Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
Accueil du site > Rapport thématique Eau potable > Les besoins en eau potable de la population de Poitou-Charentes

Les besoins en eau potable de la population de Poitou-Charentes

Rapport thématique Eau 2002 Eléments extraits du rapport "Qualité des ressources en eau et production d'eau potable : la situation en Poitou-Charentes", réalisé en 2002 par le Comité Régional de l'Environnement (CRE), dans le cadre des Secondes Assises de l'Eau de Poitou-Charentes.

Sommaire :
Une population permanente de 1 640 000 habitants caractérisée par …
… sa croissance mesurée …
… ses migrations …
… et dont on peut esquisser divers portraits dans 30 ans
Une population touristique caractérisée par …
… sa concentration en certains sites et une forte saisonnalité …
… exerce une pression sur l’environnement
Des activités économiques utilisatrices d’eau potable
Les besoins quotidiens en eau potable
Quelle est la consommation … actuelle ?
Quelle est la consommation … en pointe ?
Quelle est la consommation … à prévoir ?

Une population permanente de 1 640 000 habitants caractérisée par …

… sa croissance mesurée …

La région Poitou-Charentes en chiffres, c’est :
- 25 809 km2, soit 4,7% de la superficie nationale, soit la 11e région française,
- 1 640 068 habitants en 1999, soit une évolution de +2,8% depuis 1990, soit 2,7% de la population française (15e région française),
- 1 465 communes,
- 1 espace maritime :
- 440 km de côtes sur la façade atlantique, y compris les îles,
- 4 îles : Oléron (106,2 km²), Ré (43,6 km²), Aix (1,19 km²), Madame (0,8 km²).
- 4 départements de superficie presque égale, dont le plus densément peuplé est la Charente-Maritime (17).

Poitou-Charentes fait partie des principales régions attractives françaises, avec une augmentation de près de 45 000 habitants en neuf ans, soit une augmentation annuelle de 0,3%. Ce taux classe la région au 10e rang des régions françaises (pour l’augmentation), derrière le Centre, mais devant l’Ile de France.
La Charente-Maritime, département le plus peuplé, enregistre depuis 50 ans une forte progression de sa population, de même que la Vienne. La Charente et les Deux-Sèvres ont enregistré une légère baisse de leur population depuis 1990.
Enfin, le peuplement de la région s’est fait autour des voies d’eau.

… ses migrations …

Cet accroissement de la population de Poitou-Charentes est principalement dû à des arrivées plus nombreuses que les départs. Seules les Deux-Sèvres et surtout la Vienne ont un solde naturel [1] positif.

La population âgée de moins de 40 ans est en diminution alors que le nombre d’habitants plus âgés augmente. En conséquence, la population de la région vieillit. Ce fait est encore plus accentué dans les zones rurales, loin des villes, et dans les zones littorales.

En revanche, de plus en plus de jeunes effectuent des études supérieures en Poitou-Charentes. Alors qu’ils étaient 13 000 il y a 20 ans, ils sont aujourd’hui 2,3 fois plus nombreux. La croissance des effectifs s’est cependant tassée depuis 1995.

… et dont on peut esquisser divers portraits dans 30 ans

Une étude de l’INSEE réalisée en 2001 propose divers scénarios tendanciels d’évolution de la population de Poitou-Charentes d’ici 2030. Ces projections sont établies sur la base des évolutions constatées par le passé. Ainsi les scénarios étudiés sont basés sur :
- maintien des tendances passées : la fécondité est celle de 1999, la mortalité est celle constatée dans la région, qui évolue à la baisse, et les migrations sont calculées à partir de celles observées de 1982 à 1999.
- sans migration : le scénario est celui du maintien des tendances passées, mais en supposant qu’il n’y ait pas de migrations. Cette hypothèse est improbable, car la région Poitou-Charentes est l’une des plus attractives de France.
- fécondité haute : le scénario est celui du maintien des tendances passées, mais avec une fécondité haute.
- fécondité basse : le scénario est celui du maintien des tendances passées, mais avec une fécondité basse.
- maintien des migrations récentes : c’est le scénario le plus élaboré. Il reprend celui du maintien des tendances passées, mais il utilise les migrations constatées entre 1990 et 1999, plus importantes que celles de 1982 à 1990.

Suivant les différents scénarios, les niveaux de population atteints en 2030 sont différents, ainsi que les structures par âge.

Tableau de projections de la population picto-charentaise par âge d’ici 2030.

Ces projections ne donnent pas de manière exacte la population en 2030, mais en informant sur des devenirs possibles, elles permettent de mieux se représenter l’avenir et de le préparer.

Une population touristique caractérisée par …

… sa concentration en certains sites et une forte saisonnalité …

Le Poitou-Charentes compte près de 100 000 résidences secondaires en 1999, soit 14 500 de plus depuis 1990, et soit le double d’il y a 30 ans. Les 3/4 d’entre elles sont situés sur le littoral, mais elles sont également nombreuses dans les vallées touristiques telles les vallées de la Charente, de la Vienne, de la Gartempe, et les villes chefs-lieux.

Le département de la Charente-Maritime recense 72% du parc picto-charentais de résidences secondaires. En effet, le phénomène de concentration dans les communes du bord de mer s’est accéléré entre 1990 et 1999.

Près de 25% des résidences secondaires sont recensées dans les communes traversées par une rivière. En première position arrive la vallée de la Dronne, puis sont répertoriées la vallée de la Creuse et les vallées de l’Anglin, de la Gartempe, de la Charente, les vallées de l’Autize, de la Sèvre Niortaise et du Mignon, et celle de la Dive.

… exerce une pression sur l’environnement

L’ampleur des impacts de la fréquentation touristique sur le littoral résulte des concentrations des flux touristiques sur une courte période, et des capacités d’accueil sur des espaces réduits. Les communes d’accueil doivent alors être en mesure d’assurer, dans des conditions satisfaisantes, les services de distribution d’eau potable, de dépollution des eaux usées avant rejet en mer et de collecte (et d’élimination) des ordures ménagères, mais aussi d’accueil de publics d’origines diverses et aux pratiques de vie variées, dans des conditions d’hygiène des locaux irréprochables.

Les tendances lourdes croissantes du tourisme devraient encore bénéficier de la diminution de la durée du temps de travail et d’une demande accrue des loisirs. Cependant, la question d’une saturation des sites en raison de la saisonnalité commence à se poser. Les conséquences d’une surfréquentation sont déjà visibles sur la qualité des sites et leur maintien en état (protection des dunes, des zones sensibles, ...) ainsi que sur les interactions locales entre différentes activités exclusives ou difficilement compatibles sur un même espace (ostréiculture et navigation de plaisance, baignade et activités nautiques, ...).

Des activités économiques utilisatrices d’eau potable

Il s’agit de toutes les activités économiques (industries agroalimentaires, élevages) pour lesquelles l’eau est utilisée pour la fabrication, la transformation, la conservation ou la commercialisation de produits ou de substances, destinés à la consommation humaine, qui peuvent affecter la salubrité de la denrée alimentaire finale, y compris la glace alimentaire d’origine hydrique (cf. article premier du décret n°2001/1220 du 20 décembre 2001).

En Poitou-Charentes, les Industries Agroalimentaires potentiellement consommatrices d’eau potable sont, en particulier, les industries relatives à la production de viande, de fruits et légumes, de produits laitiers, de pâtisseries ou de plats industriels.

Carte des industries agroalimentaires potentiellement consommatrices d’eau potable en Poitou-Charentes en 2002

La tranche d’effectif salarié est un moyen de caractériser la taille des industries pour un même secteur d’activités. La carte suivante permet de donner une idée de la localisation des pressions potentielles mises par les industries agro-alimentaires sur la ressource en eau destinée à la production d’eau potable.

A noter :
Les industries relatives à la production de boissons alcoolisées (type cognac) ne sont pas représentées, cependant, l’eau utilisée pour le lavage de bouteilles doit également être de qualité potable.

Les besoins quotidiens en eau potable

Quelle est la consommation … actuelle ?

Rappel : 1m3 = 1 000 litres

Les besoins en eau potable pour la consommation essentiellement domestique en France sont estimés entre 110 et 150 litres d’eau/hab./j..

De fortes disparités existent encore entre les secteurs ruraux (moyenne entre 90 et 100 litres/hab./j.) et les secteurs urbains (moyenne entre 140 et 150 litres/hab./j.), mais elles ont tendance à se combler. En effet, le monde rural, en dehors de besoins en eau plus importants pour ses activités professionnelles, est moins consommateur d’eau que le milieu urbain. Ce constat s’explique par un recours plus fréquent à l’utilisation de l’eau des puits privatifs, ainsi que par une présence souvent moindre d’éléments de confort domestique.

Le niveau des revenus influe aussi sur les consommations : les personnes à revenu modeste utilisent en moyenne 90 litres d’eau par jour et par personne. Plus le niveau de vie est élevé, plus la consommation d’eau augmente.

Dans les zones touristiques, il faut faire face aux pics de consommation qu’entraîne la présence de nombreux touristes en saison. Les installations sont donc conçues pour alimenter une population plus nombreuse que la population permanente.

Cependant, il faut signaler que l’usage domestique comprend l’utilisation de l’eau non seulement pour la boisson, mais aussi pour la préparation des repas, le lavage, les soins d’hygiène, l’évacuation des déchets organiques, les plantes vertes, les jardins privés et les animaux domestiques. Pour tous ces usages, chez l’habitant, un seul robinet fournit une eau de qualité potable. En effet, lors de la mise en place de l’eau courante, il a été jugé préférable, d’une part d’éviter l’installation de deux réseaux parallèles et d’autre part, de supprimer le risque de confusion entre les deux types d’eau (risque d’utiliser l’eau non-potable pour la boisson).

Une douche consomme en effet 60 à 80 litres d’eau, un bain 150 à 200l, le lave-linge 90l, la chasse d’eau 10 à 20l. 5l par jour sont nécessaires à l’Homme pour survivre, 40 à 50l pour satisfaire ses besoins minima d’alimentation et d’hygiène.

Schéma des répartition de consommations au foyer par usage

Avec l’évolution du coût de l’eau courante, certains usages domestiques tel que l’arrosage de jardin sont parfois remis en question. Ainsi, afin de réduire une note d’eau élevée, certains jardiniers amateurs mettent en place des systèmes de stockage de l’eau de pluie.

Une enquête réalisée par l’IFEN et le S.C.E.E.S. du Ministère de l’Agriculture pour l’année 1998 montre que les volumes d’eau facturés « France entière » atteignent 4 200 millions de m3 dont 575 millions de m3 pour les « gros consommateurs » (industriels, artisans, commerces, hôtels, collectivités ...). La consommation moyenne par habitant « petit consommateur » est donc d’un peu plus de 60 m3 par an soit 60 000 l/an/habitant.

On décompte d’après l’enquête 21 millions d’abonnés, dont 165 000 gros consommateurs. Le volume moyen facturé par abonné (« gros consommateurs » compris) est de 198 m3/an. Il est croissant avec la population des communes puisqu’on compte souvent un seul abonné pour un immeuble collectif. Ainsi, la moyenne va de 130 m3 par abonné de communes de moins de 400 habitants à 433 m3 pour les villes de plus de 50 000 habitants. Finalement le volume moyen de résidence principale desservie (172 m3) est un indicateur beaucoup plus stable d’une commune à l’autre que le volume moyen par abonné.

Camembert des volumes d’eau potable mis en distribution en France en 1998

En Poitou-Charentes, 155 millions de mètres-cubes d’eau ont été prélevés en 2000 pour l’alimentation en eau potable, soit environ 36% des prélèvements globaux d’eau de la région.

La valeur moyenne journalière des prélèvements en Poitou-Charentes est de 425 000 m3/j. En Charente-Maritime, cette valeur est de 137 000 m3/j.

Pour en savoir plus : le bilan Eau et Usages > Usage domestique

Quelle est la consommation … en pointe ?

Les conséquences de l’affluence touristique concernent principalement le département de Charente-Maritime.

Tableau des chiffres clés de la population de Poitou-Charentes en 1999 (en habitants)

En effet, en 1999, la population sédentaire du département de Charente-Maritime est de 556 000 personnes. Elle est estimée à 590 000 pour 2010. Parallèlement, les prévisions estiment que la population estivale passera de 667 000 personnes en 1993 à plus de 760 000 en 2010.

Diagramme des populations sédentaire et saisonnière en 2000 en Poitou-Charentes, par département

Cette fréquentation estivale provoque des pointes de production journalières pour l’eau potable :
- en 1991, la pointe journalière s’élevait à 260 000 m3/jour ;
- en 1993, la pointe journalière s’élevait à 253 000 m3/jour ;
- pour 2010, il est envisagé que cette pointe atteigne 290 000 m3/jour.

Ainsi, la consommation journalière en pointe est 2 à 3 fois plus élevée que la consommation moyenne habituelle.

Or en Charente-Maritime, la production annuelle d’eau potable, estimée à 50 millions de mètres cubes (source : DDASS de Charente-Maritime), est répartie entre les eaux de surface provenant de la Charente et des barrages de Vendée (environ 15 millions de m3) et les eaux souterraines (environ 35 millions de m3) prélevées dans les nappes du département. C’est donc sur ces ressources qu’une pression est exercée.

Le dimensionnement des ouvrages de production et des réseaux primaires d’adduction est continuellement ajusté pour faire face à ces pointes estivales (juillet et août) qui croissent d’année en année.

Quelle est la consommation … à prévoir ?

Les projections réalisées par l’INSEE donnent diverses estimations de la population en 2030. La population totale sera au moins équivalente à celle de 1999 (à 20 000 habitants près), et au maximum augmenterait de 6,5%. Des scénarios d’évolution parallèle de la consommation d’eau potable pourraient être étudiés.

En effet, il serait intéressant, à partir de ces projections et de la connaissance du transfert des nitrates en cours dans les eaux souterraines, de pouvoir prévoir des lieux où des pressions importantes (démographiques, contamination de nappes) s’exerceront sur l’eau destinée à la consommation humaine. Cela permettrait de mieux se représenter l’avenir, suivant divers scénarios possibles, et d’anticiper par des mesures adéquates de prévention.

Notes

[1] Solde naturel = naissances - décès

Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé