Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Les actions en faveur des économies d’eau

Comment mener une action d’économie d’eau ? Quels sont les conditions de réussite et les potentiels de réduction de la consommation d’eau ?

SOMMAIRE
Comment mener une action d’économie d’eau ?
Première étape : état des lieux des consommations d’eau potable
Deuxième étape : quelles actions mettre en œuvre pour faire des économies d’eau ?
Troisième étape : choix des actions
Les conditions de réussite
Quels sont les potentiels de réductions de la consommation d’eau ?

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Plaquette générale sur les économies d’eau en Poitou-Charentes

Comment mener une action d’économie d’eau ?

Première étape : état des lieux des consommations d’eau potable

La région Poitou-Charentes est soumise à une forte demande en eau générant parfois des situations de pénurie ou de concurrence. Une gestion de l’eau cherchant à concilier les différentes demandes (agricole, naturelle, touristique, économique, sociale, …) est une condition clé de son développement durable.
Les actions d’économie d’eau peuvent être un des outils d’atteinte de cet équilibre.

La consommation d’eau potable

Les besoins en eau potable pour la consommation essentiellement domestique en France représentent environ 137 litres d’eau/hab./j. Ce chiffre varie suivant les régions, le type d’habitat, le climat, le revenu, l’âge, et les modes de vie de chacun.

Evolution des prélèvements de 1988 à 2006

En Poitou-Charentes en 2007, 444 captages d’alimentation en eau potable (99 en Charente, 94 en Charente-Maritime, 83 en Deux-Sèvres et 168 en Vienne) prélèvent 162 millions de mètre cubes d’eau, soit 39% des prélèvements globaux d’eau de la région.

cf. la fiche R.P.D.E. « Qu’est ce qu’une eau potable ? »

L’usage domestique comprend l’utilisation de l’eau pour la boisson, le lavage, les soins d’hygiène, l’évacuation des déchets organiques, les plantes vertes, les jardins privés… Pour tous ces usages, chez l’habitant, un seul robinet fournit une eau de qualité potable. En effet lors de la mise en place de l’eau courante, il a été jugé préférable, d’une part d’éviter l’installation de deux réseaux parallèles et d’autre part de supprimer le risque de confusion entre les deux types d’eau (risque d’utiliser l’eau non-potable pour la boisson).
Dans les collectivités territoriales, l’utilisation de l’eau potable est également multiple : arrosage, nettoyage de la voirie, sanitaire…

Consommations d’eau moyennes des principaux secteurs
Type d’établissement Ratio Remarques
Bâtiment administratif de faible capacité (5 à 30 personnes) 30 à 50 L/j/employé 4 L/j/m² de bureau S’applique à des bureaux recevant peu de public
Grand ensemble de bureaux 100 à 150 L/j/employé Grands ensembles de bureaux multi services (cantines, réception, visiteurs, etc.)
Scolaire 3 à 4 m3/élève/an en moyenne 3,2 m3/an/élève de collège en Gironde Peut aller jusqu’à 6 m3/an/élève pour les établissements techniques ou les laboratoires universitaires. En général, la consommation unitaire augmente avec l’âge des élèves.
Centres de vacances 100 L/j/personne -
Activités sportives sans douche 2 à 35 L/personne Du nettoyage seul à d’autres prestations (climatisation à eau, cafétéria, …)
Activités sportives avec douche 50 à 90 L/personne
Stade nautique / piscine 50 à 200 L/baigneur Contraintes réglementaires (minimum légal de 30L/j/baigneur)
Arrosage des espaces verts Arbuste ou vivaces : 4L/m² Gazon : 2,6 L/m² Fleurs annuelles : 5,3 L/m² Variation en fonction de la nature du sil, de l’exposition du vent …
Maison de repos et de retraite 60 à 90 m3/lit -
Restauration collective 10 à 20 L/repas préparé -
Port de plaisance 15 à 20 m3/place / an -
Stade 3000 à 5000 m3/an Variable suivant la nature du sol et sa fréquentation
Salle de sport 300 à 500 m3/an Variable en fonction de la taille, des équipements et de sa fréquentation
Salle des fêtes 220 m3/an Variable selon la fréquentation
Nettoyage des voiries et parking 5 L/m linéaire Variable selon le type de machine et le réglage
Nettoyage des véhicules 100 à 250 L/véhicule Variable suivant l’état de propreté et son volume (la valeur haute correspond plutôt aux camions)
Hydrocurage du réseau d’assainissement 20 à 30 m3/km -
Source : Guide méthodologique pour l’analyse et la réduction des consommations d’eau dans les établissements tertiaires, CREAQ

Un état des lieux des consommations (sur 3 ou 5 ans), des usages de l’eau, des évolutions de ces consommations et de ces usages suivant la saison, la fréquentation, les horaires, etc. est l’étape préalable à la mise en œuvre d’économies d’eau.
L’installation de compteurs divisionnaires par bâtiment [1], par secteur, par usage permet notamment d’isoler les consommations d’un usage donné pour estimer sa situation initiale, puis à l’avenir de suivre les évolutions et d’apprécier au plus juste l’efficacité du système d’économie d’eau mis en place.

Pour en savoir plus :
- Rapport « L’eau et usages en Poitou-Charentes »
- Les usages de l’eau en chiffres, sur le site du C.I.Eau (Centre d’Informations sur l’Eau)

Deuxième étape : quelles actions mettre en œuvre pour faire des économies d’eau ?

Deux types d’actions d’économies d’eau existent :
- les actions passives résultant de l’installation, la modification d’équipements en place,
- les actions actives consistant principalement à l’information et à la sensibilisation des individus.

Inventaire des acteurs et des secteurs d’économies d’eau
Acteurs Secteurs Actions d’économies d’eau
.Collectivités : Conseil régional, Conseils généraux, Communes et E.P.C.I.
.Gestionnaires de bâtiments administratifs publics et privés
.Bailleurs publics et privés
.Exploitants d’établissements touristiques
.Particuliers
.Etablissements scolaires : écoles, collèges, lycées
.Habitat collectif : Cités universitaires, foyers, H.L.M., maisons de retraites
.Equipements sportifs : stades, gymnases, piscines (soumis à des contraintes sanitaires telles que toute action de réduction des consommations est de ce fait inapplicable)
.Etablissements touristiques : campings, hôtels.
.Etablissements de santé : hôpitaux, cliniques, etc.
.Bâtiments administratifs
.Espaces verts
.Voiries
.Aides aux particuliers
Passives : avec du matériel adaptable sur l’existant ou en remplacement, impact en majorité à très court terme voire à moyen terme
- réduction de pression si la pression est supérieure à 4bars
- réparation de fuites
- équipement hydro-économe des sanitaires
- optimisation des équipements d’arrosage
- Nouvelles conceptions d’espaces verts
- Recyclage ou réutilisation des eaux de refroidissement ou de piscine
- Réservoirs eaux pluviales
- …
Actives : sensibilisation / information des usagers, mobilisation des personnels municipaux et des gestionnaires d’équipements (formation), nouvelles pratiques, impact à court terme et à plus long terme, suivi des consommations, diagnostic des installations et identification des anomalies …

Pour les collectivités ainsi que pour les structures gérant les habitats collectifs, le potentiel d’action est important :

Champs d'action des collectivités pour les économies d'eau

Dans l’habitat, l’essentiel des améliorations est obtenu par le recours à des équipements hydro-économes tels que les mousseurs et les réducteurs de pression, les mitigeurs et robinets thermostatiques, les chasses d’eau économes, les douchettes économes.
En complément, il peut être envisagé la suppression des systèmes à eau perdue utilisés pour les climatiseurs et les chambres froides, la récupération d’eau de pluie pour l’arrosage [2] ou les sanitaires, la réutilisation d’eau usée en sortie de station d’épuration1 …
cf. la fiche R.P.D.E. « Les actions en faveur des économiques d’eau en Poitou-Charentes : les économies d’eau dans les bâtiments »

A l’extérieur (voirie, espaces verts), les économies d’eau passent principalement par une gestion raisonnée de l’eau (adaptée aux besoins) et à l’utilisation d’une ressource alternative (eau de pluie ou eau recyclée).
Dans certains pays et en émergence en France, l’utilisation de l’eau de pluie est recherchée pour se substituer à l’eau potable pour les activités d’arrosage, de lavage de voitures.
cf. la fiche R.P.D.E. « Les actions en faveur des économiques d’eau en Poitou-Charentes : les économies d’eau en extérieur (espaces verts, voiries) »
cf. la fiche R.P.D.E. « Les actions en faveur des économiques d’eau en Poitou-Charentes : les solutions alternatives (eau de pluie et recyclage) »

Certaines collectivités proposent des aides financières soit aux collectivités présentes sur son territoire, soit aux particuliers.

Pour les agences de l’eau, les actions sont passives c’est-à-dire qu’elles consistent en une aide financière auprès des exploitations agricoles, des industriels.

Troisième étape : choix des actions et conditions de réussite

La mise en œuvre d’actions de réduction des consommations d’eau potable se base sur une analyse des différents scénarii possibles. En effet, suivant les possibilités techniques et le coût financier, l’analyse permettra de choisir l’action la mieux adaptée au projet.

Une fois la démarche retenue, le suivi est assuré par le biais de tableaux de bord plus ou moins sophistiqués, dès que l’action est initiée, afin de commencer à constituer l’historique des consommations.

Des marges de progressions demeurent, telles que les besoins de réglage (débit à ajuster), l’entretien et le remplacement du matériel, l’évolution des usages (changement d’affectation des bâtiments publics, des horaires d’ouverture, suivant la saison, etc.).
C’est pourquoi les progrès réalisés doivent être entretenus et continus (importance d’associer les utilisateurs, de les sensibiliser). La démarche doit être vue dans la globalité et s’inscrire dans la durée.

Source / Pour en savoir plus :
Etude « économie d’eau », rapport n°3 Fiches argumentaires pour des actions de maîtrise des consommations d’eau, sept. 2005, Office International de l’Eau, Agence de l’Eau Loire-Bretagne.

Les conditions de réussite

La réussite repose sur 3 facteurs : humain (implication de l’utilisateur, volonté de la démarche), financier et technique.

Le recensement des actions menées par les 11 structures a mis en évidence certaines limites au niveau des actions qui ont pu être prises en Poitou-Charentes :
- les actions d’économies d’eau s’intègrent pour certains acteurs dans une démarche environnementale globale. En effet, en terme d’aménagements des locaux, la priorité est donnée aux économies d’énergie ;
- la multiplicité des interlocuteurs et le manque de communication entre les différents services sur les actions menées ;
- la multiplicité des acteurs sur un domaine (exemple : l’intervention sur le réseau d’eau potable peut être fait par la commune et/ou un syndicat des eaux) ;
- le manque de communication auprès du public des actions menées pour certains acteurs et l’absence d’échange d’expérience ;
- l’installation de récupérateur d’eau pluviale est limitée par le coût financier dans le cadre d’un réaménagement (surface au sol disponible…) notamment pour des volumes importants (cuve enterrée) ;
- la diversité des produits hydro-économes permet une installation quasi-systématique (choix, prix, normes…) ;
- l’installation d’équipements hydro-économes nécessite un suivi (réglage du débit…) et peu être mal perçu par les utilisateurs par manque d’information (programmation…) ;
- les tableaux de bord de suivi des consommations d’eau ne sont pas systématiquement mis en place dans le cadre d’un projet d’économie d’eau
- la non-connaissance de la consommation d’eau des différents postes ;
- l’arrêté du 21 août 2008 réglementant l’utilisation de l’eau de pluie va permettre d’encadrer les actions en projet (vide réglementaire qui a eu pour effet de suspendre certains projets).

Quels sont les potentiels de réductions de la consommation d’eau ?

Economiser l’eau, ou du moins ne pas la gaspiller, est une affaire de tous. Les potentiels de réduction sont variables suivant l’action menée et le type d’équipements choisis.

Potentiels de réductions de la consommation en eau des principaux secteurs
Consommation moyenne Potentiel de réduction Coût indicatif
Ecoles primaires Conso. moy. de référence : 3m3/élève/an, soit 16L/élève/jour pour 180 jours d’école. Moy. estimée : 20% (15%-37%), soit 0,6 m3/élève/an (1 m3=2,80€) 371 boutons poussoirs dans les écoles de Rennes : 17700 € (48€ par système), baisse des consommations de 33% 2/3 des opérations menées auraient un temps de retour inférieur à 6 mois.
Collèges 3,8m3/élève/an (prise en compte de la restauration, pas d’internat) Moy. estimée : 20% soit 0,76m3/élève/an, soit 2,10€/élève/an (base moyenne dans le bassin Loire Bretagne : 1m3=2,80€) Titre indicatif : 14000 €/lycée pour un investissement en matériel hydro économe et la pose de compteurs divisionnaires.Temps de retour moyen : 6 ans. 2/3 des opérations menées auraient un temps de retour inférieur à 6mois
Stades Lycée mixte général / technique : 3,6 m3/élève/an (internat : 4,1 m3/élève/an, sans internat : 2,6 m3/élève/an) Lycée professionnel : 6,1 m3/élève/an (internat : 6,5 ; sans internat : 3,9) Moy. Estimée : 20% pour l’enseignement général et 25% pour l’enseignement professionnel Soit 2 à 4,2€/élève/an (1 m3=2,80€)
Lycées Stade traditionnel (12 ou 14 douches) : 3000m3/an (1000 m3/an pour l’utilisation des vestiaires et des douches, 2000 m3/an pour l’arrosage) Moy. Estimée : 20% Potentiel peut être plus important (jusqu’à 65%) Variable : de 538 € à 6445 € pour une baisse respective de la conso. De 30 à 24% Temps de retour estimé de 4 à 10 mois.
Campings Camping 200 emplacements et équipement modéré : 140L/personne Camping 200 emplacements et nombreux équipements : 200L/personne. 10 à 20 % En moy. 20% soit 15 m3/logement/an NB : estimation des fuites 15 à 25% des consommations domestiques, 40% des WC auraient des fuites intermittentes, 20% des fuites au mauvais entretien des ballons d’eau chaude, …
Habitat collectif 1200 à 1600€ pour l’installation de matériel hydro économe (cas des 2 campings) Temps de retour : 6 à 10 mois d’ouverture. 80 m3/logement/an Variable (climat, surfaces, végétation, …) Exemple : Saint Maixent l’Ecole : 3,5 m3/hab./an Nantes : 1,4 m3/hab./an
Espaces verts Potentiel important et variable Exemple : Lorient a diminué de 97% la consommation d’une fontaine à eau perdue en mettant un circuit fermé. Nancy a réduit la consommation de 25% en 3 ans Variable Dans 90% des cas, le temps de retour est inférieur à 2 ans. Il bénéficie seulement à l’occupant. 14,3 m3/emploi/an
Bâtiments administratifs Estimation : 20% - -
Source : issue de l’étude sur les économies d’eau dans le bassin Loire-Bretagne, 2005, OIEau

Certaines structures sont limitées dans leurs actions d’économie d’eau du fait des contraintes sanitaires (exemple : hôpital, restauration collective…). Pour d’autre, l’économie peut atteindre 100% dans le cas d’une utilisation d’eau recyclée ou d’eau de pluie.

Pour en savoir plus :
Etude « économie d’eau », rapport n°3 Fiches argumentaires pour des actions de maîtrise des consommations d’eau, sept. 2005, Office International de l’Eau, Agence de l’Eau Loire-Bretagne.
« Vivons l’eau " Guide pratique pour une utilisation rationnelle de l’eau destiné aux particuliers, professionnels et gestionnaires », 2002, W.W.F. Belgique
Cadre réglementaire :

- Circulaire du 22 juillet 1991 présentant les recommandations du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France concernant l’utilisation des eaux résiduaires urbaines pour l’arrosage des espaces verts et des cultures.
- Arrêté du 21 août 2008 sur les modalités d’utilisation de l’eau de pluie
- La loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 : article 49 sur le crédit d’impôt relatif au coût des équipements de récupération et de traitement des eaux pluviales.
Bibliographie / liens Internet utilisés :
- Agence de l’eau Loire Bretagne
- Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable
- Bilan « L’eau et ses usages en Poitou-Charentes »
- W.W.F. Belgique
- Guide méthodologique pour l’analyse et la réduction des consommations dans les établissements tertiaires, 2005 Centre Régional de l’Eco-énergétique d’Aquitaine
- Site Internet de la Commission Locale de l’Eau du SAGE Nappes profondes de Gironde sur le conseil et l’échange d’expérience en matière d’économie d’eau
- Guide sur les économies d’eau dans les bâtiments et espaces publics, réalisé par l’Etablissement Public du Bassin de la Vienne. Ce guide s’adresse principalement aux administrations, aux services publics, aux collectivités et autres structures publiques et parapubliques désireuses de maîtriser leur consommation en eau
- Inventaire des matériels hydro-économes, Centre Régional de l’Eco-énergétique d’Aquitaine (CREAQ), juin 2005
- Petit guide des matériels pour économiser l’eau (4 pages), Centre Régional de l’Eco-énergétique d’Aquitaine (CREAQ) :

Liens vers les autres dossiers régionaux du RPDE :
- Les actions en faveur des économies d’eau en Poitou-Charentes : les économies d’eau dans les bâtiments
- Les actions en faveur des économies d’eau en Poitou-Charentes : les économies d’eau en extérieur (espaces verts, voiries)
- Les actions en faveur des économies d’eau en Poitou-Charentes : la recherche des fuites et le suivi des consommations
- Les actions en faveur des économies d’eau en Poitou-Charentes : les solutions alternatives (eau de pluie et recyclage)

Pour en savoir plus sur l’enquête : contacter l’Observatoire Régional de l’Environnement Poitou-Charentes

Notes

[1] Le compteur divisionnaire se situe en aval d’un compteur principal. Il est destiné à détailler et calculer une consommation en particulier (les différents logements d’un immeuble, un point d’arrosage, etc.).

[2] Ces procédés ne peuvent toutefois être mis en œuvre qu’avec l’accord de la DDASS.

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