Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Bilan de l’étiage 2007 : pluviométrie et état de la ressource

Introduction : Bilan pluviométrique

Une pluviométrie dans l'ensemble excédentaire par rapport aux années précédentes, hormis au cours des derniers mois de l'étiage.

Le mois d'avril 2007 s'est caractérisé par une pluviométrie nettement inférieure aux normales.

carte des précipitations en avril

Les trois mois suivants ont connu de nombreuses perturbations pluvio-orageuses s'étalant sur la majeure partie de la région Poitou-Charentes et de la Vendée.
Par conséquent, les pluviométries mensuelles du mois de mai au mois de juillet se sont montrées dans l'ensemble supérieures à la moyenne interannuelle.

carte du cumul des précipitations de mai à juillet

Fin juillet, le cumul des précipitations depuis le début de l'année hydrologique [1] a été excédentaire ; seul le sud des Charentes a connu une situation pluviométrique légèrement déficitaire.

Malgré un temps très changeant et souvent perturbé en août, les pluviométries mensuelles, à partir de ce mois, ont été nettement déficitaires. Le mois de septembre a été caractérisé comme le mois le plus sec de l'été.

carte des précipitations en septembre

Cependant, le cumul des précipitations sur l'année hydrologique est resté excédentaire sur une grande partie de la région à l'exception, toujours, du sud des Charentes.

En terme de cumul des précipitations efficaces [2] depuis le début de l'année hydrologique , une disparité est observée entre le sud-est et le reste de la région Poitou-Charentes : le sud-est de la région est déficitaire par rapport à la normale et les précipitations efficaces du reste de Poitou-Charentes et de la Vendée sont proches à supérieures à la moyenne (particulièrement pour le nord-ouest).

carte des précipitations efficaces

1. Etat de la ressource

1.1 Niveaux des nappes

Au mois de mars 2007, la pluviométrie excédentaire a permis une recharge significative des nappes sur la majorité du territoire, avec des niveaux piézométriques [3], pour 85 % des points, supérieurs à la moyenne interannuelle calculée par rapport aux années antérieures 1993-2006 (en 2006, 50% des points).

En avril, la plupart des nappes débute leur vidange. En mai, 50% des piézomètres ont des niveaux inférieurs à la moyenne, contre 74% en 2006.
A partir du mois de juin, la vidange se ralentit. Avec la venue de pluies largement excédentaires sur la majeure partie de la région, on observe même une remontée des niveaux des nappes libres. En août 2007, 90% des piézomètres indiquent des niveaux supérieurs à la moyenne, dont 14% sont supérieurs aux maxima (en août 2006, 34% des piézomètres indiquaient des niveaux supérieurs à la moyenne, et 9% en août 2005).
En septembre 2007, la proportion de niveaux piézométriques supérieurs à la moyenne diminue par rapport aux deux mois précédents : 83 % des stations du réseau régional de suivi des nappes présentent des hauteurs supérieures à la moyenne, avec, tout de même, 13 % d'entre elles qui montrent des niveaux supérieurs au maximum.

Au cours de l'étiage 2007, les nappes du secteur Sud Vendée sont restées, dans l'ensemble, à des niveaux proches des maxima et supérieurs à ceux de 2006.

Evolution des nappes

Cette année, l'état des nappes s'est montré, ainsi, assez favorable. L'étiage 2007 s'est distingué des années précédentes par la proportion importante de stations piézométriques ayant atteint des niveaux supérieurs au maximum interannuel.

1.2 Débits des cours d’eau

Les faibles précipitations et les températures élevées d'avril ont conduit à une diminution des débits : la situation était particulièrement sèche pour les bassins amont de la Charente et de la Sèvre Niortaise.

Cette situation s'est poursuivie en mai, où la plupart des écoulements moyens des cours d'eau ont été déficitaires par rapport à la moyenne, malgré une amélioration par rapport au mois d'avril.

Les débits des cours d'eau s'élèvent en juin avec les nombreux orages : les écoulements sont nettement supérieurs à ceux habituellement rencontrés en cette saison, hormis sur des affluents de la Charente, tels la Seugne, le Né, la Boutonne.

A partir du mois de juillet, les débits moyens mensuels sont en diminution par rapport aux mois précédents, mais sont nettement supérieurs à ceux de 2006. En juillet, des affluents de la Charente comme la Tardoire ou le Né présentent des écoulements déficitaires. Suite aux épisodes pluvieux, une crue aux alentours du 25 juillet est observée sur la plupart des bassins versants, suivie d'une baisse générale des niveaux.
En août, les écoulements deviennent inférieurs aux moyennes interannuelles sur la Seugne et la Seudre ; et en septembre, ces écoulements déficitaires gagnent les bassins du Thouet, de la Sèvre Niortaise, de la Vonne et de certains affluents de la Charente.
Les débits de base rencontrés au cours de l'étiage 2007 restent tout de même caractéristiques d'une année humide.

Le ROCA (Réseau d'Observation de Crise des Assecs) a été activé à partir du mois de juin en Vendée avec un classement en situation de « vigilance » jusqu'au mois de septembre, où la situation hydrologique a amené à classer ce département en situation « délicate ». [4]

Nota : le suivi des assecs est développé dans la partie I.3.1. « Effets et perspectives sur les milieux ».

1.3. Etat des réserves

Début mars 2007, les grands barrages étaient remplis ; en Charente, ils étaient même en débordement, alors qu'en 2006 les taux de remplissage étaient très en dessous des moyennes.

Le barrage de la Touche Poupard en Deux-Sèvres a repris quelques centimètres en juin.

A partir du mois de juillet, les taux de remplissage des barrages diminuent mais restent élevés pour la saison, en raison principalement de la pluviométrie très favorable de mai à juillet.

Fin septembre, les barrages de la Touche-Poupard et du Cébron présentent des taux de remplissage respectivement de 69,1 % et 54,8 % et ceux de Lavaud et Mas Chaban, de 18,3 % et 27,5 %. Seul, le barrage de Lavaud présente, ce mois-ci, un taux de remplissage inférieur à celui de septembre 2006.

Taux de remplissage des principaux barrages en 2005, 2006 et 2007(en %)
fin mars
fin avril
fin mai
fin juin
fin juillet
fin août
fin sept
2005 2006 2007 2005 2006 2007 2005 2006 2007 2005 2006 2007 2005 2006 2007 2005 2006 2007 2005 2006 2007
Lavaud
(amont Charente)
36 90 100 49 100 100 59 100 100 49 nc 99,6 27 47 81,5 14 25,5 45,3 10 21 18,3
Mas Chaban
(amont Charente)
nc 100 100 nc 100 100 nc nc 100 nc nc 99,8 nc 56 85,6 nc 18 52,2 nc 14 27,5
Cébron
(amont Thouet)
45 100 93 43 100 93 40 96 88 34,3 86 85 29 71 79 21,8 54 63,5 17,5 43 54,8
Touche Poupard
(amont Sèvre Niortaise)
29 96 99 31 100 98 31 99 98 38,5 93 99 26 79 96 20,8 53 81,1 17 45 69,1
nc : non connu
source : C.A.E.D.S. (Compagnie d’Aménagement et de Gestion des Eaux des Deux-Sèvres) et Institution du fleuve Charente

Notes

[1] Année hydrologique : période de 12 mois qui débute après le mois habituel des plus basses eaux (elles débutent en général en septembre en France)

[2] Les précipitations efficaces correspondent aux pluies diminuées de l’évapotranspiration (évaporation et transpiration des plantes) et de la recharge des sols, c’est-à-dire à l’eau disponible pour l’écoulement des cours d’eau et la recharge des nappes souterraines

[3] Le niveau piézométrique est une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis

[4] Selon l’indice ROCA, les départements peuvent être classés selon 3 situations :
- situation de vigilance : état le moins grave ; le ROCA est déclenché mais les cours d’eau présentent peu ou pas d’assecs
- situation délicate : situation intermédiaire
- situation préoccupante : situation atteinte quand une grande partie des cours d’eau observés ne présentent plus d’écoulement ou sont à sec.

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