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Qu’est ce qu’une crue, une inondation ?

Dossier réalisé en août 2009 et mis à jour en décembre 2016.

SOMMAIRE
Les crues
Les inondations

Les crues

La crue correspond à la montée des eaux d'un cours d'eau, l'inondation au phénomène qui en résulte, l'eau débordant, se répandant sur les terrains alentours.
Elle est due à des précipitations en forte quantité, auxquelles peut s'ajouter un sol imperméable ou devenu imperméable suite à une sécheresse importante : le sol n'absorbe plus la quantité d'eau qui lui parvient.

Mais ce phénomène peut également être accentué par des causes :
- humaines directes (drainage, imperméabilisation des sols ...),
- humaines indirectes (changement climatique).

Différents types de crue existent :
- crues lentes : le débit du cours d'eau augmente lentement, suite à des pluies, la fonte des neiges ...
- crues rapides ou brutales ou éclair : elles résultent de pluies abondantes, d'orages violents,... Elles peuvent devenir torrentielles, et sont les plus difficiles à prévoir.

La crue centennale est une crue théorique calculée à partir de l'analyse des crues passées et qui a une chance sur cent de se produire chaque année (ou 10 fois par millénaire). (source : http://www.prim.net/)

Les crues sont des phénomènes naturels faisant parties intégrantes du régime naturel des cours d'eau, où périodes sèches (étiage) et humides s'alternent. Elles constituent le véritable moteur de la dynamique fluviale et sont indispensables à la « Vie » d'un fleuve, qu'elles façonnent (érosion, déplacement de matériaux).
Elles ont un rôle régulateur : lors d'une crue, les eaux « s'étalent » dans la plaine alluviale, ralentissant ainsi le débit des cours d'eau, et peuvent par la suite contribuer à la recharge des nappes alluviales en s'infiltrant.
Elles ont également un rôle épurateur et sont très importantes pour le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Les apports de nutriments (matières organiques et minérales) générés par les crues, de l'amont vers l'aval (jusqu'aux zones marines) mais également dans les plaines inondables (lit majeur du cours d'eau), conditionnent la survie de nombreuses espèces aquatiques et marines.
Les crues favorisent également la reproduction (en mettant en eau les frayères), le déplacement des différentes espèces aquatiques, en diversifiant les habitats naturels (zones humides, ...). Elles constituent un important vecteur d'échanges de nutriments et d'organismes, et conditionnent alors également certaines activités humaines comme la pêche et l'agriculture (fertilisation des sols).

A retenir :
Phénomène naturel, les crues sont importantes pour l'écosystème aquatique  :
- transport de sédiments, curage du lit du cours d'eau,
- diversification des espèces animales et végétales,
- enrichissement du terrain en matières organiques qu'elles déplacent et déposent,
- réalimentation, réactivation de zones humides,
- inondation des frayères (importantes car zones de reproduction pour les poissons),
- recharge de nappes alluviales.

Les crues ne résultent pas seulement de phénomène de surface (pluies abondantes, ruissellement…). Le sous-sol et les nappes souterraines jouent également un rôle essentiel dans le déclenchement des crues et des inondations (porosité et état de surface des sols au moment des pluies, saturation de la nappe alluviale…).

Les crues peuvent néanmoins avoir des conséquences néfastes sur les activités et populations riveraines (dégâts physiques voire corporels) et impliquent de forts enjeux sécuritaires pour les zones les plus exposées.
Contrairement aux orientations de gestion des années 1960, les politiques actuelles tendent à mieux prendre en compte le rôle important des crues et intègrent davantage la composante « dynamique » (non figée) d'un cours d'eau.

> Pour en savoir plus sur le rôle des crues et les moyens de gestion du risque d'inondation, consultez la plaquette de la WWF : « Réapprendre à vivre avec les cours d'eau »

Les inondations

La Directive 2007/60/CE du 23 octobre 2007 relative à l'évaluation et à la gestion des risques d'inondations donne les définitions suivantes :
- inondation : submersion temporaire par l'eau de terres qui ne sont pas submergées en temps normal. Cette notion recouvre les inondations dues aux crues des rivières, des torrents de montagne et des cours d'eau intermittents méditerranéens ainsi que les inondations dues à la mer dans les zones côtières et elle peut exclure les inondations dues aux réseaux d'égouts.
- risque d'inondation : combinaison de la probabilité d'une inondation et des conséquences négatives potentielles pour la santé humaine, l'environnement, le patrimoine culturel et l'activité économique associée à une inondation. Le risque majeur est donc la confrontation d’un aléa avec des enjeux (source : prim.net).

La notion d'inondation appelle celles de lit mineur et lit majeur d'un cours d'eau :
- le lit mineur est la partie du lit du cours d'eau comprise entre des berges franches ou bien marquées, dans laquelle l'intégralité de l'écoulement s'effectue la quasi totalité du temps en dehors des périodes de très hautes eaux et de crues débordantes.
- le lit majeur est le lit maximum qu'occupe un cours d'eau dans lequel l'écoulement ne s'effectue que temporairement lors du débordement des eaux hors du lit mineur en période de très hautes eaux en particulier lors de la plus grande crue historique.
(source : Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire)

Schéma présentant les lits majeur et mineur d'un cours d'eau

Typologie des inondations retenue en France depuis 1992 :

La montée lente des eaux en région de plaine
Les inondations de plaine La rivière sort de son lit mineur lentement et peut inonder la plaine pendant une période relativement longue. La rivière occupe son lit moyen et éventuellement son lit majeur.
Les inondations par remontée de nappe Lorsque le sol est saturé d’eau, il arrive que la nappe affleure et qu’une inondation spontanée se produise. Ce phénomène concerne particulièrement les terrains bas ou mal drainés
La formation rapide de crues torrentielles consécutives à des averses violentes
Les crues des rivières torrentielles et des torrents Lorsque des précipitations intenses tombent sur tout un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, d’où des crues brutales et violentes dans les torrents et les rivières torrentielles. Le lit du cours d’eau est en général rapidement colmaté par le dépôt de sédiments et des bois morts peuvent former des barrages, appelés embâcles. Lorsqu’ils viennent à céder, ils libèrent une énorme vague, qui peut être mortelle.
Le ruissellement pluvial urbain
Les crues rapides
des bassins périurbains
L’imperméabilisation du sol (bâtiments, voiries, parkings, etc.) limite l’infiltration des pluies et accentue le ruissellement, ce qui occasionne souvent la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales. Il en résulte des écoulements plus ou moins -importants et souvent rapides dans les rues.

Les inondations peuvent aussi être dues à la submersion des bords de mer par l’eau de mer. On parle alors de submersion marine.

Le changement climatique pourrait modifier le régime des précipitations sur la planète. En France, il pourrait pleuvoir plus l'hiver, et moins l'été. Ainsi, les inondations pourraient avoir lieu de manière plus fréquente.
Les phénomènes extrêmes (orages, crues, ...) seraient également en augmentation.

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