Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Accueil du site > Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Situations annuelles > Bilan Final de l’étiage 2011 > Évolution des ressources en eau (aquifères, cours d’eau, principaux (...)

Évolution des ressources en eau (aquifères, cours d’eau, principaux barrages)

Etat des eaux souterraines
Principaux barrages : évolution des volumes disponibles
Hydrologie : évolution des débits
Zoom sur la centrale de Civaux

Etat des eaux souterraines.

(Sources : Conseil Régional Poitou-Charentes, Conseil Général de la Vendée, Observatoire de l’Eau Vendée, traitement ORE)

Secteur Région Poitou-Charentes

Dans l’analyse qui suit, la moyenne mensuelle interannuelle est calculée par rapport aux chroniques historiques et une enveloppe correspondant à 5 % du battement de la nappe lui est appliquée.
Rappelons que la moyenne interannuelle est calculée d’après un historique de mesures qui est propre à chaque piézomètre et fonction de l’année de sa mise en service, et que cette moyenne est, par conséquent, influencée par les prélèvements.

La période d’étiage 2011 est marquée par une situation globalement défavorable pour les nappes souterraines à l’échelle de la région. En effet, de fin mars à fin septembre, plus de la moitié des piézomètres ont un niveau inférieur à la moyenne interannuelle. Cette proportion atteint jusqu’à 90 % en mai (situation la plus critique), dont 16 % des piézomètres étant inférieurs aux minimas.

Les faibles précipitations observées fin 2010 " début 2011 ont limité la recharge des nappes en hiver. Celles-ci sont alors à de faibles niveaux au début de la période d’étiage 2011. L’insuffisance prolongée de pluies au printemps a accentué la vidange des nappes. Elles se trouvent ainsi à un niveau critique avant l’été, proche de celui de 2005 (année sécheresse de référence).

En lien avec les fortes précipitations perçues aux mois de juillet et août, la vidange s’est alors ralentie durant l’été. Fin septembre, les piézomètres ayant des niveaux inférieurs à la moyenne représentent environ 50 % et un quart des stations de mesure présente un niveau supérieur à cette moyenne.

La situation à fin septembre 2011 est proche de celle des deux années précédentes. Plus de la moitié des piézomètres affichent néanmoins un niveau inférieur à la moyenne, dont 6 % ayant un niveau inférieur aux minima.

Secteur Sud Vendée Marais Poitevin

« Les niveaux d’eaux souterraines sont dans l’ensemble inférieurs aux valeurs moyennes normalement observées à cette période de l’anEvolution des nappes de mars à septembre 2011 -née. » (Extrait du bulletin de l’Observatoire Eau Vendée du 7 octobre 2011)

De par le cycle naturel de recharge et de vidange, le niveau des nappes du secteur sud Vendée " Marais Poitevin baisse continuellement depuis le début de l’année 2011. Lié au déficit pluviométrique, les niveaux de 2011 se situent cependant en-dessous des niveaux moyens en avril. De mai à la mi-juillet, les niveaux baissent considérablement et sont proches, voire inférieurs ponctuellement aux minimas historiques. Du fait des épisodes pluvieux survenus à partir de juillet, la tendance est à la hausse en été. D’août à fin septembre, les niveaux 2011 se trouvent ainsi au-dessus des niveaux moyens (excepté pour la station « Le Langon »).

Niveaux piézométriques à St Aubin La Plaine Niveaux piézométriques à Le Langon Niveaux piézométriques à Oulmes

Pour suivre les ressources en eau du secteur Sud Vendée du Marais Poitevin, consultez le site de l’Observatoire de l’Eau en Vendée : http://observatoire-eau.vendee.fr/

Principaux barrages : évolution des volumes disponibles

(Sources : Compagnie d’Aménagement des Eaux des Deux-Sèvres (CAEDS), Institution du Fleuve Charente)

Dans les Deux-Sèvres :

Les volumes sont en diminution depuis fin mars :
- baisse régulière et modérée jusqu’à fin juin
- constante mais plus prononcée à partir de juillet et jusqu’à fin septembre

Fin septembre, les barrages ont encore des réserves en eau :
- 42 % pour le Cébron, niveau correct en comparaison avec les années précédentes.
- 38 % pour la Touche Poupard, comparable aux précédentes années et supérieur à 2005.

En Charente  :

Les deux barrages étaient faiblement remplis à fin mars. On observe par la suite une diminution relativement constante pour Lavaud. Les réserves de Mas Chaban ont légèrement augmenté jusqu’à fin mai puis baissé fortement jusqu’en septembre.

Fin septembre, les réserves d’eau sont à un faible niveau  :
- 17 % pour Mas Chaban, niveau supérieur aux deux années précédentes.
- 6 % pour Lavaud, niveau critique et inférieur aux précédentes années et à 2005.

Le barrage de la Touche Poupard, situé en amont de la Sèvre Niortaise sur le Chambon, assure plusieurs usages :
- (1) réserve en eau potable (7 Mm3/an) ;
- (2) débit réserve et soutien d’étiage (5 Mm3/an) ;
- (3) irrigation (3 Mm3/an).

Au début de l’étiage 2011, contrairement aux deux précédentes années, il n’est pas totalement rempli (88 % seulement fin mars 2011). Malgré tout, les volumes disponibles fin septembre sont équivalents à ceux de 2009 et 2010.

Le Cébron, qui est un barrage situé en amont du Thouet, assure les mêmes usages que celui de la Touche Poupard et sensiblement dans les mêmes proportions. Presque totalement rempli au début de l’étiage (96 % fin mars), les volumes disponibles ont constamment baissé pour atteindre 42 % fin septembre, soit un niveau sensiblement équivalent aux deux années passées.

Photos aériennes des barrages

Vous pouvez suivre les taux de remplissage des grandes retenues de la Charente sur le site l’Institution du Fleuve Charente : http://www.fleuve-charente.net/donn…

En ce qui concerne les barrages de Mas Chaban et Lavaud, situés en amont de la Charente, les taux de remplissage au début et à la fin de l’étiage 2011 sont nettement inférieurs à ceux des deux grands barrages des Deux-Sèvres. En effet, les deux réserves sont presque vides à fin septembre 2011 (avec des taux de remplissage respectifs de 17 et 6 %) ; cette situation se reproduisant classiquement chaque année.

Evolution du taux de remplissage des quatre retenues majeures de la région d'avril à octobre 2011

- Capacité des barrages : Touche Poupard : 15 Mm3 ; Cébron-Puy Terrier : 11,5 Mm3.
- Capacité des barrages : Lavaud : 10 Mm3 ; dont volume utile : 9 Mm3 ; Mas Chaban : 14,2 Mm3 ; dont volume utile : 13,4 Mm3.

En conclusion : dû au déficit pluviométrique d’hiver, les grands barrages de la région sont partiellement remplis au début de l’étiage 2011, et à des niveaux inférieurs aux précédentes années. En lien avec les différents usages, les volumes disponibles ont continuellement baissé pendant la période d’étiage. Fin septembre, les taux de remplissage sont sensiblement équivalents aux deux années précédentes, les barrages des Deux-Sèvres affichant des taux de remplissage corrects tandis qu’en Charente, ces taux sont faibles (particulièrement pour le barrage de Lavaud).

Hydrologie : évolution des débits

(Sources : Services de Prévision des Crues Littoral Atlantique, Vienne Thouet et Dordogne, DREAL Pays de la Loire et Banque hydrologique, EDF)

D’avril à mi-juin 2011, les débits sont restés proches à inférieurs au débit mensuel interannuel quinquennal sec sur la majorité des stations. La situation des cours d’eau est alors comparable à celle classiquement observée en plein été, pendant les mois de juillet et août.

Par la suite, les fortes pluies de juillet et août vont provoquer des hausses ponctuelles de débit, les niveaux d’eau restent néanmoins faibles. Ces précipitations tardives et en décalage avec le cycle hydrologique ne peuvent soutenir des débits conformes aux valeurs saisonnières, ni inverser totalement la situation critique provoquée par la sécheresse du début d’année.

A la fin de l’été, en conséquence du nouveau déficit pluviométrique de septembre, les débits moyens diminuent progressivement et tendent à se rapprocher des faibles valeurs historiques. Fin septembre, la valeur seuil de Débit de Crise (DCR*) est une nouvelle fois atteinte pour les quatre stations de mesure présentées ci après (sur les cours d’eau du Clain, de la Sèvre Niortaise, de la Charente et de la Seudre). Ainsi, la situation d’étiage semble, comme les deux années passées, se prolonger à l’automne.

Evolution des débits du Clain au Pont St Cyprien Evolution des débits de la Sèvre Niortaise à La Tiffardière Evolution des débits de la Charente à Vindelle Evolution des débits de la Seudre à St André de Lidon

- QMM5H : Le débit mensuel interannuel quinquennal humide pour un mois considéré est le débit mensuel qui a une probabilité de 1/5 d’être dépassé chaque année.
- Q médian : Le débit médian est le débit atteint ou dépassé pendant la moitié de l’année.
- QMM5S : Le débit mensuel interannuel quinquennal sec pour un mois considéré est le débit mensuel qui a une probabilité de 4/5 d’être dépassé chaque année.
- DCR (Débit de Crise) : valeur de débit de référence en dessous duquel seuls les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l’alimentation en eau potable et les besoins des milieux naturels peuvent être satisfaits

Synthèse par station :

Les débits observés au cours de l’étiage 2011 ont été nettement inférieurs à ceux de 2010 au printemps, et sensiblement équivalents en été. Ils ont cependant été systématiquement inférieurs aux moyennes saisonnières et périodiquement inférieurs aux faibles valeurs historiques. La situation d’étiage semble se prolonger à l’automne, comme les précédentes années.

Pour en savoir plus, consultez le SIGORE : http://sigore.observatoire-environnement.org(Onglet Eau>Quantité> Etat des eaux superficielles>Réseau de suivi police de l’eau et Service de Prévisions des Crues)
Ou suivez les débits sur : http://www.eau-poitou-charentes.org/Le-suivi-des-debits.html

Zoom sur la centrale de Civaux

Localistation des stations de mesure Cubord et Lussac sur la Vienne par rapport à la centrale de Civaux La centrale de Civaux est située sur le bassin de la Vienne, entre les stations de mesure de débit de Lussac-les-Châteaux (amont) et de Cubord (aval). Pour assurer son fonctionnement et en particulier le refroidissement de ces réacteurs, celle-ci prélève de l’eau dans la Vienne.

C’est la station de Cubord qui fait office de station débitmétrique de référence pour le suivi du fonctionnement de la Centrale. Selon l’Autorité de Sûreté Nucléaire (Décision n°2009-DC-0138 du 2 juin 2009), « l’exploitant de la centrale prend toutes les dispositions pour garantir un débit moyen journalier minimum en Vienne à l’aval du rejet de la centrale supérieur à 10 m3/s ». Le débit maximum pouvant être prélevé par la centrale dans le fleuve est de 6 m3/s.

En outre, les conditions de rejet font l’objet d’une réglementation imposant un débit minimal de 30 m3/s pour effectuer des rejets chimiques occasionnels comme la chloration massive des circuits d’eau de circulation (CRF) par injection d’hypochlorite de sodium. Les rejets d’effluents radioactifs liquides sont quant à eux autorisés lorsque le débit de la Vienne mesuré à Cubord est compris entre 20 et 400 m3/s. Toutefois lorsque le débit de la Vienne est compris entre 20 et 27 m3/s, les rejets donnent lieu à une information de l’ASN. La production des effluents doit alors être réduite au strict minimum.

Evolution des débits de la Vienne à Lussac

Pendant toute la période d’étiage 2011, les débits sur la Vienne ont été très faibles et nettement inférieurs à ceux de 2010. La situation était particulièrement critique d’avril à mi-juillet, où les débits à Lussac-les-Châteaux ont été généralement inférieurs aux QMM5S. Avec les pluies d’été, la situation s’est légèrement améliorée en août et en septembre.

Le Débit de Crise n’a cependant pas été atteint, grâce notamment aux lâchers d’eau provenant de barrages en amont, assurant un soutien d’étiage.

Evolution des débits de la Vienne à Cubord en 2011

La centrale nucléaire de Civaux a pu fonctionner normalement cet été, le débit seuil de 10 m3/s sur la Vienne en aval de la centrale ayant été respecté.

Les débits ont néanmoins été très faibles, proches des 10 m3/s en juin, et rarement supérieurs aux seuils autorisant les rejets chimiques et radioactifs.

Pour en savoir plus, consultez le site d’EDF (Choisissez centrale de Civaux dans le menu de recherches) :
http://energie.edf.com/nucleaire/

Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé