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Démarche de progrès chez les agriculteurs de la Vienne (86)

Témoignage de M. Laurent FOMBEUR, chargé de missions Qualité Eau à la Chambre d’Agriculture de la Vienne et animateur ADIV, le 29 juin 2010.

Depuis 10 ans environ, les prélèvements agricoles sont soumis à une réglementation de gestion dite "volumétrique" dans le département de la Vienne. Pour ce faire toutes les installations de pompage (en rivières et en nappes) ont été équipées de compteurs volumétriques. Le suivi des compteurs est réalisé toutes les semaines par les agriculteurs en période d’irrigation.
A titre indicatif, en 2008 près de 30% d’économie d’eau ont été réalisé. La profession a envie d’évoluer, certes il existe une réglementation qui nous impose des objectifs mais il faut bien comprendre que les agriculteurs ont conscience de la nécessité de préserver les ressources en eau.

A noter que les volumes prélevables sont définis au cas par cas en fonction de différents facteurs tels que le type de culture et les surfaces irriguées (cf. Tableau 1).

Type de cultureVolume maximal autorisé (m3 par hectare)
Maïs 2 700
Tabac 2 700
Sorgho 1 500
Melons 1 000
Céréales à paille 900
Prairies et levée de colza 300

En 2008, les agriculteurs de la Vienne ont consommé 40 millions de m3 sur les 70 millions attribués. Ce qui s’explique par l’optimisation des outils de pilotage de l’irrigation mais aussi par un printemps très humide.

Les économies d’eau en agriculture recoupent différents domaines d’actions tels que :
- conseiller les irriguants,
- améliorer le matériel d’irrigation et de gestion du processus,
- sélectionner génétiquement les variétés,
- stocker l’eau,
- réviser les assolements …

Actuellement, l’ADIV distribue des bulletins hebdomadaires "Avertissement irrigation"entre les mois d’avril et de septembre. Ils sont régionalisés (5 zones ont été définies par la Chambre d’Agriculture) et informent sur la météo, l’état de la ressource et quelques conseils agronomiques et d’irrigation sont fournis.
Exemple d’une fiche "Avertissement irrigation" :

PDF - 3.3 Mo
Avertissement Irrigation secteur Poitiers-Gatine

(format pdf de 3.4 mo)

Un projet de pilotage de l’irrigation est en cours de réalisation. Il s’agirait d’anticiper sur les quantités irriguées, grâce à un réseau de sondes capacitives qui mesurent l’humidité du sol. Cela permettra à chaque agriculteur de connaître l’état hydrique de ses parcelles et définir, si oui ou non, il est nécessaire d’irriguer en fonction des besoins de la plante, de la météo et de l’humidité de son sol. Ce projet sera opérationnel d’ici 2011.

Concernant la sélection des variétés, il ne s’agit pas d’utiliser des OGM. La sélection concerne la recherche génétique au sein d’une espèce afin d’améliorer cette même espèce. Une faible communication est réalisée actuellement sur ce thème, les études scientifiques étant encore en cours.

Le stockage de l’eau est quelque chose d’important pour les agriculteurs. Ils estiment que ces réserves leurs apporte différentes "satisfactions" : réglementaire (réserve isolée des milieux aquatiques et eau stockée en période hydrologique excédentaire), économique (optimisation de la production) et écologique dans le sens où en période d’étiage le milieu ne subira pas plus de pression.
Actuellement les projets de création de retenues de substitution sont en cours de révision. La Chambre d’Agriculture souhaiterait mettre en place de plus petites réserves et pourquoi ne pas en faire profiter d'autres organismes comme les villes pour l'arrosage des terrains municipaux, ou les golfs par exemple. Cela permettrait de mettre en place une gestion collective avec des objectifs communs.

"La diversification des cultures passe par le stockage de l’eau" nous explique M. FOMBEUR.
Depuis quelques années déjà, la profession évolue dans le domaine de l’économie d’eau et modifie ses pratiques, avec l’apparition dans les champs du melon (250ha actuellement) et du tabac par exemple. Toutefois il faut prendre en compte l’aspect économique qu’engendrent les modifications d’assolement : 10ha de maïs = 15 voire 17 ha de blé ou d’orge, ce qui n’est pas négligeable pour un agriculteur. D’autre part un autre problème en découle : la capacité de stockage du grain. A titre indicatif, si la culture du maïs étaient abandonnée en Poitou-Charentes, cela représenterait près de 56 millions d’euros d’investissement dans la filière globale production-diffusion.

Pour en savoir plus :
- Site de l’ADIV
- Site de la Chambre d’Agriculture de la Vienne
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