Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Bilan initial de l’étiage 2006 : ressources

.ETAT DES RESSOURCES.

.Pluviométrie.

Malgré un mois d’octobre un peu plus humide que la normale, les autres mois qui se sont succédés sont restés très secs jusqu’en mars. En mars, la pluviométrie a été plus de 2 fois supérieure à la normale sur l’ensemble de la région. Cependant dès avril, la pluviométrie est à nouveau déficitaire de l’ordre de 25 à 50%.

Les précipitations efficaces, calculées par différence entre précipitations totales et évapotranspiration, représentent l’eau disponible pour l’écoulement et la recharge des nappes. Pour la période du 1er septembre 2005 au 30 avril 2006, la situation en Poitou-Charentes reste proche de la normale.
Sur la Charente-Maritime, elle est légèrement supérieure à la normale. En Charente, elle est proche de la normale, et légèrement supérieure dans le sud du département.
Les précipitations efficaces sont par contre inférieures, voire très inférieures à la normale en Deux-Sèvres et en Vienne, où elles ne représentent dans le nord que 0 à 30 % de la moyenne 1946-2005.

Pluies efficaces de septembre 2005 à avril 2006

Après un mois de mars caractérisé par une pluviométrie supérieure à la normale, les précipitations du mois d’avril sont à nouveau déficitaires en Poitou-Charentes. Les précipitations observées au cours du mois de mars ont profité à la recharge des nappes. En avril, elles profitent à la végétation. Les ressources en eau demeurent fragiles.

Pluies avril 2006

.Etat des nappes d’eau souterraine.

Fin septembre 2005, seulement 11% des stations ont des niveaux supérieurs à la moyenne. 33% sont inférieurs aux minima.
Compte tenu de l’état des ressources fin septembre et de l’état des précipitations durant l’hiver (précipitations efficaces inférieures à la moyenne notamment), la situation des nappes est difficile à fin février. Les pluies de mars ont cependant permis une recharge significative sur la majorité du territoire, avec des niveaux supérieurs à la moyenne sur 50% des points.
La tendance fin mars est un retour à la normale, hormis sur le secteur de la Vienne, où la situation reste délicate.

Ainsi, le mois le plus favorable pour la recharge des nappes a été celui de mars 2006, mais la période de vidange s’est amorcée dès les semaines suivantes en avril.

En avril 2006, la majorité des stations (63%) présentent des niveaux supérieurs à la moyenne. Dans le département de la Vienne, les niveaux demeurent néanmoins inférieurs à la moyenne. Ainsi, sur l’ensemble de la région Poitou-Charentes, la plupart des nappes libres, après la recharge consécutive aux fortes pluies enregistrées pendant le mois de mars, présentent des niveaux piézométriques supérieurs à la moyenne.

Les aquifères captifs plus profonds du sud de la région (Turonien - Coniacien), montrent des niveaux proches à supérieurs à la moyenne calculée sur les années antérieures (Laurent, Rouffiac).

Plus au nord, les aquifères captifs (Infra-Toarcien), présentent des niveaux compris entre la moyenne et les minima (Saizines, Rouillé, Couhé2).

Niveaux d'eau souterraine avril 2006

.Etat des cours d’eau.

Mi-octobre 2005, les débits observés sont toujours inférieurs à la moyenne interannuelle, de 3 à 10 fois plus faible, proche ou inférieurs à ceux de 2003 et 2004 à la même période, voire inférieurs aux minima dans de nombreux cas. La situation de crise est donc toujours présente à mi-octobre ; sur la Charente, le Né, la Boutonne, l’Argenton, la Sèvre Niortaise, la Seudre, le Clain, le DCR [1] a été franchi durant toute la période.

Puis, conjointement à la faible recharge des nappes, les niveaux des débits des cours d’eau, dépendants en partie de cette recharge, sont restés faibles durant l’hiver.

En décembre, pour 75 % des cours d’eau, les débits correspondent aux débits les plus faibles rencontrés depuis la mise en service des stations. Le Débit d’Objectif d’Etiage (DOE) [2] est encore franchi en décembre en moyenne mensuelle, sur la Touvre, la Sèvre Niortaise et le Clain. Le Débit de Crise (DCR) est franchi en décembre sur la Charente, sur le Né, et durant plus de 10 jours sur la Sèvre Niortaise (24 jours) et le Clain (11 jours).

En décembre 2005 et janvier 2006, le déficit hydrologique (débit interannuel du mois moins le débit moyen mensuel rapporté au débit interannuel du même mois) est de l’ordre de 80%, et de 50% en février 2006. Les moyennes observées en février correspondent à des valeurs d’avril mai pour la plupart des cours d’eau, de juillet-août pour la Seudre et le Clain notamment.

En mars, consécutivement aux pluies de février et mars, les débits sont en hausse, de l’ordre de 2 à 3 fois supérieurs en moyenne mensuelle à la moyenne mensuelle interannuelle. Des cours d’eau réalimentés par les nappes et le ruissellement sont en crue, tels le Clain, la Charente. Par contre, des cours d’eau uniquement alimentés par les nappes, telle la Dive du Nord, présentent des niveaux très bas.

En avril, avec une pluviométrie déficitaire, les débits sont en baisse, mais restent pour la plupart supérieurs à leur moyenne mensuelle interannuelle. Le Thouaret à Luzay et la Charente à Vindelle [la Cote] sont légèrement inférieurs à leur moyenne mensuelle interannuelle. La Dive du Nord présente toujours un niveau très bas.

Enfin, la situation était jugée préoccupante par le Réseau d’Observation de Crise des Assecs (ROCA) fin décembre : situation préoccupante en Charente et Charente-Maritime, situation de vigilance en Deux-Sèvres. En janvier et février, le département de la Vienne a activé, comme en 2005, le ROCA (Réseau d’Observation de Crise des Assecs). Le département est classé en état moyen à préoccupant.

Le bulletin de situation des milieux aquatiques de janvier-février 2006 réalisé par le Conseil Supérieur de la Pêche signale que les conditions de reproduction de la truite fario ont été fortement altérées par l’étiage sévère dans la grande majorité des départements de Poitou-Charentes - Centre - Pays de la Loire. Les niveaux d’eau insuffisants ont altéré les conditions de migration des géniteurs vers les zones de frayères. L’absence de crues automnales et hivernales a favorisé le colmatage du substrat et donc des frayères engendrant une asphyxie des ovules avant éclosion. Enfin, les fortes précipitations de fin février ont pu altérer l’efficacité de la reproduction par arrachement du substrat et entraînement des ovules dans le courant. Toutefois en Charente et en Vienne, les conditions de reproduction pour la truite semblent avoir été satisfaisantes où de nombreuses frayères ont été recensées sur la Touvre et sur les affluents de la Vienne (Crochet, Crochatière, Pargue), de la Gartempe (Brissonnières) et du Clain (Gabouret).

Pour le brochet, en Poitou-Charentes, les précipitations de fin février ont été salutaires pour l’accès des géniteurs aux zones de frayères. Le succès de la reproduction dépend ensuite de l’évolution des niveaux d’eau dans les semaines suivantes. (source : Conseil Supérieur de la Pêche - Bulletin de situation hydrologique de janvier - février 2006).

Notes

[1] DCR = Débit de Crise = débit journalier au dessous duquel sont mises en péril l’alimentation en eau potable et la vie des milieux aquatiques

[2] DOE = Débit d’Objectif d’Etiage = valeur mensuelle au-dessus de laquelle sont assurés la co-existence de tous les usages et le bon fonctionnement du milieu aquatique

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