Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Bilan de l’étiage 2008 : pluviométrie et état de la ressource

Introduction : Bilan pluviométrique

Une pluviométrie excédentaire par rapport aux années précédentes, hormis sur le sud Charente.

La situation à fin mars 2008 s'est améliorée par rapport aux mois précédents grâce à la pluviométrie excédentaire du mois de mars. Toutefois, elle ne permet pas de rattraper le déficit accumulé depuis le mois d'octobre 2007, estimé à environ 20% par rapport aux normales de précipitation 1971/2000.

Les mois d'avril à juin ont été marqués par des épisodes pluvio-orageux importants au niveau de la région Poitou-Charentes.
Par conséquent au cours de ces quatre derniers mois, la pluviométrie a été moyenne voire nettement excédentaire : d'avril à juin, les précipitations oscillent entre 78% et 189% par rapport aux normales interannuelles.

précipitations en avril et juin

Le mois de juillet 2008 se caractérise par un temps sec. La pluviométrie mensuelle est globalement déficitaire sur une bonne partie du territoire régional : le département de la Charente, le sud-est et le nord-est de la Vienne ainsi que le nord-ouest des Deux-Sèvres.

précipitations en juillet

Le mois d'août 2008 présente un temps pluvieux. La pluviométrie mensuelle est moyenne voire nettement excédentaire sur la majeure partie de la Région Poitou-Charentes, excepté sur le centre nord.

précipitations en août

Le mois de septembre 2008 se caractérise par un temps sec. La pluviométrie mensuelle est globalement déficitaire sur le territoire régional, excepté sur le sud de la Charente.

précipitations en septembre

Depuis le début de la saison hydrologique (1er octobre 2007), les cumuls des précipitations sont proches des normales sur une bonne partie de la région, sauf pour le centre de la Charente- Maritime et le sud des Charentes qui présentent une situation déficitaire.

La pluviométrie cumulée des quatre stations (Cognac, Larochelle, Niort, Poitiers-Biard) évolue de 91% à 96% par rapport à la normale cumulée.

cumul des précipitations

1. Etat de la ressource

1.1 Niveaux des nappes

Niveaux des nappes

Les faibles précipitations hivernales ont retardé la recharge des nappes. Ainsi, en mars 2008, 35 % des piézomètres avaient un niveau correspondant à la moyenne interannuelle [1] et 50 % présentaient un niveau inférieur. La situation était bien plus critique qu'en 2006 ou 2007.

Grâce à la pluviométrie excédentaire des mois suivants, la situation s'est améliorée d'avril à juin pour se stabiliser au cours des mois de juillet et d'août. Fin mai, 63% des piézomètres avaient un niveau supérieur à la moyenne et fin juin, 82% des piézomètres. La situation en mai était alors bien meilleure que les deux années précédentes.

De juin à août, l'alternance de mois pluvieux et sec a eu très peu d'impact sur les nappes. Les niveaux des piézomètres se maintiennent majoritairement au-dessus des niveaux moyens interannuels. Environ 80% des niveaux sont supérieurs à la moyenne et seulement 5 à 9 % des niveaux sont inférieurs à la moyenne. Cette situation est similaire à celle d'août 2007.

Au mois de septembre 2008, la situation des nappes se dégrade légèrement par rapport à août 2008, mais reste meilleure que les années précédentes à la même période : 73 % des piézomètres présentent des niveaux supérieurs à la moyenne mensuelle inter-annuelle. Et 6 % des piézomètres présentent des niveaux inférieurs.

évolution des niveaux d'eau

Le graphique ci-dessus présente l'évolution mensuelle des niveaux d'eau sur la période d'étiage : augmentation ou diminution et supérieurs ou inférieurs au niveau piézomètrique moyen mensuel interannuel .

Au cours du mois d'avril 2008, seulement 21% des piézomètres ont un niveau en baisse (en avril 2006 et 2007, 82% des piézomètres avaient un niveau en baisse). Les fortes pluviométries précédentes permettent à 82% des piézomètres d'avoir un niveau en hausse. Ainsi, la vidange débute vraisemblablement en mai 2008 : près de 60 % des piézomètres ont un niveau d'eau en baisse (parmi lesquels 50% ont un niveau supérieur à la moyenne interannuelle).
Au cours des mois de juin, juillet et août, les niveaux piézomètriques sont majoritairement au dessus des moyennes interannuelles : 86% des piézomètres en août 2008 ont un niveau supérieur à la moyenne interannuelle (situation identique en 2007, 30% en août 2006). La vidange est plus lente mais continue depuis mai 2008 : en août, 95% des niveaux piézomètriques sont en baisse dont 83 % au-dessus de la moyenne interannuelle.
En septembre 2008, la recharge débute : 34% des piézomètres ont un niveau en hausse contre 5% en août.
La situation globale des niveaux piézomètriques est identique à 2007 (avec un décalage de 1 mois environ de la décharge des nappes) et plus favorable que 2006.

Pour le secteur Sud Vendée Marais Poitevin [2], le niveau des nappes se maintient en juillet, avec une situation un peu exceptionnelle sur la nappe de socle où les maxima sont dépassés. Toutefois, pour les nappes du sud Vendée, le rabattement observé est en relation avec l'irrigation dans la plaine.

En août, le niveau des nappes se maintient, avec une situation un peu exceptionnelle sur la nappe de socle où les maxima sont dépassés. Toutefois, pour les nappes du sud Vendée, le rabattement observé est en relation avec l'irrigation dans la plaine.

En septembre, sous l'influence des pluies plus ou moins régulières, le niveau des nappes se maintient au dessus des moyennes généralement constatées à cette période de l'année, avec une situation toujours un peu exceptionnelle sur la nappe de socle où les niveaux d'eau observés sont au dessus des plus hauts constatés depuis 1992.

1.2 Débits des cours d’eau

Rappel :
DOE : Débit d'Objectif d'Etiage, valeur moyenne mensuelle au dessus de laquelle sont assurés la coexistence de tous les usages et le bon fonctionnement du milieu aquatique.
DCR : Débit de Crise, valeur moyenne journalière en dessous de laquelle sont mises en péril l'alimentation en eau potable et la vie des milieux aquatiques.

Au cours de la période hivernale, les débits des cours d'eau étaient majoritairement déficitaires.
Cette situation s'est inversée à partir d'avril. Les nombreux épisodes pluvio-orageux d'avril à juin ont permis aux cours d'eau d'avoir des débits nettement supérieurs aux moyennes interannuelles excepté sur certains bassins ponctuellement (ex : bassin de la Seudre au mois d'avril et de mai, en aval du bassin de la Sèvre Niortaise en juin). Les hydraulicités [3] oscillent entre 1 et 2 pour la plupart des stations hydrométriques.
Les débits de base observés depuis avril traduisent une situation hydrologique humide à très humide.

En juillet 2008, la situation est relativement homogène à l'échelle de la région avec des écoulements nettement supérieurs à ceux habituellement rencontrés à cette saison.
Les débits de base traduisent encore une situation hydrologique humide pour les principales rivières de la région : la Charente, le Clain, la Sèvre Niortaise et la Boutonne.
Toutefois, les débits moyens mensuels sont en diminution par rapport à ceux du mois précédent et également légèrement inférieurs à ceux de juillet 2007.
En août 2008, la situation se maintient avec des débits moyens mensuels proches ou supérieurs à ceux habituellement rencontrés à cette saison à l'exception de certains bassins (le Salleron, le Chambon, la Vendée et la Seudre). Les débits de base observés traduisent une situation humide.
En septembre 2008, la situation se maintient par rapport au mois d'août. Les débits mensuels sont globalement proches ou supérieurs à ceux habituellement mesurés à cette saison, excepté sur certains affluents tels que le Thouaret, le Chambon, le Lay, la Vendée et particulièrement la Seugne. Les débits de base observés traduisent une situation humide.

1.3. Etat des réserves

En début d'étiage, les grands barrages étaient remplis. Et ils sont restés à des niveaux élevés depuis mars 2008.
A partir du mois de juillet, les taux de remplissage diminuent mais restent élevés pour cette période.
Au 1er octobre 2008, le taux de remplissage moyen des quatre principales retenues artificielles de la région (capacité totale d'environ 50 Mm3) d'une valeur de 47%, est élevé pour la saison. Il était de 44 % en 2007, 30 % en 2006 et de 15 % en 2005.
Ce stock d'eau est supérieur aux trois années précédentes bien que sur le barrage de Lavaud, les vannes n'ont pas été fermées en fin de soutien d'étiage afin d'entreprendre la vidange décennale de celui-ci.

évolution de l'état des barrages

Notes

[1] La « moyenne interannuelle » citée au cours de l’analyse de l’étiage 2008 correspond à la moyenne interannuelle stricte +/- 5 %.

[2] Source : bulletin de l’Observatoire de l’Eau en Vendée

[3] Rapport entre le débit moyen mensuel et la valeur moyenne calculée, pour le mois considéré, sur l’ensemble de la période d’observation de la station. Une hydraulicité supérieur à 1 indique que le débit moyen au mois étudié a été supérieur au débit moyen interannuel de ce mois et donc traduit un écoulement excédentaire par rapport à la normale.

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