Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Bilan initial de l’étiage 2005 : ressources

ETAT DES RESSOURCES

Pluviométrie

Malgré un mois d’octobre pluvieux les autres mois qui se sont succédés sont restés très secs, Poitou-Charentes se situant parmi les régions les plus déficitaires de France. En conséquence, le déficit cumulé de novembre à février est de l’ordre de 200 mm soit presque 3 mois de pluviométrie hivernale.

Les précipitations efficaces, calculées par différence entre précipitations totales et évapotranspiration, représentent l’eau disponible pour l’écoulement et la recharge des nappes. Pour la période du 1er septembre 2004 au 30 avril 2005, sur la quasi-totalité de la région Poitou-Charentes, elles ne représentent que 0 à 30 % de la moyenne 1946-2004.

Pluies efficaces de septembre 2004 à avril 2005

Les précipitations du mois d’avril se rapprochent de la normale, mais restent déficitaires en Poitou-Charentes. La région fait encore partie des régions les plus touchées de France. Les précipitations observées au cours du mois profitent à la végétation. Elles sont cependant toujours insuffisantes pour la recharge des nappes. Les ressources en eau demeurent très fragiles.

Pluies du 1er au 30 avril 2005

Etat des nappes d’eau souterraine

Compte tenu de l’état des ressources fin septembre et de l’état des précipitations durant l’hiver (précipitations efficaces inférieures à la moyenne notamment), la situation des nappes est difficile. En effet la pluviométrie hivernale inférieure de 60% à la moyenne n’a pas permis leur réalimentation. Les pluies étant très faibles et éparses seuls les premiers centimètres de sol ont bénéficié d’humectation ce qui a privé la nappe de la recharge hivernale habituelle.

Ainsi, la recharge des nappes s’est enclenchée très progressivement et timidement sur la période hivernale. Le mois le plus favorable a été celui de janvier 2005, mais la période de vidange s’est amorcée dès les semaines suivantes.

Diagramme des niveaux d'eau dans les nappes de septembre 2004 à avril 2005

En conséquence les niveaux atteints en ce début d’année 2005 sont généralement plus bas que ceux enregistrés dans les situations les plus sèches par le réseau piézométrique régional mis en place en 1993.

En effet, en mars 2005, les observations du réseau piézométrique régional indiquent que :
- 56% des piézomètres mesurent des niveaux inférieurs aux minima enregistrés depuis le début des mesures (symboles rouge sur la carte) ;
- 97% des niveaux sont inférieurs à la moyenne calculée sur les années antérieures (cumul des symboles jaune et rouge sur la carte).

Ces niveaux sont équivalents à ceux observés généralement aux mois de juin, juillet ou encore août (en comparaison à la moyenne inter-annuelle). Sur l’ensemble de la région Poitou-Charentes, toutes nappes confondues, on constate que :
- Près de 30% des piézomètres ont un niveau correspondant à un niveau moyen du mois de juin ;
- Environ 25% à un mois de juillet ;
- 10% à un mois d’août ;
- 4% à un mois de septembre ou octobre (niveau moyen le plus bas observé sur la courbe).

En avril 2005, malgré les précipitations, les niveaux piézométriques restent bas sur l’ensemble de la région Poitou-Charentes. Pour la plupart des nappes libres les niveaux sont en général stables, proches à inférieurs aux minima enregistrés. Les aquifères captifs plus profonds du sud de la région (Turonien) sont remontés en fin de mois, et montrent des niveaux supérieurs aux minima enregistrés les années antérieures. Plus au nord, les aquifères captifs (Infra-Toarcien) ont soit amorcé une baisse, soit sont stables, et présentent des niveaux inférieurs à la moyenne ou proches des minima enregistrés.

Carte des niveaux d'eau souterraine en avril 2005

Etat des cours d’eau

Fin septembre 2004, si l’arrêt des prélèvements a stabilisé la situation hydrologique, les bassins de la Dive du Nord, de la Seugne, de la Boutonne et de la Seudre restent fragiles, et la situation en fin de mois devenait critique.

Puis, conjointement à la faible recharge des nappes, les niveaux des débits des cours d’eau, dépendants en partie de cette recharge, sont restés faibles durant l’hiver.

De décembre 2004 à février 2005, les valeurs des débits mensuels sont restées inférieures au VCN30 (débit le plus faible calculé sur 30 jours consécutifs du mois écoulés). En mars 2005, ces valeurs de débits mensuels ont atteint à peine la moitié des débits les plus faibles enregistrés. En avril, seul les bassins de la Charente et de la Seugne ont fait exception.

En effet, en moyenne, de janvier à mars 2005, les débits ont été 4 fois moins importants que les débits moyens observés les années antérieures : les variations de débits allant de 2 à 10 fois inférieurs aux débits moyens observés.

Les niveaux des débits du mois de mars sont équivalents à ceux observés généralement aux mois de juin, juillet ou encore août (en comparaison à la moyenne inter-annuelle).

Enfin, au mois d’avril, les débits sont 2,3 fois moins importants que les débits moyens observés : les variations de débits allant de 1,3 à 10 fois inférieurs aux débits moyens observés.

Cet étiage hivernal s’est accompagné d’assecs sur certains cours d’eau de la Région (Seudre, Curé, Boudoire, Pouthioux, Couture, Dives du Sud, Pallu).

Estimation à partir des données RDOE des linéaires de cours d’eau assec en km :

DépartementSeptembre 2004Octobre 2004Janvier 2005Février 2005Mars 2005Avril 2005
Charente nc* 55 nc nc nc nc
Charente-Maritime 119 nc nc nc nc nc
Deux-Sèvres 365 nc nc 101 nc nc
Vienne 117 nc 10 nc 133 nc

Source : Conseil Supérieur de la Pêche
*nc=non connu par l’ORE à ce jour

" Les éléments recueillis par le Conseil Supérieur de la Pêche (CSP) à travers ses réseaux d’observation montrent l’extrême fragilité des situations sur certains cours d’eau.

Aux pollutions organiques d’origine urbaine s’ajoutent des pollutions organiques naturelles liées à l’accumulation des feuilles mortes et de vases dans les parties lentes et profondes des cours d’eau. Ces phénomènes de sédimentation s’accompagneront de putréfaction importantes dès que la température des cours d’eau augmentera au printemps et surtout en été.

Parallèlement des développements algaux qui apparaissent déjà sur certains cours d’eau (Charente, Sèvres, Thouet) se généraliseront à de nombreux cours d’eau limitant dans le milieu le taux d’oxygène. Ces phénomènes ainsi que les assecs devraient conduire à de nombreuses mortalités piscicoles l’été prochain.

Par ailleurs la reproduction hivernale des salmonidés a été limitée du fait des faibles niveaux d’eau interdisant l’accès au chevelu des cours d’eau. Quant à la production hivernale des brochets elle est compromise par des niveaux d’eau trop faible et par l’absence de submersion sauf dans les zones de marais. "

(source : DIREN Poitou-Charentes, Conférence régionale sur l’eau, 1er avril 2005)

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