Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Nappes

(Extraits du bilan L’eau et ses usages en Poitou-Charentes)

Répartition de l’eau dans le sous sol

La carte géologique de la région montre que, sur 80% de son territoire, affleurent des formations sédimentaires renfermant de nombreux aquifères [1] . Les ressources en eau souterraine [2] de Poitou-Charentes sont donc importantes, mais le plus souvent à faible profondeur, ce qui les rend vulnérables aux aléas climatiques et aux pollutions.

Sept ensembles aquifères principaux sont identifiés en Poitou-Charentes :

- les massifs dunaires littoraux situés en Charente-Maritime,
- les dépôts détritiques du Tertiaire du sud de la Charente-Maritime,
- les calcaires du Senonien-Turonien du sud de la région :

  • les dépôts calcaires du Maastrichtien,
  • les calcaires du Coniacien-Turonien,
    - les calcaires du Jurassique supérieur,
    - les calcaires du Jurassique moyen ou Dogger,
    - les calcaires du Jurassique inférieur ou Lias.

Certains systèmes aquifères de Poitou-Charentes ont une importance stratégique pour l’alimentation en eau potable :
- l’Infratoarcien, système aquifère captif, est principalement exploité au sud-ouest d’une ligne allant de Parthenay-Confolens, à la frontière entre les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. Au delà, les eaux de cet aquifère ont un intérêt thermal.
- le Turonien, nappe libre au nord du seuil du Poitou et nappe captive fortement productive au sud de la région (partie exclusivement exploitée), est la principale ressource en eau de la moitié sud du département de la Charente-Maritime, et la seule ressource en eau importante du département de la Charente, au sud d’une ligne Cognac-Angoulême.
- le Cénomanien, aquifère libre au droit de Châtellerault (nord du seuil du Poitou), devenant captif vers le nord, est le plus important de cette région. Au sud du seuil du Poitou, il constitue localement un excellent réservoir composé de sables et de calcaires en Charente-Maritime.

En matière d’irrigation le système aquifère du Supratoarcien est le plus sollicité par l’irrigation dans le département de la Vienne, 80% des prélèvements agricoles y étant effectués.

Les différents types d’aquifères

Les eaux souterraines, correspondant aux eaux infiltrées dans le sol, circulant dans les roches perméables du sous-sol, forment des « réserves ». Différents types de nappes sont distingués selon divers critères qui peuvent être :

- d’ordre géologique :

  • les nappes alluviales (milieu poreux superficiel),
  • les nappes en milieu fissuré (carbonaté ou éruptif),
  • les nappes en milieu karstique (carbonaté),
  • les nappes en milieu poreux (grès, sables).

- d’ordre hydrodynamique :

  • les nappes alluviales, volumes d’eau souterraine contenus dans des terrains alluviaux, en général libres et en relation avec un cours d’eau,
  • les nappes libres, volumes d’eau souterraine dont la surface est libre, c’est à dire à pression atmosphérique. Une nappe libre est comprise dans un aquifère qui comporte, au dessus de la zone saturée en eau, une zone non saturée,
  • les nappes captives, volume d’eau souterraine isolée de la surface du sol par une formation géologique imperméable, à pression supérieure à la pression atmosphérique. Leur surface piézométrique est supérieure au toit de l’aquifère qui les contient. L’eau, qui y circule très lentement et sous pression, est protégée des pollutions potentielles de la surface, si il n’y a pas de communication avec la surface ou d’autres nappes (soit naturellement par failles ou soit provoquée par des forages).

- d’ordre réglementaire (loi sur l’Eau) : les nappes d’accompagnement, en relation avec le cours d’eau.

Une même nappe peut présenter une partie libre et une partie captive.

Alimentation des aquifères

Les nappes libres se rechargent assez rapidement à chaque épisode pluvieux. La remontée des niveaux et les épisodes pluvieux sont discernables sur la courbe piézométrique. La réalimentation des nappes intervient juste après la saturation des sols en eau, par infiltration directe des eaux de pluies au niveau des zones d’affleurement.

La recharge d’un aquifère captif comme le Turonien et l’Infratoarcien, est par contre beaucoup plus lente. Les épisodes pluvieux sont imperceptibles sur la courbe piézométrique. La remontée des niveaux est fonction de l’éloignement de l’affleurement (temps plus long de transport dans le sol), des échanges locaux entre nappes, ...

C’est essentiellement pendant l’hiver qu’a lieu la recharge des nappes souterraines, les précipitations de printemps et d’été étant pour la plus grande partie utilisées par le couvert végétal.

Et en Poitou-Charentes ?

Afin de suivre l’évolution des nappes en Poitou-Charentes, un réseau régional piézométrique constitué de 114 points et géré par le Conseil Régional Poitou-Charentes, collecte quotidiennement depuis 1992 des informations sur le niveau des nappes.

Ce réseau piézométrique permet de suivre la recharge des nappes en hiver et ainsi d’évaluer les perspectives d’exploitation de l’été suivant. Grâce à ces informations, chaque année, des plans de gestion régulant les usages de l’eau par bassin versant sont établis. Des seuils d’alerte sont déterminés, qui représentent les niveaux d’eau en deçà desquels des mesures de restriction sont prises par arrêtés préfectoraux.

Pour en savoir plus :

Notes

[1] Formation géologique constituée de roches perméables (formations poreuses et/ ou fissurées), contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, et pouvant la restituer naturellement par exploitation (drainage, pompage, …).

[2] Une nappe d’eau souterraine est constituée de l’ensemble des eaux comprises dans la zone saturée d’un aquifère dont toutes les parties sont en liaison hydraulique.

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