Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Comment anticiper et s’adapter au changement climatique


En 2015, la France a déclaré le climat « cause nationale ».

Tenter de réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) n'est pas la seule solution pour faire face au changement climatique. Adapter les territoires est également un défi majeur. Les deux mesures sont indispensables et complémentaires.
Le concept d'adaptation est défini par le GIEC comme "l'ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques ou à leurs effets, afin d'atténuer les effets néfastes ou d'exploiter des opportunités bénéfiques".

Sous l'impulsion du ministère en charge de l'écologie, les premières démarches d'adaptation en France ont vu le jour à la fin des années 1990, aboutissant à la création en 2001 de l'Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC) en lien direct avec le GIEC.
En juillet 2011, la France a adopté un Plan National d'Adaptation au Changement Climatique (PNACC), dont les mesures phares liées à la ressource en eau sont :

  • améliorer la connaissance des impacts du changement climatique sur les ressources en eau, et des impacts des différents scénarios possibles d'adaptation
  • se doter d'outils efficaces de suivi des phénomènes de déséquilibre structurel, de rareté de la ressource et de sécheresse dans un contexte de changement climatique (ex : l'Observatoire National Des Etiages - ONDE)
  • développer les économies d'eau et assurer une meilleure efficience de l'utilisation de l'eau. Réduire de 20 % les quantités d’eau prélevées, hors stockage d’eau d’hiver, d’ici 2020 (ex : limiter les gaspillages liés aux fuites présentes sur le réseau de distribution)
  • accompagner le développement d'activités et une occupation des sols compatibles avec les ressources en eau disponibles localement (ex : couverture des sols en hiver pour ralentir le ruissellement et favoriser l'infiltration et donc le remplissage des nappes)
  • renforcer l'intégration des enjeux du changement climatique dans la planification et la gestion de l'eau, en particulier dans les programmes d'intervention des agences de l'eau 2013-2018 et les Schémas Directeurs d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) 2016-2021.
    Des mesures du PNACC sont également dédiées à la pêche et l'aquaculture, et au littoral

En réponse aux mesures listées dans le PNACC, les nouveaux SDAGES 2016-2021 prennent en compte le changement climatique et l'intègrent dans leurs objectifs. Pour favoriser la compréhension des processus, des impacts du changement climatique et des possibles mesures d'adaptations à mettre en place, certains bassins ont mené des études de grande envergure :

  • l'étude Garonne 2050, présentée en 2013, avait pour objectif de construire des scénarios contrastés sur les besoins, les ressources en eau et leur gestion à l'échelle du grand bassin de la Garonne. Cette étude est devenue le fil rouge pour la révision du SDAGE Adour-Garonne 2016-2021
  • le plan de bassin d'adaptation au changement climatique sur le bassin Loire-Bretagne, engagé en 2015. La vulnérabilité des territoires sera évaluée concernant la biodiversité et la résilience des milieux aquatiques, la qualité de l’eau et l'atteinte du bon état, la disponibilité en eau et le littoral.
  • le plan d'adaptation au changement climatique sur le bassin Rhône-Méditerranée-Corse engagé en 2014. Ce plan présente la vulnérabilité des territoires pour différents enjeux : ressources en eau, bilan hydrique des sols, biodiversité, niveau trophique des eaux. Il décrit des mesures très concrètes pour réduire cette vulnérabilité.
  • fin 2015, le comité de bassin Seine-Normandie a annoncé « l'élaboration d'un plan d'adaptation au changement et réchauffement climatique global et son impact pour le bassin Seine Normandie, qui se traduira par des épisodes de crues et des épisodes de sécheresses plus importants » (communiqué de presse du 3 septembre 2015)

Pour l'ensemble des mesures d'adaptation préconisées par les différents rapports et études scientifiques, une constante est toujours présente : la nécessité de restaurer et de préserver dès aujourd'hui le bon fonctionnement des milieux aquatiques pour les rendre plus résilients aux évolutions futures liées au changement climatique.
La résilience est la capacité d'un écosystème, d'un habitat, d'une population ou d'une espèce à retrouver un fonctionnement, un développement et un équilibre dynamique normal après avoir subit une perturbation importante.
Des milieux ainsi que des populations en bonne santé seront plus à même de résister et de s'adapter aux nouvelles pressions exercées par le changement climatique, que des milieux, ou populations, déjà fortement fragilisés par des prélèvements importants, des pollutions chroniques, une hydromorphologie modifiée...

Exemple concret pour les populations de poissons migrateurs en région Poitou-Charentes.
Les Comités de Gestion des Poissons Migrateurs (CoGePoMi) qui agissent sur le territoire : le CoGePoMi de la Loire, des côtiers vendéens et de la Sèvre Niortaise ainsi que le CoGePoMi Garonne, Dordogne, Charente, Seudre et Leyre ont inclus dans leur plans de gestion 2015-2019 plusieurs pistes d'actions pour favoriser le bon état des populations en vu de résister au changement climatique :

  • favoriser l'accueil en maintenant en l'état les habitats essentiels (zones de reproduction et zones de croissance)
  • favoriser les déplacements (continuité écologique)
  • favoriser les conditions hydrauliques (débits)
  • réduire les contaminations (pollutions)
  • actions pansements à travers la restauration d'espèces par soutien de population : réintroduction de juvéniles nés en captivité pour l'esturgeon européen, ou par déplacements de populations vers des milieux plus favorables pour les saumons et les anguilles.

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