Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Accueil du site > La gestion de l’eau > Gestion des cours d’eau > L’entretien et la gestion des cours d’eau

L’entretien et la gestion des cours d’eau

Pourquoi aménager et entretenir les cours d’eau ?

Les cours d'eau sont des milieux dynamiques évoluant perpétuellement en fonction des caractéristiques physiques et saisonnières. La qualité de vie d'un cours d'eau dépend de nombreux facteurs tels que la vitesse du courant, la sinuosité du lit, le débit, la qualité de la ripisylve, le taux d'oxygène dissous….
Ces facteurs peuvent être dégradés ou modifiés, c'est pourquoi les cours d'eau doivent être entretenus ou aménagés afin de maintenir leurs différentes fonctionnalités liées aux usages et restaurer leur bon état écologique.

Les différents aménagements visent donc à satisfaire :

  • le régime hydrologique en respectant ou rétablissant
    • les débits minimums d’étiage
    • la connexion avec les eaux souterraines
    • l’alternance de courants lents et rapides
    • une variation des profondeurs
  • les conditions morphologiques en respectant les connectivités latérales des cours d’eau avec ses milieux annexes tels que les prairies inondables, les bras morts, les zones humides…, le maintien ou le rétablissement de l’état physique des berges et de la végétation riveraine.
  • la continuité écologique en rétablissant la libre circulation des organismes aquatiques (par exemple les poissons migrateurs) à des échelles spatiales compatibles à leur cycle de développement et en rétablissant des flux de sédiments.

Sans intervention de l’Homme, la richesse des cours d’eau disparaît. En effet, les lits des cours d’eau s’encombrent de divers détritus et les berges sont envahies par la végétation. L’envasement prend alors le dessus, les capacités d’écoulement sont réduites et les risques d’inondation augmentent. La qualité écologique diminue, les cours d’eau sont alors moins diversifiés en terme d’espèces animales et végétales.

D’une manière générale, les différents travaux visent donc à :

  • maintenir ou améliorer la qualité de l’eau (augmentation de son pouvoir épurateur)
  • freiner ou favoriser l'écoulement des eaux selon la sensibilité aux inondations
  • stabiliser les berges pour lutter contre leur érosion
  • améliorer la qualité des habitats pour la faune et la flore
  • préserver la qualité paysagère

Une gestion équilibrée des berges et du lit d'une rivière par des opérations d'entretien régulier favorise un contrôle efficace de l'évolution ultérieure du milieu aquatique. Les opérateurs concernés sont les syndicats intercommunaux d'aménagement hydraulique (S.I.A.H.) ou des collectivités locales possédant la compétence rivière. De plus en plus de ces structures se dotent d'un technicien de rivière, dont les missions sont l'observation du cours d'eau, la préparation des chantiers, leur suivi technique et administratif, la communication avec les partenaires et la population ...

Toute intervention doit être précédée d’un diagnostic de l’état initial et global du cours d’eau (de l’amont et de l’aval) ce qui permet de mieux cibler les différents objectifs des interventions.
Ensuite, l’impact de ces dernières doit être mesuré ; une évaluation et un suivi des travaux doivent être réalisés.
Toute intervention doit donc être raisonnée et planifiée.

Trois types d’intervention sont utilisés :

  • la restauration pour mener des opérations permettant de rendre à la rivière l’état dans lequel elle aurait dû se trouver si elle avait fait l'objet d'une gestion régulière
  • l’aménagement pour modifier fortement le cours d'eau en vue de satisfaire un objectif particulier
  • l'entretien pour garder le cours d’eau dans un état optimal

Citons quelques méthodes pour entretenir le lit d’un cours d’eau :

  • le faucardage : cette technique assure le bon écoulement des eaux ce qui va favoriser la circulation de l’oxygène, la diminution du taux de matières organiques et réduire les obstacles susceptibles de gêner la circulation des poissons.
  • le curage : cette technique limite l’engorgement du lit et évite les dépôts trop importants.
  • la mise en place de déflecteurs ou épis, des mini seuils
  • la recharge du lit en matériaux granulaires
Pour en savoir plus :

Des exemples de travaux ou d'aménagement de cours d'eau

Voici différents exemples de travaux ou d'aménagement de cours d'eau :
- L'effacement ou l'abaissement des ouvrages
- L’entretien des berges et des ripisylves
- La reconnexion des annexes hydrauliques
- Augmenter la capacité d’accueil du milieu pour les poissons
- La gestion des espèces exotiques envahissantes
- La restauration des zones humides

L'effacement ou l'abaissement des ouvrages

Pour les ouvrages sur les cours d'eau dont l'utilité ne semble plus avérée ou les ouvrages abandonnés, l'effacement de l'ouvrage est une des solutions pouvant permettre de rétablir la dynamique fluviale et la continuité écologique.
L'effacement est envisagé lorsque les frais d'entretien de mise aux normes sont supérieurs à l'utilité du maintien ou lorsqu'il est jugé que l'ouvrage n'est pas compatible avec certains enjeux environnementaux tels que la Directive Cadre sur l'Eau, le plan anguille ...

Sans supprimer complètement l'ouvrage, un abaissement de la hauteur de l'ouvrage peut être envisagé pour des raisons techniques ou en prévision d'un effacement total. Il peut également être préféré pour concilier à la fois continuité écologique et conservation du patrimoine. En effet, certains usagers, habitués à la présence dans le paysage d'ouvrages, ne souhaitent pas les voir disparaitre et préfèrent d'autres mesures de gestion à mettre en œuvre qui permettent de les conserver. C'est par exemple le cas des moulins.

Pour en savoir plus :

L’entretien des berges et des ripisylves

Les opérations d’entretien des cours d’eau concernent particulièrement celui des ripisylves et des berges.
La ripisylve est une formation végétale composée de trois strates :

  • une strate herbacée
  • une strate arbustive
  • une strate arborée

La ripisylve a de nombreux rôles quant à la préservation de la qualité des cours d’eau :

  • elle protège et consolide les berges
  • elle retient les pollutions diffuses et élimine naturellement les nitrates.
  • elle évite le dessèchement et freine le ruissellement de l’eau
  • elle abrite de nombreuses espèces
  • elle fait office de corridor biologique

Les berges sont des écotones. Elles constituent une zone de transition entre l’écosystème aquatique et forestier (qui est la ripisylve). Elles abritent des espèces de milieux aquatiques et de rive (par exemple, la musaraigne aquatique (Neomys fodiens), le martin pêcheur (Alcedo atthis), le cincle plongeur (Cinclus cinclus) et bien d’autres…).
Si les berges doivent être restaurées, leur artificialisation (en béton par exemple) n’est pas conseillée. Elles perdent alors leur potentiel de corridor écologique, ne permettent plus les échanges entre le sol et le cours d’eau. De plus, il arrive que les espèces telles que les amphibiens ne puissent pas remonter sur la berge par manque de support.

Des techniques de génie végétal sont alors utilisées permettant de consolider les berges avec des végétaux vivants. Leur système racinaire permet de stabiliser les berges et de les protéger du courant et de l’érosion.
Différents facteurs physiques et botaniques sont à prendre en compte pour les plantations comme par exemple l’exposition à la lumière, le pH, la porosité du sol, la morphologie aérienne des végétaux, le pouvoir de régénération des végétaux, leur action sur les autres plantes, la morphologie du système racinaire…..

Pour en savoir plus :

La reconnexion des annexes hydrauliques

Les annexes hydrauliques sont considérées comme des zones présentant un fort potentiel écologique, lié à une faune et une flore riches et diversifiées, et montrant de multiples rôles dans le maintien de cette biodiversité. Cependant, ces zones humides restent des biotopes fragiles et non protégés, qui sont souvent délaissés et tendent à se fermer.

De multiples fonctions sont attribuées aux annexes telles que l'interception de pollutions diffuses (phénomène d'autoépuration), la conservation de la biodiversité du fait d'habitats diversifiés, l'amélioration des caractéristiques morphologiques et physiques du cours d'eau, le rôle de refuge pour la faune et le rôle de zone de reproduction pour des espèces piscicoles.

L'enfoncement du lit des rivières peut conduire à la déconnexion des annexes hydrauliques qui tendent à s'assécher et ne sont alors plus accessibles par les espèces piscicoles et moins propices à un développement favorable pour les espèces floristiques.
Leur reconnexion parait donc importante en vue de retrouver une continuité écologique des cours d'eau. Pour se faire, des travaux de terrassement sont généralement réalisés pour permettre la reconnexion à l'aval et/ou à l'amont.

Pour en savoir plus :

Augmenter la capacité d’accueil du milieu pour les poissons

La Directive Cadre sur l’eau fait apparaître comme obligation le rétablissement de la continuité écologique sur les cours d’eau classés "à grands migrateurs" et ceux qui pourraient le devenir.
Le saumon, l’alose, la lamproie, la truite, l’anguille, qui sont des poissons migrateurs, sont très sensibles à la qualité de l’habitat et en particulier pour se reproduire.

Différents aménagements sont donc nécessaires afin d’augmenter la capacité d’accueil du milieu pour les poissons :

  • mise en place d’ouvrages telles que les passes à poissons :
    • les passes à poissons permettre aux poissons de franchir des obstacles artificiels.
  • mise en place de divers habitats :
    • de frayères
    • de caches sous berges où ils peuvent se reposer et s’abriter
    • de déflecteurs qui diminuent la section d’écoulement et contribuent à la diversification des habitats (création de fosses par exemple) et des écoulements
    • de seuils qui créent des petites chutes d’eau qui favorisent l’oxygénation du milieu et maintiennent une hauteur d’eau adéquate pour le développement des juvéniles. Les seuils vont également favoriser le développement de fosses à l’aval (zones refuges potentielles)
  • Le fond doit présenter certaines particularités pour que les femelles viennent pondre :
    • un lit de galets ou de graviers stables pour éviter un déplacement trop important des œufs en cas de crue
    • la granulométrie doit être adaptée pour que les femelles puissent creuser un trou et y mettre leurs œufs
    • la hauteur d’eau, la vitesse du courant et l’oxygénation sont également des facteurs importants

Les barrages doivent également être aménagés afin que les poissons puissent les franchir en remontant la rivière.

Il ne faut pas oublier les aménagements complémentaires afin de lutter contre les espèces exotiques envahissantes qui perturbent les hydrosystèmes et ont un impact important sur la biodiversité indigène.

Afin d’améliorer la qualité des écosystèmes aquatiques et de diversifier les habitats certaines règles sont à respecter :

  • Modifier le moins possible la morphologie du cours d’eau
  • Ne pas artificialiser les berges et le fond
  • Reconnecter les bras morts
  • Respecter les liaisons fonctionnelles entre le cours d’eau et les annexes hydrauliques (prairies, parcelles riveraines
  • Diversifier les écoulements
Pour en savoir plus :

La gestion des espèces exotiques envahissantes

La prolifération des plantes exotiques envahissantes cause déjà depuis de nombreuses années, en Poitou-Charentes, des nuisances sur le fonctionnement des hydrosystèmes tant pour la biodiversité que pour les usages. Pour faire face à cette situation, différentes initiatives ont émergé en Poitou-Charentes.

Devant l'impossibilité d'atteindre une éradication et pour freiner la dynamique d'expansion de ces espèces, tout en limitant et en priorisant la dépense publique investie dans la surveillance et la gestion de ces prolifération, les gestionnaires et leurs partenaires financiers publics ont besoin d'outils de compréhension et de suivi des phénomènes invasifs pour guider les choix tactiques dans la gestion annuelle et pluriannuelle de ces espèces.

Face à cet enjeu et à cette demande, l'Observatoire Régional des plantes exotiques ENVahissantes des écosystèmes Aquatiques (ORENVA) a été créé en 2007, par la Région Poitou-Charentes.
L'outil ORENVA s'inscrit dans le cadre de la politique de gestion des rivières de la Région Poitou-Charentes et du Plan Loire Grandeur Nature 2007-2013. Deux maîtres d'ouvrage interviennent sur ce projet : le Forum des Marais Atlantiques et l'Observatoire Régional de l'Environnement.

L'ORENVA prévoit l'organisation de la lutte à une échelle collective afin de mutualiser les pratiques et les moyens. Il s'appuie sur l'existence de relais locaux et de leur expérience pour couvrir le territoire.

La gestion mise en œuvre devra respecter le milieu naturel. Pour cela, les interventions devront être les plus sélectives possibles pour limiter les dommages aux espèces non visées. De plus, pour chaque opération, il faudra prendre des précautions pour ne pas aggraver la colonisation. Enfin, notons que les techniques existantes permettent le contrôle de ces espèces plutôt que leur éradication.

Parmi les mesures de gestion existantes citons les mesures préventives qui permettent à la fois de valoriser les espèces patrimoniales et de contrôler la prolifération des invasives. La gestion des espèces consiste en des actions sur l'habitat pour éviter ou limiter le développement végétal comme par exemple :

  • favoriser les zones de transition
  • gérer les embâcles
  • stabiliser les berges
  • supprimer certains aménagements
  • limiter l'accès aux berges
  • agir sur la morphologie des berges
  • réaliser un désenvasement léger
  • favoriser l'alternance ombre/lumière
  • réhabiliter le milieu

Les méthodes curatives consistent quant à elles à agir directement sur la plante pour faire régresser sa prolifération, il s’agit notamment :

  • lutte biologique
  • bâchage
  • faucardage
  • arrachage mécanique
  • arrachage manuel
  • gestion mixte

Enfin, il ne faut pas oublier que tous les travaux de gestion des invasives génèrent des déchets. Ceux-ci ne doivent en aucun cas être laissés dans le milieu (risque de reprise voire propagation, enrichissement en matière organique, embâcles, esthétisme…). Le devenir des déchets est dont très important, ceux-ci peuvent être :

  • stockés et éliminés (enfouissement ou incinération)
  • compostés mais le compostage des déchets issus de plantes invasives ne doit pas être facteur de dissémination de la plante.
  • valorisés : après exportation, leur traitement peut intégrer des filières de valorisation par des étapes de compostage et/ou d'épandage. Pour réduire le volume de végétaux à traiter, une phase préalable de séchage peut être pratiquée.
Pour en savoir plus :

La restauration des zones humides

Les zones humides, qui contribuent à la fois à la préservation de la ressource en eau et à la protection d'espèces emblématiques, voient leur surface fortement régresser au cours de ces dernières années malgré un intérêt fort et reconnu.

Plusieurs actions sont mises en œuvre pour préserver et restaurer ces milieux particuliers :

  • la valorisation : les zones humides, de préférence non dégradées, peuvent faire l'objet d'aménagements simples et servir de lieu de balade pour la mise en place de sentier découverte par exemple, s'insérant ainsi parfaitement dans le cadre de vie d'une population. Il s'agit également d'une manière de sensibiliser le public aux problématiques des zones humides.
  • la restauration : cette action vise à restaurer des zones humides dégradées et à en rétablir leur fonctionnement ou d'assurer le retour de certaines activités en adéquation avec le milieu. Les différents travaux mis en œuvre après études techniques tels que l'évacuation de remblais, la suppression de rejets, peuvent faire l'objet de financement des Directions Départementales Territoriales dans le cadre de contrats liés aux mesures agro-environnementales ou de l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne au travers de Contrats Territoriaux.
  • la compensation : l'intervention ou l'aménagement de certaines zones comme la construction d'une route par exemple peuvent conduire à la détérioration ou à la disparition totale des zones humides. Des mesures doivent cependant être prises pour atténuer ces dégradations ou des moyens de compensation sont à envisager comme la re-création et/ou l'acquisition de zones humides par exemple.

En Poitou-Charentes, une boite à outils « zones humides » a été mise en place par le Forum des Marais Atlantiques. Elle propose un ensemble de méthodes de cartographie, de délimitation, de caractérisation, de gestion et de suivi des zones humides. Elle a vocation à faciliter l’atteinte des objectifs fixés par la D.C.E. et le Grenelle de l’environnement via un ensemble d’étapes à suivre pour protéger, restaurer et mieux gérer les zones humides. (Eau France, 2013)
A noter également l'existence du Réseau Partenarial des Données sur les Zones Humides (RPDZH) animé par le Forum des Marais Atlantiques. L'objectif de cette démarche est de regrouper le réseau d'acteurs et de développer des outils cartographiques permettant la prise en compte de la spécificité de ces territoires.
La stratégie générale est la mise en œuvre d'un partage de connaissances objectives, articulé autour des données spatiales, statistiques et documentaires, valorisant les différents territoires mais également les gestionnaires.

Consultez la carte des zones humides protégées de Poitou-Charentes

Pour en savoir plus :
Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé