Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Bilan de l’étiage 2006 : Gestion de la ressource

2. Mise en oeuvre de la gestion de la ressource en eau

2.1 Etat des franchissements de seuil d’alerte

En Charente, Deux-Sèvres, Vienne et Vendée, deux, trois ou quatre seuils d'alerte sont définis sur les stations de mesure de débit ou de niveau piézométrique servant à la police de l'eau. Les restrictions appliquées aux prélèvements lors des franchissements de ces seuils sont progressives, le dernier seuil correspondant à une interdiction totale de prélèvement sur le secteur concerné.

En ce qui concerne la Charente-Maritime, des valeurs de DOE/POE [1] et DCR/PCR [2] ont été définies pour chaque zone d'alerte dans l'arrêté cadre 2006. L'interdiction totale de prélèvements doit survenir avant que le débit ou la hauteur de nappe atteigne la valeur du DCR ou du PCR.

franchissements de seuils en rivières franchissements de seuils en rivières franchissements de seuils en nappes libres franchissements de seuils en nappes libres franchissements de seuils en nappes captives

En 2006, les franchissements des premiers seuils d'alerte sur les stations de référence utilisées pour la police de l'eau ont eu lieu dès le mois d'avril aussi bien pour les rivières que pour les nappes libres (tout comme en 2005) et dès juillet pour les nappes captives.
En 2004, ces franchissements avaient débuté en mai pour les rivières, en avril/mai pour les nappes libres et en juillet pour les nappes captives. Depuis l'année 2005, les services de l'Etat en charge de la Police de l'eau ont mis en œuvre une gestion de printemps avec des seuils d'alerte généralement plus restrictifs qu'en gestion estivale.

Les franchissements d'arrêts totaux ont été atteints dès avril pour les rivières (en particulier pour la Dive du Nord), dès juin pour les nappes libres.
Or en 2005 et 2004, les premiers franchissements d'arrêts totaux avaient lieu respectivement en mai et juin pour les rivières, en avril et août pour les nappes libres et juin et septembre pour les nappes captives.

NB : Il faut noter qu'en 2006, certains seuils ont été relevés, comparés aux valeurs définies en 2005. Il s'agit principalement des seuils d'alerte 1 ou d'arrêts totaux. Et sur certaines zones de gestion (et en particulier en Deux-Sèvres), trois seuils de restriction ont été définis (contre 4 en 2005).

2.2 Etat des prises d’arrêtés

Les premiers arrêtés ont été pris au mois d'avril 2006. En 2005, étant donné la sévérité de la sécheresse, ils avaient débuté dès le mois de mars, avant même l'application des arrêtés cadre.
Les premières interdictions totales de prélèvements destinés à l'irrigation apparaissent à partir du mois de mai 2006 pour l'unité de gestion de la Dive du Nord.
A partir de mi-juin, plusieurs arrêtés de restriction totale de prélèvements sont levés : ils correspondent à la période de transition entre la gestion de printemps et la gestion d'été (seuils plus restrictifs au printemps).
Puis le nombre de zones soumises à interdiction de prélèvement augmente jusqu'à la mi-août : au 15 août, 36,3 % des zones de gestion de la région Poitou-Charentes et du Marais Poitevin sont en interdiction totale de prélèvements. La moitié des zones des Deux-Sèvres est concernée, près de la moitié des zones de la Charente-Maritime (43 %), 37 % en Vienne, 33 % en Vendée et 25 % en Charente.
Le pourcentage de zones de gestion présentant des restrictions de prélèvement diminue ensuite progressivement jusqu'au 30 septembre (date de la fin des arrêtés cadre de la Charente, Charente-Maritime et Vienne), puis jusqu'au 31 octobre (date de la fin de l'arrêté cadre des Deux-Sèvres).

suivi des arrêtés

2.3 Respect des objectifs aux points nodaux [3]

Les non respects de DOE sont apparus en juin 2006, sur l'Argenton et le Clain. En 2004, ils sont apparus également en juin, mais sur la Sèvre Niortaise.
Le nombre de points nodaux ne respectant pas le DOE a, ensuite, augmenté jusqu'au mois d'août touchant alors la Touvre, la Seugne, la Boutonne, la Seudre, l'Argenton, la Sèvre Niortaise, le Lay et le Clain. 50 % des points nodaux ont franchi, ce mois-ci, le DOE en moyenne mensuelle (contre 71 % en 2005 et 40 % en 2004).
Puis en septembre, il diminue mais les non respects de DOE sont tout de même encore présents sur la Seudre, l'Argenton, la Sèvre Niortaise et le Clain. Au mois d'octobre, tous les points nodaux ont présenté un débit moyen mensuel supérieur au DOE mais la Vendée à Pissotte présente tout de même des débits journaliers inférieurs au DOE pendant 11 jours.

Franchissements des DOE et des DCR

Les premiers franchissements de DCR apparaissent dès le mois de juin 2006 dans le Marais Poitevin sur le Lay (1 jour) et en juillet dans la région Poitou-Charentes sur la Dronne (2 jours), la Seugne (4 jours), la Boutonne (8 jours), la Seudre (2 jours), l'Argenton (7 jours), la Sèvre Niortaise (20 jours), le Clain (3 jours) mais aussi sur le Lay (16 jours) et la Vendée (18 jours) dans le Marais Poitevin. En 2004, les premiers franchissements étaient également apparus en juillet, sur la Seudre (1 jour), l'Argenton (31 jours) et le Clain (1 jour). Et en 2003 et 2005, ils étaient apparus en mai.
En septembre 2006, cinq points nodaux ont encore franchis le DCR sur la Boutonne, la Seudre, l'Argenton, la Sèvre Niortaise, et le Clain. Au mois d'octobre, tous les points nodaux ont respecté le DCR sauf celui de la Vendée à Pissotte qui le franchit durant 7 jours.

franchissements des DCR

Hormis la Touvre, tous les points nodaux ont franchi le DCR au cours des quatre dernières années.
Ces franchissements de DCR sont récurrents, et s'inscrivent, pour un certain nombre de points, dans la durée (tel que l'Argenton qui franchit le DCR pendant 28 jours au mois d'août 2006).
Au cours des quatre dernières années, sept points nodaux de la région Poitou-Charentes et du Marais Poitevin ont franchi le DCR sur plus de 150 jours au total.

Notes

[1] DOE/POE (Débit d’Objectif d’Etiage ou Piézométrie d’Objectif d’Etiage) : valeur moyenne mensuelle au-dessus de laquelle sont assurés la coexistence de tous les usages et le bon fonctionnement du milieu aquatique

[2] DCR/PCR (Débit de Crise ou Piézométrie de Crise) : valeur moyenne journalière en dessous de laquelle sont mises en péril l’alimentation en eau potable et la vie des milieux aquatiques

[3] les points nodaux sont des stations de mesures de débit définies dans les SDAGE Loire Bretagne et Adour Garonne, situées soit à l’aval des principaux bassins versants, soit en des points intermédiaires stratégiques des cours d’eau. Des Débits d’Objectifs d’Etiage (DOE) et les Débits de Crise (DCR) sont définis sur ces points

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