Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Le traitement "in situ"

Rapport thématique Eau 2002 Eléments extraits du rapport "Qualité des ressources en eau et production d'eau potable : la situation en Poitou-Charentes", réalisé en 2002 par le Comité Régional de l'Environnement (CRE), dans le cadre des Secondes Assises de l'Eau de Poitou-Charentes.

Certains hydrogéologues ont imaginé depuis longtemps traiter l’eau polluée des nappes sans construire de station de traitement. Dès 1990, des traitements de nappes phréatiques à proximité d’un captage d’eau potable ont permis de réduire la concentration en nitrates sur la base du principe suivant : pomper l’eau pour la dénitrifier dans un réacteur contenant des bactéries, puis la réinjecter afin d’abaisser la concentration à une limite acceptable.

Au B.R.G.M. (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), on pense possible de pratiquer ce traitement au sein même de la nappe. Il s’agirait de tirer parti de la très grande surface de contact offerte par la roche spongieuse pour traiter l’eau dans le sous-sol, grâce à l’injection des réactifs. Les difficultés sont non-négligeables : contrôle du processus diffus sur des dizaines ou centaines d’hectares, risque de production de gaz obturant les pores et bloquant le fonctionnement de la nappe.

Une autre option serait d’agir à la source, au niveau des champs. Certains hydrogéologues imaginent épandre lors des labours des éléments chimiques neutralisant les produits phytosanitaires non utilisés par la plante par exemple. Un essai de ce type aurait été mené en Belgique sur les 20 premiers centimètres du sol. Cette solution, apparemment simple, demanderait un dosage minutieux au cas par cas d’une part, et d’autre part, de prévoir le devenir dans le milieu des produits issus de cette « neutralisation » des produits phytosanitaires.
(Source : La Tribune, 06/02/2002)

Le plus simple demeure encore de laisser faire les activités de dénitrification naturelle qui existent dans certaines formations géologiques grâce à l’activité de bactéries dégradant les composés azotés.

En Poitou-Charentes, ce phénomène a été repéré dans le nord de la Vienne (secteur de Beuxes) : il s’agit de la nappe du Jurassique supérieur (Oxfordien inférieur sous recouvrement des argiles du Cénomanien inférieur).
(Source : L. Le Bideau et P. Dudoignon - « mécanisme de dénitrification naturelle sur le site de Beuxes (Vienne, France) » - acte du colloque ESRA’96).

Le repérage de ces situations n’est pas aisé, et les phénomènes sont conditionnés par un contexte précis. Sans doute existe-t-il également là des effets de seuils de pollution au delà desquels les processus naturels sont débordés et perturbés.

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