Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Gestion du réseau d’eau potable

Rapport thématique Eau 2002 Eléments extraits du rapport "Qualité des ressources en eau et production d'eau potable : la situation en Poitou-Charentes", réalisé en 2002 par le Comité Régional de l'Environnement (CRE), dans le cadre des Secondes Assises de l'Eau de Poitou-Charentes.

Pour prévenir tout désagrément et assurer en continu la distribution d’une eau de qualité potable, il est indispensable de surveiller l’état du réseau. Cette gestion du réseau implique de se préoccuper :
- du bon entretien des ouvrages, garant de la protection de l’eau vis-à-vis des agressions externes, et de l’absence de fuites,
- de l’optimisation hydraulique permettant d’éviter toute stagnation et bouleversements de l’équilibre des flux hydrauliques tout en adaptant le développement des réseaux à l’extension urbaine,
- de la gestion optimale des quantités en tout site, selon les demandes, et avec une réserve de sécurité,
- de la production d’une eau dont les caractéristiques assureront sa stabilité et l’absence d’agression des ouvrages jusqu’aux points d’usages,
- de la mise en œuvre de bonnes pratiques de chantiers (implique des procédures de nettoyage et de désinfection) ainsi que de bonnes pratiques d’échantillonnage et d’un suivi analytique précis et rigoureux,
- de la programmation des interventions : entretien, travaux, renouvellement,
- du suivi de la qualité, du point de traitement aux différents points de distribution.

Cependant en France, les réseaux de distribution, mis en place pour la plupart après-guerre, souffrent de vétusté, cause d’importantes pertes. Sur les 6 milliards de mètres cubes puisés dans la ressource en France, seuls 4,5 milliards parviennent au robinet du consommateur et sont facturés, soit 30% de pertes.
(Source : le Moniteur, juin 2000).

L’état du réseau peut être déduit à partir de mesures relevées par différents capteurs : débitmètres enregistrant les volumes d’eau qui transitent, manomètres enregistrant la pression ... Ces informations combinées permettent de diagnostiquer la présence d’une fuite. L’évaluation du débit se fait de nuit, sur un réseau qui ne consomme que le « débit minimum nocturne », c’est-à-dire uniquement des fuites. Cette recherche est réalisée par des méthodes acoustiques : des capteurs mesurent le bruit produit par les fuites.

L’intérêt est de mettre en place un dispositif permanent d’où la télésurveillance et les modèles qui renvoient les informations collectées sur une durée de plusieurs années.

Conseils pour la gestion d’un réseau d’eau potable

  • Connaître les dimensions et l’emplacement exact du réseau d’eau potable. L’évaluation du patrimoine en canalisations d’eau potable réalisée en 2000 et 2001 dans huit départements français a montré que les dimensions du réseau français sont fortement sous-évaluées.
  • Mettre en place des points de mesure. C’est l’une des premières dispositions à prendre. Ces capteurs coûtent entre 762 et 1 524 euros. Ils permettent de disposer d’un véritable réseau de surveillance ; ilsdoivent être accessibles de manière à pouvoir être consultés régulièrement.
  • Investir dans des systèmes de surveillance et de gestion à distance. Ils permettent de centraliser automatiquement des quantités d’informations concernant les volumes d’eau, les débits, les pressions.
  • Archiver les défaillances du réseau. Cette base de données permet des diagnostics et interventions plus pertinents.
  • Avoir les bons chiffres en tête. Un mètre de canalisation coûte 152,4 euros. En comparaison, le prix de capteurs (de 2 286 euros, 4 573 euros à 22 867 euros) peut sembler élevé au premier examen.

Source : La Gazette des Communes, 04 février 2002

Les réseaux d’adduction devront être remplacés, voire redimensionnés, ce qui laisse prévoir des investissements futurs coûteux. La valeur des équipements du réseau d’eau potable en France étant estimée à 61 milliards d’euros, voire 76 milliards d’euros, le renouvellement serait estimé à 460 millions d’euros par an.

En effet, huit Départements en France ont conduit un inventaire de leur patrimoine de canalisations. Pour le département de la Manche, retenu comme pilote dans le cadre de cet inventaire, la valeur actuelle du patrimoine de canalisations est estimée à 2,6 milliards de francs (396 370 000 Euros), et le besoin d’investissements pour le renouvellement des 3 000 km de conduites à remplacer à environ 850 millions de francs (130 millions Euros) sur les dix prochaines années, soit un impact de 3 F (0,46 euros) par mètre cube. A noter que la réalisation d’un inventaire varie de 500 000 francs à un million de francs (76 225 à 152 449 Euros).

En France, d’après l’enquête conduite par l’Ifen-Scees-Agences de l’eau sur la base de données 1998, 41% des communes ont renouvelé une partie de leur réseau en 1998. Le taux de remplacement [1] est de 1,1% pour ces communes, et donc de 0,6% si l’on considère la totalité des communes interrogées (5 000 collectivités). Le rythme du renouvellement est ainsi de l’ordre du siècle. Il apparaît également un taux du renouvellement plus important parmi les organisations communales (1,7%) qu’en intercommunalité (0,9%), en raison des réseaux plus récents de ces dernières. Le meilleur état de ce réseau est confirmé par un plus petit nombre d’interventions d’entretien.

Notes

[1] Longueur de conduites remises en place divisée par la longueur du réseau existant

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