Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Quelques données historiques en France sur la gestion de l’alimentation en eau potable

Rapport thématique Eau 2002 Eléments extraits du rapport "Qualité des ressources en eau et production d'eau potable : la situation en Poitou-Charentes", réalisé en 2002 par le Comité Régional de l'Environnement (CRE), dans le cadre des Secondes Assises de l'Eau de Poitou-Charentes.

Si, durant l’Antiquité, la distribution et même le traitement de l’eau ont pu être développés par les civilisations les plus avancées, du Moyen Age au XIXe siècle, la distribution d’eau en France est uniquement assurée par les fontaines publiques et les porteurs d’eau. Sous l’Ancien Régime, recevoir l’eau à domicile est pour l’essentiel l’apanage de quelques hauts personnages ou d’institutions religieuses.

A Paris, au XVIe siècle, Henri IV décide de faire construire une pompe sur la Seine, à la hauteur du Pont Neuf, la « pompe de la Samaritaine », pour augmenter le ravitaillement en eau de Paris, et il décide un encadrement plus strict de l’utilisation de l’eau.

En 1777, pour la première fois, la Compagnie des Eaux de Paris, créée par les frères Perrier, propose des abonnements aux parisiens pour recevoir l’eau à domicile. Le coût élevé de ces abonnements fit que le système rencontra peu de succès et que l’expérience prit fin.

Alors que l’approvisionnement des immeubles était le monopole de quelques 2 000 porteurs d’eau, tirée de la Seine, en 1854, le Baron Haussmann, préfet de la Seine, avec l’aide de l’ingénieur Belgrand, se prononce pour le recours à des eaux de sources captées à des dizaines de kilomètres de Paris. Il lance alors la construction du premier grand réseau moderne d’adduction, régulé par d’immenses réservoirs comme celui de Montsouris (200 000 m3 sur deux étages). Le recours aux ressources souterraines devient le dogme français jusqu’à la fin du siècle.

En 1896, le conseil municipal de Paris décide d’utiliser, en appoint des eaux souterraines, de l’eau de surface filtrée.

(Source : CIEau)

Au XVIIe siècle, la qualité de l’eau est surtout jugée selon des critères purement organoleptiques et l’on s’appuie principalement sur les eaux des fleuves et des rivières pour l’alimentation des populations. En 1790, la Révolution française a attribué aux communes la responsabilité de la distribution de l’eau sur leur territoire. C’est la première disposition légale concernant l’eau.

Le XXe siècle voit se généraliser la fourniture de l’eau à domicile. En 1902, la loi sur l’hygiène de l’eau précise que les maires « sont tenus de déterminer les prescriptions relatives à l’alimentation en eau potable et à l’évacuation des matières usées ».

D’abord réservées aux communes urbaines, des subventions ont été accordées dès 1903 aux communes rurales pour leurs adductions d’eau. Les taux pratiqués ont varié de 40% en moyenne à 60%, voire 90% pour les communes sinistrées après la première guerre mondiale. En 1930, 23% des communes disposent d’un réseau de distribution d’eau. En 1945, encore 70% des communes rurales ne sont pas desservies.

Evolution de l'adduction d'eau en France 1900 - 1937

En 1939, 20 millions de citadins sur 21 sont alimentés en eau potable, et 5 millions de ruraux sur 20 ; mais la consommation est encore faible : 127 litres par jour et par habitant en banlieue parisienne. Au total, les volumes distribués dans les communes étaient en 1945 de l’ordre de 800 millions de m3/an, soit le cinquième de celui de 1988.

Devant les besoins à satisfaire en matière d’alimentation en eau potable et le poids de plus en plus lourd des investissements, des sociétés privées se sont créées. En faisant un appel public à l’épargne, elles ont pu trouver auprès de leurs actionnaires les sommes importantes nécessaires. Les premières d’entre elles ont été fondées entre 1850 et 1880. En 1937, ces « Compagnies privées » desservaient 950 communes groupant 7 millions d’habitants, Paris non compté. Compte-tenu du régime particulier de Paris, environ le quart de la population de la France relevait directement ou indirectement du secteur privé de la distribution d’eau potable.

En ce qui concerne la qualité de l’eau fournie, en 1958, une ordonnance ministérielle fait l’obligation à « quiconque offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine [...] de s’assurer que cette eau est propre à la consommation ». Cette obligation est aujourd’hui intégrée au code de la santé publique (article L. 19).

En termes de traitement, fin XIXe, les systèmes de « filtration lente » sur sable, améliorés par les étapes de décantation et coagulation, vont permettre d’améliorer sensiblement la qualité de l’eau distribuée. Par la suite, la maîtrise de la désinfection chimique, notamment par l’ozone [1]« filtration rapide », pour un développement massif des volumes de production d’eau potable. Dans les années 50, le dioxyde de chlore commence à être utilisé. Plus cher que le chlore, il est également plus performant en terme de goût. Une nouvelle étape est franchie dans les années 70 et 80, avec la mise au point et le développement des filières de traitement biologique [2] dédiées à la lutte contre de nouveaux types de pollutions des ressources en eau, les pollutions chimiques : nitrates, métaux lourds, hydrocarbures, etc.

Dans les années 80, l’essentiel de la population bénéficie de l’eau potable à domicile, pour atteindre actuellement une couverture d’environ 99% de la population française. Seule une très faible part des Français continue d’utiliser des ressources privées pour son alimentation en eau (sources, puits). Cependant, ce type d’usage augmente en milieu rural, du fait notamment de l’augmentation du coût de l’eau.

Notes

[1] L’ozone a fait son apparition en traitement d’eau potable au début du siècle, à Nice.

[2] Emploi de bactéries cultivées pour éliminer des substances indésirables

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