Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Les dépenses pour l’eau embouteillée

Rapport thématique Eau 2002 Eléments extraits du rapport "Qualité des ressources en eau et production d'eau potable : la situation en Poitou-Charentes", réalisé en 2002 par le Comité Régional de l'Environnement (CRE), dans le cadre des Secondes Assises de l'Eau de Poitou-Charentes.

La pollution de l’eau est l’une des préoccupations environnementales majeures des Français (enquête annuelle « Conditions de vie et aspirations des Français » menée par le Credoc, à la demande de l’IFEN et des Agences de l’eau auprès de 2000 personnes). 86% des personnes interrogées « sont assez ou très inquiètes pour la pollution des nappes souterraines » et 80% « pour les rivières et les lacs ». 60% considèrent que « la qualité des rivières et des lacs s’est dégradée par rapport à il y a dix ans ».

En parallèle, les Français ne sont plus que 58% à déclarer boire l’eau du robinet en 2000, contre 72% un an plus tôt. Principale raison de cette désaffection, le goût de l’eau, jugé « mauvais » par 45% de non-buveurs d’eau du robinet, et la dureté de l’eau, estimée « trop calcaire » pour 23%. « Ce jugement sur le mauvais goût est susceptible de révéler des inquiétudes quant à la qualité sanitaire » remarque l’IFEN. Pourtant, les raisons sanitaires ne représentent paradoxalement pour cette catégorie qu’une faible préoccupation : 13% déclarent ne pas boire l’eau du robinet, « par crainte des maladies ou des risques sanitaires », 10% « par crainte de produits toxiques ». A noter que ces taux ont doublé depuis 1989.

La conséquence directe de ce rejet est l’explosion des ventes d’eau en bouteille, en particulier des eaux de source [1], dont la consommation moyenne a augmenté de 30% en moins de 10 ans (77 litres par an par personne en 1991, contre 100 litres aujourd’hui). De plus les personnes s’habituent progressivement à consommer de l’eau en bouteille, sur leur lieu de travail, au restaurant, ... (l’eau en bouteille est la boisson exclusive à table de 39% des Français) et renoncent de ce fait à consommer l’eau du robinet (phénomène d’accoutumance, goût, ...). La moyenne de consommation par habitant en France est de 37 litres par an. Le chiffre d’affaires actuel de ce secteur est d’environ 1,6 milliards de francs et de grands groupes commerciaux développent une politique visant à racheter ou à installer des forages pour embouteiller l’eau captée.

Par des questions parlementaires notamment, mais aussi à travers le débat de la toxicité des nitrates pour la santé humaine, l’idée qu’il suffirait de boire de l’eau en bouteille pour éviter les investissements nécessaires à la distribution d’eau de qualité, est souvent évoquée. C’est évidemment une stratégie qui, pour les Ministères chargés de la Santé et de l’Environnement, constituerait une régression vis-à-vis de la santé publique mais aussi de la qualité de la ressource en eau, équivalente en quelque sorte à une démission.

L’alternative que présente l’eau en bouteille a des conséquences socio-économiques et environnementales importantes et encore mal connues. Or, il est important que chaque consommateur puisse disposer d’une eau de qualité à un prix raisonnable. C’est pourquoi le recours à l’eau embouteillée pourrait concourir à une discrimination des familles défavorisées ou éloignées d’un lieu d’achat. Il semble qu’une condition sociale défavorisée puisse être, dans certains cas, un obstacle à la consommation d’eau de qualité.

En effet, le coût moyen d’une eau de source s’établit pour le consommateur à 0,70 F/l pour la moins chère, soit 44 fois le prix de l’eau du robinet, soit près de 1 000 F/m3 pour une eau à 1F le litre. Quant aux eaux minérales ou gazeuses (autres que de source), elles sont beaucoup plus chères, de 3 à 4,50 F/l ou plus, soit près de 200 fois le prix de l’eau au robinet. De plus, la consommation d’une eau minérale unique fortement concentrée en tel ou tel minéral peut entraîner à contrario un déséquilibre dans l’organisme.
(Sources : Commissariat Général au Plan - « La politique de préservation de la ressource en eau destinée à la consommation humain », article des Echos - « les Français préfèrent l’eau en bouteille à l’eau du robinet » - 07 août 2000)

Faut-il filtrer l’eau du robinet avant de la boire ?

(...) Selon une enquête récente de l’institut Ipsos sur « les Français et le goût de l’eau du robinet », seulement 37% des personnes interrogées déclarent boire l’eau du robinet (...). On lui reproche sa forte teneur en calcaire, son mauvais goût, son odeur de chlore.
Il existe pourtant une solution : la filtration. Les fabricants proposent deux systèmes : les carafes et les filtres à poser directement sur le robinet. (...) On peut traiter 150 litres environ, avant renouvellement du filtre de la carafe. Quant au filtre du robinet, il peut fonctionner jusqu’à 750 litres.
(...) L’eau filtrée consommée coûte 20 à 25 centimes de plus. Seuls 3% des ménages français en sont équipés.
(...) Les carafes filtrantes ont beau supprimer le mauvais goût et rendre inutile le détartrage des appareils ménagers, la rigueur nécessaire dans l’entretien de la carafe est trop pesante pour autoriser un usage généralisé. (...)

L’offre : -** les carafes : le contenant des carafes filtrantes varie de 1,8 à 2 litres, pour un coût moyen de 200F (30,49EUR). Les cartouches, de 40 à 50F pièce (6,10 à 7,62EUR) permettent de filtrer une centaine de litres. -** les filtres sur robinet : leur capacité peut aller jusqu’à 750 litres, pour 350F (53,36EUR) et 150F (22,87EUR) par cartouche. Le coût des recharges peut aller de 170 à 240F (26 à 36,59EUR).

Source : Le Monde, 09 mai 2001

Notes

[1] Contrairement à l’eau minérale, ruche en minéraux et présentant des "vertus" particulières, la dénomination "eau de source" recouvre de l’eau respectant simplement les valeurs paramétriques imposées par la réglementation européenne sur l’eau du robinet.

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