La crue correspond à la montée des eaux d’un cours d’eau, l’inondation au phénomène qui en résulte, l’eau débordant, se répandant sur les terrains alentours.
La crue est due à des précipitations en forte quantité, auxquelles peut s’ajouter un sol imperméable ou devenu imperméable suite à une sécheresse importante : le sol n’absorbe plus la quantité d’eau qui lui parvient.
Mais ce phénomène peut également être accentué par des causes :
- humaines directes (drainage, imperméabilisation des sols …),
- humaines indirectes (changement climatique).
Différents types de crue existent :
crues lentes : le débit du cours d’eau augmente lentement, suite à des pluies, la fonte des neiges …
crues rapides ou brutales ou éclair : elles résultent de pluies abondantes, d’orages violents, … Elles peuvent devenir torrentielle. Elles sont les plus difficiles à prévoir.
Phénomène naturel, elles sont importantes pour l’écosystème aquatique :
- transport de sédiments, curage du lit du cours d’eau,
- diversification des espèces animales et végétales,
- enrichissement du terrain en matières organiques qu’elles déplacent et déposent,
- réalimentation, réactivation de zones humides,
- inondation des frayères (importantes car zones de reproduction pour les poissons),
- rechargement de nappes alluviales.
La Directive 2007/60/CE du 23 octobre 2007 relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondations donne les définitions suivantes :
inondation : submersion temporaire par l’eau de terres qui ne sont pas submergées en temps normal. Cette notion recouvre les inondations dues aux crues des rivières, des torrents de montagne et des cours d’eau intermittents méditerranéens ainsi que les inondations dues à la mer dans les zones côtières et elle peut exclure les inondations dues aux réseaux d’égouts.
risque d’inondation : combinaison de la probabilité d’une inondation et des conséquences négatives potentielles pour la santé humaine, l’environnement, le patrimoine culturel et l’activité économique associée à une inondation. Le risque majeur est donc la confrontation d’un aléa avec des enjeux (source : prim.net).
La notion d’inondation appelle celles de lit mineur et lit majeur d’un cours d’eau :
le lit mineur est la partie du lit du cours d’eau comprise entre des berges franches ou bien marquées, dans laquelle l’intégralité de l’écoulement s’effectue la quasi totalité du temps en dehors des périodes de très hautes eaux et de crues débordantes.
le lit majeur est le lit maximum qu’occupe un cours d’eau dans lequel l’écoulement ne s’effectue que temporairement lors du débordement des eaux hors du lit mineur en période de très hautes eaux en particulier lors de la plus grande crue historique.
(source : Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire)
Typologie des inondations retenue en France depuis 1992 :
| La montée lente des eaux en région de plaine | |
|---|---|
| Les inondations de plaine | La rivière sort de son lit mineur lentement et peut inonder la plaine pendant une période relativement longue. La rivière occupe son lit moyen et éventuellement son lit majeur. |
| Les inondations par remontée de nappe | Lorsque le sol est saturé d’eau, il arrive que la nappe affleure et qu’une inondation spontanée se produise. Ce phénomène concerne particulièrement les terrains bas ou mal drainés |
| La formation rapide de crues torrentielles consécutives à des averses violentes | |
| Les crues des rivières torrentielles et des torrents | Lorsque des précipitations intenses tombent sur tout un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, d’où des crues brutales et violentes dans les torrents et les rivières torrentielles. Le lit du cours d’eau est en général rapidement colmaté par le dépôt de sédiments et des bois morts peuvent former des barrages, appelés embâcles. Lorsqu’ils viennent à céder, ils libèrent une énorme vague, qui peut être mortelle. |
| Le ruissellement pluvial urbain | |
| Les crues rapides des bassins périurbains |
L’imperméabilisation du sol (bâtiments, voiries, parkings, etc.) limite l’infiltration des pluies et accentue le ruissellement, ce qui occasionne souvent la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales. Il en résulte des écoulements plus ou moins -importants et souvent rapides dans les rues. |
| Source : http://www.prim.net/ | |
Le changement climatique pourrait modifier le régime des précipitations sur la planète. En France, il pourrait pleuvoir plus l’hiver, et moins l’été. Ainsi, les inondations pourraient avoir lieu de manière plus fréquente.
Les phénomènes extrêmes (orages, crues, …) seraient également en augmentation.
Le régime des cours d’eau de Poitou-Charentes est caractérisé par des hautes eaux hivernales et des basses eaux estivales.
Caractéristiques hydrologiques interannuelles des principaux cours d’eau de Poitou-Charentes (mis à jour en décembre 2011 :
| Cours d’eau | Station | Dépt | Surface du bassin versant topo-graphique (km²) | Période | Débit moyen annuel (module – m3/s) | Crue journalière décennale (QJ1/10 – m3/s) | Etiage mensuel quinquennal sec (QMNA 1/5 - m3/s) | Etiage journalier quinquennal sec (VCN3 1/5 – m3/s) | |
| Clain | Dissay | 86 | 2 881 | 1965-2011 | 21,20 [18,40 ;24,10] | 210 [ 190 ;250] | 2,9 [2,3 ; 3,5] | 2,1 [1,6 ; 2,6] | |
| Clain | Pont St Cyprien | 86 | 2 120 | 1988-2011 | 12,3 [9,98 ; 14,5] | 160 [140 ; 220] | 1,2 [0,88 ; 1,6] | 0,82 [0,52 ; 1,2] | |
| Vienne | Ingrandes | 86 | 10 052 | 1918-2011 | 119 [111 ; 127] | 1200 [1100 ; 1400] | 21 [19 ; 23] | 14 [13 ; 15] | |
| Vienne | Lussac les Châteaux | 86 | 5 535 | 1985-2011 | 79,1 [71 ; 87,2] | 860 [760 ; 1000] | 15 [13 ; 17] | 9,9 [8,4 ; 11] | |
| Vienne | Etagnac | 16 | 4 100 | 1969-2011 | 70 [65,3 ; 74,8] | 640 [590 ; 740] | 13 [12 ; 15] | 8,3 [7,2 ; 9,4] | |
| Creuse | Leugny | 86 | 8 020 | 1964-2011 | 74,5 [68,8 ; 80,3] | 1000 [920 ; 1200] | 10 [9,3 ; 12] | 7,8 [6,9 ; 8,7] | |
| Gartempe | Vicq sur Gartempe | 86 | 3 880 | 2007-2011 | - | - | - | - | |
| Gartempe | Montmorillon | 86 | 1 868 | 1955-2011 | 21,4 [19,9 ; 23] | 280 [250 ; 320] | 2,4 [2,1 ; 2,8] | 1,8 [1,5 ; 2] | |
| Thouet | Montreuil Bellay | 49 | - | 2008-2011 | - | - | - | - | |
| Thouet | Saint Loup Lamairé (Pont Saint Loup) | 79 | 384 | 1992-2011 | 4,7 [3,96 ; 5,44] | 140 [110 ; 120] | 0,057 [0,022 ; 0,11] | - | |
| Sèvre Niortaise | Niort | 79 | 1 074 | 1969-2011 | 11,6 [10,3 ; 12,9] | 160 [140 ; 200] | 1,2 [0,98 ; 1,5] | 0,25 [0,13 ; 0,41] | |
| Charente | Vindelle | 16 | 3 750 | 1977-2011 | 30,1 [26,1 ; 34] | 390 [340 ; 490] | 1,5 [1,1 ; 1,9] | 0,77 [0,46 ; 1,1] | |
| Charente | Jarnac | 16 | 4 160 | 1990-2011 | - | - | - | - | |
| Charente | Pont de Beillant | 17 | 7 412 | 2004-2011 | - | - | - | - | |
| Touvre | Foulpougne | 16 | Résurgence | 1980-2011 | - | - | - | - | |
| Seugne | Lijardière | 17 | 902 | 1968-2011 | 6,72 [6,03 ; 7,4] | 96 [84 ; 120] | 0,79 [0,67 ; 0,9] | 0,64 [0,55 ; 0,74] | |
| Boutonne | Moulin de Châtre | 17 | 535 | 1969-2011 | 5,35 [4,82 ; 5,88] | 57 [50 ; 68] | 0,33 [0,26 ; 0,4] | 0,24 [0,18 ; 0,3] | |
| Né | Salles d’Angles | 16 | 602 | 1969-2011 | 4,84 [3,69 ; 5,99] | 49 [39 ; 78] | 0,02 [0,009 ; 0,039] | 0,01 [0,004 ; 0,02] | |
| Seudre | St André de Lidon | 17 | 236 | 1970-2011 | 0,927 [0,757 ; 1,1] | 8,5 [7,4 ; 10] | 0,022 [0,014 ; 0,032] | 0,009 [0,005 ; 0,015] | |
| (Les chiffres entre crochets représentent les bornes de l’intervalle de confiance – 95 % - du calcul statistique des valeurs de débits) | Source : Banque nationale des données sur l’eau pour l’hydrométrie et l’hydrologie | ||||||||
| Module= débit moyen sur une année. Il est obtenu le plus souvent en additionnant les débits moyens journaliers de l’année et en divisant par le nombre de jours de l’année.
QJ 1/10 = débit journalier de crue de fréquence 1 année sur 10 |
QMNA 1/5 = Débit mensuel d’étiage de fréquence 1 année sur 5
VCN3 1/5 = débit moyen minimal sur 3 jours consécutifs de fréquence 1 année sur 5. | ||||||||
Si tous les cours d’eau de la région connaissent des crues, elles varient en fonction de la taille, de la morphologie, de la végétation et du substrat géologique des bassins versants.
Certains cours d’eau connaissent des crues lentes : le fleuve Charente, le Clain, la Sèvre Niortaise par exemples.
Des cours d’eau du socle cristallin présentent des crues brutales et de courte durée : c’est le cas notamment du Thouet et de la Gartempe.
Les bassins de la Charente et du Marais Poitevin sont caractérisés par des perturbations océaniques. L’aval de ces bassins subit l’influence maritime (marée, surcote et décote [1]), qui peut conduire à des submersions marines par surcote associée aux évènements météorologiques importants, et à des inondations.
(Source : Schéma directeur de prévision des crues du bassin Adour Garonne, 2007)
Le risque inondation est le principal risque naturel de la région Poitou-Charentes. Il résulte de la conjonction d’un aléa naturel, et de la vulnérabilité des activités humaines face à cet aléa.
Ainsi, la vulnérabilité face aux inondations est liée à la présence des villes qui, au cours de l’Histoire, se sont développées le long des vallées. En Poitou-Charentes, les villes les plus exposées sont : Angoulême, Cognac, Saintes, Poitiers, Montmorillon, Chauvigny, Niort (source : DIREN Poitou-Charentes).
Quelques exemples :
Grandes crues de la Charente : La région garde le souvenir de celles de 1882, 1904, 1910, 1937, 1952, 1966, 1982, 1994 et 2000
Crues du Thouet : 1911, 1998, 1999
(source : Wikipedia)
[1] Diminution ou augmentation de la hauteur d’eau par rapport à la marée.