La prévention des inondations passe par l’aménagement et l’entretien du bassin versant :
- restauration des zones humides
- réintroduction du castor
- lutte contre le ruissellement et contre l’imperméabilisation urbaine,
- plantation de bandes enherbées
- reboisement ou entretien de forêt de protection
- restauration des zones d’expansion des crues en amont du bassin versant
Mais surtout par la prise en compte du risque dans l’urbanisme, la réduction de la vulnérabilité et le renforcement de la conscience du risque.
Les principes applicables en matière de prévention du risque « inondation » sont :
- la connaissance du risque d’inondation est un préalable à toute action ;
- l’établissement d’une cartographie des zones inondables est une action prioritaire ;
- l’information la plus large possible des citoyens de l’existence de l’atlas des zones inondables (AZI) est à mener.
L’organisation de la surveillance, de la prévision et de la transmission de l’information sur les crues est assurée par l’Etat.
Le SCHAPI (Service Central d’Hydrométéorologie et d’Appui à la Prévision des Inondations), créé en juin 2003, assure, sur l’ensemble du territoire national, une mission d’animation, d’assistance, de conseil et de formation auprès des services intervenant dans le domaine de la prévision des crues et de l’hydrologie. Il a pour rôle également l’information des services et du public, avec la publication d’une carte de vigilance : http://www.vigicrues.ecologie.gouv.fr/
En parallèle, 22 Services de Prévision des Crues (S.P.C.) ont été définis, qui réorganisent et concentrent le dispositif d’annonce de crues existant jusque là.
Ainsi, en Poitou-Charentes, les Services Prévisions des Crues Littoral Atlantique, Vienne-Thouet et Dordogne (des Directions Départementales de l’Equipement –D.D.E.-) ont pris le relais depuis 2007 de la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN).
Ils suivent les débits des cours d’eau sur le territoire régional, grâce à une cinquantaine de stations de mesure réparties sur les principaux cours d’eau de la région. Certaines stations sont gérées par les services de l’Etat des départements voisins.
Le travail de terrain (maintenance des stations et réalisation de jaugeages) permet de garantir la fiabilité des données. Une fois validés, les débits moyens journaliers sont envoyés dans la banque nationale HYDRO du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, qui permet de calculer des données hydrologiques statistiques, et de diffuser les données.
http://www.hydro.eaufrance.fr/
La loi n°2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et à la réparation des dommages a défini le cadre légal de la prévision des crues.
Issu de la Loi du 22 juillet 1987 relative à l’organisation de la sécurité civile, à la protection de la forêt contre l’incendie et à la prévention des risques majeurs, renforcé par la loi du 30 juillet 2003, l’atlas des zones inondables constitue un outil de référence pour les services de l’Etat. Il doit en particulier :
améliorer la pertinence des « porter à connaissance » opérés par les services de l’Etat, contribuant à la prise de conscience du risque par les opérateurs institutionnels dans le cadre de l’établissement des documents d’urbanisme ;
guider les services dans la programmation des actions de l’Etat en matière d’établissement de plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) ;
contribuer à une bonne prise en compte du risque d’inondations dans l’application du droit des sols ;
guider les services de l’Etat dans la programmation des aides aux travaux de protection ;
aider les services de l’Etat pour l’application de la police de l’eau et des milieux aquatiques ;
faciliter l’information préventive des populations ;
aider à la mise au point de plans de secours.
Cependant ces documents ne sont pas opposables.
La Loi du 22 juillet 1987 précise que « les citoyens ont un droit à l’information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis. Ce droit s’applique aux risques technologiques et aux risques naturels prévisibles ».
Il constitue un document d’information, ils sont consultables en DIREN (Direction Régionale de l’Environnement).
L’atlas des zones inondables doit par ailleurs guider les collectivités territoriales dans leurs réflexions sur le développement et l’aménagement du territoire, en favorisant l’intégration du risque d’inondations dans les documents d’urbanisme (schémas de cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme, cartes communales, règlements de lotissement, permis de construire).
Il peut faciliter l’identification des zones de rétention temporaires des eaux de crues ainsi que les zones de mobilité du lit mineur des cours d’eau. Il doit aider à la mise au point des plans communaux de sauvegarde. Enfin, il contribuera plus généralement à l’information du public, des professionnels et des décideurs.
Les Plans de Prévention des Risques ont été institués par la Loi du 22 juillet 1987, modifiée par la Loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement. (Loi BARNIER).
Le Code de l’Environnement, dans ses articles L.562-1 à L.562-9, traite des Plans de Prévention des Risques Naturels. L’Etat a en charge leur élaboration et leur mise en œuvre.
L’objectif de cette procédure est le contrôle du développement en zone inondable jusqu’au niveau de la plus forte crue historique connue ou au moins de la crue centennale, et la préservation des champs d’expansion des crues.
Ces plans délimitent les zones exposées aux risques.
Dans ces zones, le P.P.R. peut prescrire ou recommander des dispositions constructives, telles que la mise en place de systèmes d’étanchéité sur les ouvertures (batardeaux) ou des dispositions concernant l’usage du sol, telles que l’amarrage des citernes ou le stockage des flottants.
Le P.P.R. interdit la construction dans les zones les plus exposées ou qui présentent un intérêt pour le laminage des crues.
Il réglemente la construction dans les zones modérément inondables, en fixant par exemple une cote de plancher à respecter au-dessus du niveau de la crue de projet (cote de mise hors d’eau). (source : prim.net)
L’article L.121-1 du Code de l’Urbanisme fixe la liste des objectifs auxquels doivent répondre les documents d’urbanisme suivants :
- Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT)
- Plan Local d’Urbanisme (PLU)
- Carte Communale
Ces documents doivent notamment déterminer les conditions permettant d’assurer la prévention des risques.
1° L’équilibre entre le renouvellement urbain, un développement urbain maîtrisé, le développement de l’espace rural, d’une part, et la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des espaces naturels et des paysages, d’autre part, en respectant les objectifs du développement durable ;
2° La diversité des fonctions urbaines et la mixité sociale dans l’habitat urbain et dans l’habitat rural, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs en matière d’habitat, d’activités économiques, notamment commerciales, d’activités sportives ou culturelles et d’intérêt général ainsi que d’équipements publics, en tenant compte en particulier de l’équilibre entre emploi et habitat ainsi que des moyens de transport et de la gestion des eaux ;
3° Une utilisation économe et équilibrée des espaces naturels, urbains, périurbains et ruraux, la maîtrise des besoins de déplacement et de la circulation automobile, la préservation de la qualité de l’air, de l’eau, du sol et du sous-sol, des écosystèmes, des espaces verts, des milieux, sites et paysages naturels ou urbains, la réduction des nuisances sonores, la sauvegarde des ensembles urbains remarquables et du patrimoine bâti, la prévention des risques naturels prévisibles, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute nature.
Par exemple, dans le PLU, la zone N correspond aux zones naturelles d’expansion des crues, qui n’ont pas vocation à être ouvertes à l’urbanisation.
Le PLU peut également fixer des prescriptions techniques pour les constructions autorisées.
Ces documents doivent également afficher le risque :
- via l’atlas des zones inondables.
- via les P.P.R. inondations.
La Directive 2007/60/CE du 23 octobre 2007 relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondations impose l’élaboration de :
cartes des zones inondables et cartes des risques d’inondations, qui doivent être achevées pour le 22 décembre 2013 au plus tard,
plans de gestion des risques d’inondations, qui doivent être achevés et publiés le 22 décembre 2015 au plus tard.
Enfin, conformément à l’article 14 de la Directive Cadre sur l’Eau de 2000, et à la législation communautaire applicable, les Etats membres doivent mettre à la disposition du public l’évaluation préliminaire des risques d’inondation, les cartes des zones inondables, les cartes des risques inondations et les plans de gestion des risques inondations.
Le centre météorologique de Toulouse publie quotidiennement une carte de vigilance météorologique à quatre niveaux, diffusée par les médias.
www.vigicrues.fr
Les informations sont transmises au préfet qui décide d’alerter les maires des localités concernées (la population peut donc trouver auprès d’eux des renseignements). En cas d’événement majeur, la population est avertie au moyen du signal national d’alerte.
Les Atlas de Zones Inondables sont consultables en DIREN.
Chaque citoyen doit prendre conscience de sa propre vulnérabilité face aux risques et pouvoir l’évaluer pour la minimiser. Pour cela il est primordial de se tenir informé sur la nature des risques qui nous menacent, ainsi que sur les consignes de comportement à adopter en cas d’événement :
- site du Ministère de l’Ecologie http://www.prim.net,
- mairie,
- services de l’État.
Le maire peut élaborer sur sa commune un plan communal de sauvegarde qui est obligatoire si un P.P.R. est approuvé. Si la situation le nécessite, le préfet a la possibilité de mettre en oeuvre le plan Orsec.
Les consignes générales s’appliquent et sont complétées par un certain nombre de consignes spécifiques au risque.
(source : prim.net)
PENDANT
Prévoir les moyens d’évacuation.
S’informer de la montée des eaux par radio ou auprès de la mairie.
Dès l’alerte :
- couper le courant électrique, actionner les commutateurs avec précaution ;
- aller sur les points hauts préalablement repérés (étages des maisons, collines).
N’entreprendre une évacuation que si vous en recevez l’ordre des autorités ou si vous êtes forcés par la crue.
Ne pas s’engager sur une route inondée (à pied ou en voiture) : lors des inondations du Sud-Est des dix dernières années, plus du tiers des victimes étaient des automobilistes surpris par la crue.
APRÈS
Dans la maison :
- aérer ;
- désinfecter à l’eau de javel
- chauffer dès que possible ;
- ne rétablir le courant électrique que si l’installation est sèche.
L’indemnisation
_Les préjudices occasionnés par les inondations sont couverts au titre de la garantie « catastrophes naturelles », qui permet l’indemnisation des victimes selon les conditions d’application définies précédemment.
(source : prim.net)