2006.

3.3 La gestion de la centrale nucléaire de Civaux

Le fonctionnement de la centrale de Civaux est assuré par l'eau disponible en Limousin.

La centrale de Civaux prend des dispositions particulières afin d'assurer son fonctionnement durant la période d'étiage.

Pour que la centrale ait le droit de fonctionner, un débit minimum de 10 m3/s doit être respecté en aval de la centrale, une fois après avoir prélevés les volumes d'eau nécessaires au refroidissement des réacteurs. Afin de garantir ce débit, un soutien d'étiage est réalisé grâce aux réservoirs situés en amont de la centrale, situés pour la plupart dans le secteur de la Vienne Supérieure.

La centrale de Civaux est autorisée à prélever dans la Vienne un débit qui est fonction de la puissance des réacteurs, dans la limite de 6 m3/s. La centrale fonctionnant majoritairement sur un seul réacteur durant l'été, cette valeur n'est globalement pas atteinte en période d'étiage. Ainsi, pendant toute cette période, on peut s'assurer que le débit de la Vienne est supérieur à 10 m3/s en aval de la centrale si la station de Lussac-les-Châteaux, en amont de la centrale, indique un débit supérieur à 16 m3/s.

Par ailleurs, les conditions de rejet font l'objet d'une réglementation imposant un débit minimal de 30 m3/s pour effectuer des rejets chimiques occasionnels. La centrale nucléaire de Civaux ne peut rejeter à la rivière ses effluents légèrement radioactifs qu'en présence d'un débit compris entre 27 et 350 m3/s, et entre 20 et 27 m3/s avec dérogation de l'Autorité de Sûreté DGSNR (Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection). Cependant, la Vienne se trouve couramment en deçà de ces valeurs durant la période estivale. C'est pourquoi des réservoirs ont été dimensionnés pour assurer le stockage de ces effluents durant toute la période estivale (source : EDF).
La valeur la plus basse atteinte au cours de l'été 2006 a été de 20 m3/s le 12 juin.

Le graphique ci-dessous met en évidence la présence du soutien d'étiage qui permet de maintenir le débit de la Vienne entre 20 m3/s et 30 m3/s, dès le mois de juin, alors que la majorité des cours d'eau de la région Poitou-Charentes connaissent une diminution constante de leur débit au cours de l'étiage.

débits de la Vienne

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