Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

La charte des golfs

SOMMAIRE
Pourquoi une Charte ?
Des propositions pour l’économie d’eau
Les ressources et les volumes utilisés en 2006 par les golfs
Exemples d’économies d’eau réalisées par des golfs en Poitou-Charentes

Pourquoi une Charte ?

Les golfs, comme les autres utilisateurs, peuvent être soumis en période de sécheresse à des mesures de restrictions. Or les greens, dont le rôle est indispensables sur le terrain, sont très sensibles à ces contraintes. Il était donc nécessaire d’engager une concertation sur l’irrigation des terrains de golfs et les économies d’eau qui peuvent être réalisées. C’est pourquoi les intendants de terrains réunis au sein de l’association AGREF et la Fédération Française de Golf ont signé le 2 mars 2006 une charte sur l’eau avec la participation du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable et du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative.

Cette charte prévoit notamment :

- d'inciter l'ensemble des golfs faisant appel aux réseaux publics d'alimentation en eau potable pour l'irrigation à effectuer un audit. Celui-ci devra permettre d'identifier et d'engager les actions permettant l'utilisation de ressources nouvelles avec pour objectif une diminution de 30 % en 3 ans des volumes totaux actuellement utilisés en provenance des réseaux publics.

- d'engager un programme global de réduction de la consommation en eau dans un premier temps en région Poitou Charentes à titre expérimental et avec pour objectif une diminution de 30 % en 3 ans des volumes actuellement utilisés. A ce titre, une dotation de 40 000 EUR a été versée en 2005 par le ministère des sports pour participer au financement d'audits et réalisations en vue de la préservation de la ressource en eau dans les golfs de la région Poitou Charentes.

- de mener des actions globales de préservation de la ressource en eau (réutilisation des eaux usées traitées, récupération des eaux pluviales, espèces végétales peu consommatrices, techniques d'arrosages,…) et de renforcement de la transparence des golfs concernant la quantité de l'eau utilisée notamment en tenant et mettant à disposition des services publics de l' État un cahier d'enregistrement de l'irrigation des parcours.

- de développer des actions visant à préserver la qualité de l'eau par la réalisation d'un état des lieux des pratiques et quantités apportées en matière d'intrants en 2006 et la tenue d'un cahier d'enregistrement de l'usage des phytosanitaires.

Téléchargez l’intégralité de la Charte sur l’eau
- Mode d’emploi
- Annexe 1
- Annexe 2

- Pour en savoir plus sur cette charte : site de la Fédération française de golf

Des propositions pour l’économie d’eau

Une expertise a été demandée par la Fédération Française concernant la gestion de l’eau des golfs. L'objectif est de réaliser un état des lieux des consommations en eau pour l'arrosage, des ressources utilisées, des pratiques et des équipements pour chaque site, et d'identifier les améliorations possibles. L’étude a été confiée en 2007 à la SAFEGE et au CEMAGREF.

Voici quelques exemples de recherche de ressources de substitution cités dans cette étude :

Le golf de Chalons (86)
Le centre golfique des Châlons utilise actuellement de l'eau potable pour l'arrosage du parcours. Cette ressource n'est pas adaptée à l'irrigation d'un golf.
La réalisation d'un forage captant la nappe des calcaires du Dogger est à l'étude. Cependant le projet est en suspens car son coût de réalisation est élevé. De plus, les eaux souterraines sont largement sollicitées pour l'alimentation en eau potable et l'irrigation.
La réutilisation des eaux usées traitées permettrait au golf de disposer d'une ressource renouvelable, en quantité suffisante. La nouvelle station d'épuration de Poitiers se situe à plus de 4,5 km du golf. Le raccordement représente un investissement financier très important pour une consommation négligeable. Cette solution pourrait être intéressante pour l'arrosage du golf mais également l'irrigation des terrains de sport de la ville.
Le golf de Niort (79)
La situation critique vécue par le département des Deux-Sèvres en 2005 a conduit à l'interdiction totale de l'arrosage des golfs. L'utilisation d'une ressource de substitution ou de secours est envisagée depuis ces évènements. Deux solutions ont été étudiées : la réutilisation des effluents traités de la station d'épuration de la ville de Niort, station de Goilard, et des stations de traitement les plus proches.
Le golf d’Aubeterre (16)
Il y a probablement à faire pour améliorer l’équilibrage des pressions du réseau et sa régulation, pour se rapprocher de performances plus optimales.
La ressource semblent assez juste en années sèches, malgré le fait que seules les surfaces sensibles (départs et greens) soient arrosées, la solution de réutiliser les eaux usées des habitations est envisageable pour sécuriser une partie de la ressource, voire envisager l’arrosage d’une partie des fairways. Cependant, l’utilisation de ces eaux usées impose un gros investissement en épuration pour atteindre les normes acceptables de qualité. _L’autre solution envisagée, le stockage des eaux de pluies, l’imposerait aucune contrainte particulière au niveau de la distribution.
Le golf de La Vallade (17)
Une carrière de calcaire exploitée par GCM (Granulats de Charente-Maritime) se trouve à environ 1 500 m au nord ouest du site, le long de la N137. L'extraction des calcaires à partir d'une certaine profondeur nécessite l'évacuation des venues d'eau par pompage. Ces eaux sont utilisées pour alimenter une réserve mise à disposition des irrigants agricoles voisins. Cependant, il conviendrait de se rapprocher de l'exploitant de la carrière afin d'étudier la possibilité d'utiliser les eaux de la carrière pour l'arrosage du golf.

(source : Ecoumène Golf et Environnement et l’étude de diagnostic de l'utilisation de l'eau sur les golfs de Poitou-Charentes)

Les ressources et les volumes utilisés en 2006 par les golfs

Quelle ressource en eau pour quel golf ?

(Source : Étude de diagnostic de l'utilisation de l'eau sur les golfs de Poitou-Charentes réalisée par la SAFEGE et le CEMAGREF, 2007)

Quels volumes d’eau sont utilisés pour l’arrosage des terrains ?

(Source : Étude de diagnostic de l'utilisation de l'eau sur les golfs de Poitou-Charentes réalisée par la SAFEGE et le CEMAGREF, 2007)

Tableau des mesures de limitation en fonction des seuils d’alerte :

(Source : Fédération française de golf)

Exemples d’économies d’eau réalisées par des golfs en Poitou-Charentes

Le golf de Cognac (16)

Les points clés de l’interview de M. OLIVIER Thierry, directeur du golf, le 16 juin 2010.

Le golf de Cognac joue sur la qualité du terrain et des services proposés aux golfeurs. C’est pourquoi en 2007, le golf a accueilli 5 compétitions de niveau fédéral. Il comprend un parcours 18 trous, un parcours école de 4 trous, un practice et 2 putting greens. Les terrains et bâtiments appartiennent à la ville de Cognac et leurs entretient revient à l'association.

L'irrigation du golf est assurée grâce à une prise d'eau dans la Charente(3 pompes de surface de 45 m3/h chacune) et un suivi des volumes prélevés est effectué en sortie de station de pompage via un compteur. Depuis plus de 15 ans, M. OLIVIER investit dans la diminution de la consommation en eau du golf tout en conservant la qualité des terrains du golf. Le budget alloué aux économies d'eau et à une meilleure gestion du terrain est de l'ordre de 50 000EUR par an.
C’est dans le cadre d’une réflexion globale sur comment adapter les valeurs du développement durable au golf que les projets d’économies d’eau en autres, sont entrepris au sein du golf de Cognac. Par exemple un mémoire de stage d'un étudiant en STAPS à Poitiers, avait comme sujet : l'analyse des déchets produits par le golf et leur possible réutilisation/diminution. De plus, le golf possède une station météo, ce qui permet aux gestionnaires de s’adapter le plus rapidement aux conditions climatiques.

Actuellement des travaux ont débuté afin d’améliorer tout le système d'arrosage pour le montant d’ 1 million d'euros. Le but est de permettre un meilleur pilotage des arroseurs : chacun d'entre eux aura un code et ils seront répartis en famille. Selon les conditions météo et les mesures préfectorales prises, ils pourront être arrêtés soit par famille, soit par unité. D’autres investissements ont été alloués à la récupération de l’eau de pluie pour le lavage du matériel.

Un autre travail très important a été mené sur la création d’un substrat pour les greens. Les résultats sont concluants : sur les 3 ans du test, une économie de 10% des entrants a été réalisée et en 2009 seulement deux traitement phytosanitaires ont été réalisés.

Les informations clés de l’entretient sous version audio :




Le golf d’Angoulême (16)

Rencontre avec M. CALMELS, directeur du golf, le 17 juin 2010.

Le golf est situé sur le versant nord de la colline du bois de Saint-Martin. Il comprend un parcours 18 trous, un practice et un putting green.

L'association sportive est propriétaire d'une partie des terrains (environ 3/4 de la superficie totale) et assure la gestion du golf. La ville prend en charge la facture d'eau destinée à l'irrigation, c’est pourquoi la démarche d’économie d’eau est ancienne. Par exemple en 2005, une partie des busages a été reprise ; cela s’est traduit en 2006 par une diminution du volume total appliqué de 33 000 m3 à 18 000 m3. De plus, le golf possède un système informatique pour gérer au mieux les périodes d’arrosages et quantité d’eau. En effet, seuls les départs, greens et espaces verts sont arrosés sur le golf et ce via plusieurs séquences à faibles volumes durant la nuit. A ceci s’ajoute un travail mécanique sur les greens : un piquetage de la pelouse permet une meilleure infiltration de l’eau.

Le golf se situe sur une zone naturelle protégée. Des efforts sur la diminution de l’usage de produits phyto-sanitaires ainsi qu’une meilleure gestion/protection des espèces ont été entrepris.



Un projet de création d’une retenue d’eau colinéaire est en cours. Une fois qu’elle sera créée, le golf devrait pourvoir à ses besoins. Une autre alternative serait la récupération des eaux usées traitées provenant soit de la station d’épuration de Frégeneuil, soit de la station de traitement de Rousselot. Néanmoins, cette solution est coûteuse et serait plutôt envisageable dans le cadre d'une démarche globale de réutilisation des eaux usées traitées, à l'échelle de la ville.

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