Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Les éléments indésirables présents naturellement dans les eaux en Poitou-Charentes

Rapport thématique Eau 2002 Eléments extraits du rapport "Qualité des ressources en eau et production d’eau potable : la situation en Poitou-Charentes", réalisé en 2002 par le Comité Régional de l’Environnement (CRE), dans le cadre des Secondes Assises de l’Eau de Poitou-Charentes.

La qualité "naturelle" des eaux souterraines en Poitou-Charentes

L’eau dans la nature est un milieu vivant qui se charge très rapidement, au contact des milieux qu’elle traverse, de divers éléments plus ou moins désirables du point de vue de l’Homme.

Ainsi, l’eau à l’état naturel (eau brute), superficielle ou souterraine, contient :
- des matières dissoutes provenant des terrains traversés (calcium, magnésium, sodium, potassium, bicarbonates, sulfates, chlorures, métaux lourds, …) : le contact de l’eau avec les gisements minéraux peut, par érosion ou dissolution, engendrer des concentrations inhabituelles en certains éléments,
- des particules d’argiles en suspension qui forment une surface susceptible d’attirer et de fixer des bactéries et des molécules diverses,
- des bactéries : dans les eaux superficielles, sous l’effet du soleil, de l’oxygène ou de la chaleur, une prolifération bactérienne ou alguale peut se développer.
- des matières organiques provenant du cycle de décomposition des végétaux et des animaux.

Lorsque des changements d’équilibre physique se produisent au sein de l’aquifère, liés par exemple à une augmentation des prélèvements en eau entraînant des déprssions ponctuelles ou permanentes, les équilibres chimiques peuvent se modifier également et la dissolution d’éléments indésirables dans l’eau s’accentuer. Certaines eaux peuvent ainsi devenir de plus en plus chargées en éléments indésirables, jusqu’à devenir inexploitables pour l’eau potable, en l’état actuel des normes en vigueur.

Ces phénomènes peuvent concerner notamment le fluor, le sélénium et l’arsenic en Poitou-Charentes.

Carte de la Qualité naturelle des eaux souterraines en 2001

Le fluor

Le fluor se trouve en quantité décelable dans la plupart des aquifères. En Poitou-Charentes, il se retrouve essentiellement dans les eaux issues de l’aquifère Infra-Toarcien, ainsi que, dans des proportions moindres, dans les sables Cénomaniens du nord de la Vienne et localement dans les eaux de l’Oxfordien.

Diagramme des teneurs en fluor en mg/l dans les eaux de l’Infra-Toarcien (statistique sur 67 ouvrages)

La quasi-totalité des eaux de l’Infra-Toarcien possède des teneurs en fluor relativement élevées. Ces taux élevés seraient liés à l’interaction entre les eaux et les niveaux phosphatés des formations Toarciennes qui constituent le toit de l’aquifère. Géographiquement les teneurs semblent plus faibles lorsque la nappe est libre, c’est à dire lorsque le toit du Toarcien disparaît. L’existence dans l’aquifère Infra-Toarcien, d’un écoulement essentiellement lent (percolation à travers le Toarcien phosphaté) et localement d’un écoulement rapide (Est des Deux-Sèvres) avec lessivage de la base du Toarcien phosphaté dans les zones plus ou moins karstifiées, est envisageable.

Le fluor, en certaines quantités, peut devenir indésirable pour l’Homme. En effet, si son absorption en faible quantité détermine une action préventive sur la carie dentaire, au-delà d’un certain seuil, cet élément devient toxique en étant responsable de fluoroses [1] (dentaires, voire osseuses ou articulaires). C’est pourquoi les normes de potabilité imposent une teneur maximale de 1,5 mg/l de fluor pour les eaux de consommation.

Le sélénium

En Poitou-Charentes, le sélénium se retrouve principalement dans les aquifères de la Vienne. Généralement, les fortes concentrations naturelles de sélénium se rencontrent dans les aquifères en relation avec des dépôts continentaux, fluviatiles, des altérites et des dépôts détritiques issus du démantèlement des massifs granitiques (le sélénium étant souvent associé à l’uranium).

Dans la Vienne, une campagne de prélèvements a été réalisée en 1997 par la DDASS sur toutes les ressources du département avec une recherche systématique du sélénium. Sur plus de 300 analyses réalisées, 12 captages et 8 unités de distribution (U.D.I.) présentaient des concentrations supérieures à la norme actuelle en vigueur (extrait du rapport de la DDASS de la Vienne service Santé-Environnement " Compte rendu de la commission pour la protection des captages d’eau potable du 26/05/1998).
Les concentrations en sélénium sont cependant variables.

Tableau des concentrations en sélénium dans la Vienne en 1997

La présence de sélénium dans les eaux souterraines à des concentrations supérieures à la norme en vigueur pour les eaux potables (10 µg/l) est un problème rencontré dans plusieurs régions de France. Le sélénium est classé comme un produit toxique. Il a cependant un rôle ambivalent chez l’homme : oligo-élément essentiel, il présente des potentialités toxiques pouvant aller jusqu’à des affections neurologiques au-delà d’un certain seuil. L’origine de la présence de sélénium dans les eaux de captage peut être multiple : sources hospitalière, industrielle, naturelle, épandage de boues issues de stations d’épuration, engrais séléniés.

Les plus fortes concentrations mesurées (comprise entre 30 et 60 µg/l) ont été observées au-dessus des nappes exploitées pour les ressources thermales de La Roche-Posay. L’exposition au sélénium par voie hydrique avait été alors jugée par le Réseau National de Santé Publique comme ne semblant pas constituer un risque significatif pour la population concernée. Il s’agirait dans ce cas d’une origine naturelle liée à la percolation des eaux à travers des lithofaciès [2] caractéristiques d’un milieu de dépôt continental, fluviatile ou d’un profil d’altération (sables et graviers plus ou moins argileux, organiques à restes de végétaux -lignite, bois fossiles-).

L’arsenic

L’arsenic est présent naturellement dans tous les milieux qui constituent l’environnement. Il est généralement rencontré sous la forme de composés de soufre et de nombreux métaux (cuivre, cobalt, plomb, zinc, etc.). Dans l’eau, il se présente sous forme inorganique.
En 2000, de l’arsenic était retrouvé dans le sud de la Vienne. Cette pollution concerne 1% de la population du département (Source : rapport de la DDASS de la Vienne service Santé-Environnement " Compte rendu de la commission pour la protection des captages d’eau potable du 26/05/1998).

Notes

[1] Surexposition au fluor, entraînant l’apparition inesthétique de tâches blanches sur les dents

[2] En géologiqe, on appelle faciès une catégorie dans laqualle on peut classer une roche ou un terrain, et qui se définit à partir d’un ou plusieurs caractères lithologiques (lithofaciès) ou paléonthologiques (biofaciès).

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