Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux littorales - Année 2009

Eléments de synthèse extraits du bulletin "Qualité du Milieu Littoral, Bulletin de surveillance - Départements : Charente-Maritime et Vendée (sud)" - Edition 2010. Ifremer/RST. Ifremer, Laboratoire Environnement Ressources des Pertuis Charentais
Pour consulter ce bulletin - édition 2010.
Téléchargez les autres bulletins disponibles sur le site de l’Ifremer.

Sommaire
La croissance des moules et des huîtres
La qualité sanitaire
Les métaux lourds
La surmortalité des huîtres

Les Pertuis Charentais sont soumis à de nombreux apports : ouvertures océaniques, elles-mêmes sous l’influence estuarienne, fleuves côtiers d’importance variable.

Carte de localisation des Pertuis charentais

La croissance des moules et des huîtres

Le réseau REMOULA, créé en 2000, est un réseau régional chargé du suivi de la croissance des moules, il concerne les zones d’élevage des Pertuis Charentais, et fait l’objet d’un contrat entre l’Ifremer et la Section Régionale Conchylicole de Poitou-Charentes.
Comme en 2006, une croissance hivernale est observée sur bouchots et sur filières (décembre"mars). Cette observation souligne l’importance de cette période dans l’estimation de la croissance totale.
Comparé aux résultats obtenus depuis 2006, le niveau de croissance globale en septembre est inférieur à la moyenne 2006-2008. Cette différence est de 8% pour les bouchots et de 6% pour les filières.

De plus, en 2009 les Pertuis Charentais sont caractérisés par des indicateurs physicochimiques aux valeurs atypiques : pertuis Breton historiquement froid contrairement aux pertuis Antioche et Maumusson, salinité plutôt élevée après une dessalure marquée en janvier-février. Le premier échelon trophique représenté par la chlorophylle a et l’abondance cellulaire du phytoplancton est plutôt en retrait comparé aux autres années, ce qui peut expliquer la faible croissance des moules ainsi que celle des huîtres adultes enregistrées en 2009.

La qualité sanitaire

Les objectifs du Réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines (REPHY) sont à la fois environnementaux et sanitaires :
- la connaissance de la biomasse, de l’abondance et de la composition du phytoplancton marin des eaux côtières et lagunaires, ainsi que du contexte hydrologique afférent ;
- la détection et le suivi des espèces phytoplanctoniques productrices de toxines susceptibles de s’accumuler dans les produits marins de consommation ou de contribuer à d’autres formes d’exposition dangereuse pour la santé humaine, et la recherche de ces toxines dans les mollusques bivalves présents dans les zones de production ou dans les gisements naturels.

La qualité sanitaire du pertuis Breton est sensible aux apports des deux fleuves le Lay et la Sèvre Niortaise.

La Seudre amont a, de nouveau, connu quelques alertes dues à la mauvaise qualité sanitaire des eaux. De nombreuses réunions se sont tenues en cours d’année avec les services de l’état en Vendée et Charente-Maritime pour aboutir à une révision du classement des zones de production conchylicole en décembre pour la Vendée et en février 2010 pour la Charente-Maritime. Ce classement entérine la dégradation de la qualité microbiologique d’une partie des côtes de l’île de Ré et de la Seudre amont.

Aucun épisode de toxicité des coquillages par le phytoplancton n’a été constaté en 2009. Seules des alertes pour dépassement des seuils pour Pseudo-nitzschia dans les pertuis d’Antioche (mai) et Maumusson (mars et mai) ont donné lieu à analyses qui se sont révélées négatives.

Les métaux lourds

Le principal outil de connaissance des niveaux de contamination chimique de notre littoral était constitué par le suivi RNO (Réseau National d’Observation de la qualité du milieu marin) mené depuis 1979 qui est devenu le Réseau d’observation de la contamination chimique (ROCCH) à partir de 2008. Les moules et les huîtres y sont utilisées comme indicateurs quantitatifs de contamination. Ces mollusques possèdent en effet, comme de nombreux organismes vivants, la propriété de concentrer de nombreux contaminants présents dans le milieu où ils vivent (métaux, contaminants organiques hydrophobes). Ce phénomène de bioaccumulation est lent et peut nécessiter plusieurs mois de présence d’un coquillage sur un site pour que sa concentration en contaminant soit représentative de la contamination du milieu ambiant.
Jusqu’en 2007 inclus, le RNO a mesuré les métaux (argent, cadmium, chrome, cuivre, magnésium, nickel, plomb, vanadium, zinc), les hydrocarbures polyaromatiques (HAP), les P.C.B., le lindane et les résidus de D.D.T.. Depuis sa restructuration en 2008, intégrant la mise en oeuvre de la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.), la surveillance des contaminants chimiques dans le cadre du ROCCH est décentralisée auprès des agences de l’eau. Les résultats de cette nouvelle stratégie ne sont pour le moment pas disponibles. La surveillance chimique coordonnée et réalisée par Ifremer ne concerne plus que les 3 métaux réglementés au titre de la surveillance sanitaire (Cadmium, Mercure et Plomb).
Par rapport au bulletin 2009, il n’y a donc de données nouvelles que pour ces trois métaux.

La concentration en métaux lourds dans les coquillages reste stable en général. Elle est supérieure à la médiane nationale pour le cadmium (pour lequel des sources autres que celles de la Gironde sont recherchées), proche ou légèrement supérieure à la médiane nationale pour le mercure et le plomb.

Cadmium (Cd)

Les principales utilisations du cadmium sont les traitements de surface (cadmiage), les industries électriques et électroniques et la production de pigments colorés surtout destinés aux matières plastiques. A noter que les pigments cadmiés sont désormais prohibés dans les plastiques alimentaires. Dans l’environnement, les autres sources de cadmium sont la combustion du pétrole ainsi que l’utilisation de certains engrais chimiques où il est présent à l’état d’impureté.

Le trait dominant de la région est constitué par les fortes concentrations en cadmium mesurées depuis 30 ans. L’origine de cette pollution, véhiculée via la Garonne et la Gironde depuis un affluent du Lot, est due à l’ancienne usine « Vieille Montagne » de Décazeville. Elle ne produit plus depuis 1986 mais du cadmium est encore piégé dans les sédiments.
La teneur en cadmium est toujours supérieure à la médiane nationale pour tous les points de suivi de Charente-Maritime, en particulier pour les points « Les Palles », « Bonne Anse » et « Pontaillac ». En ce qui concerne le point « Pontaillac », la teneur reste largement au dessus du seuil réglementaire ; elle est un peu moins élevée pour le point « Bonne Anse ».
La tendance semble à la baisse pour « Bonne Anse » et « Boyardville » et se stabiliser pour le reste des points, après plusieurs années de baisse.
Il reste à vérifier (étude en cours) l’hypothèse d’une pollution secondaire, la Charente pourrait être en moindre mesure, une source de pollution, surtout en hiver lorsque son débit est élevé.
Les teneurs en cadmium observées sur certains points pourraient mettre en jeu l’usage conchylicoles de ces zones.

Mercure (Hg)

Seul métal volatil, le mercure, naturel ou anthropique, peut être transporté en grandes quantités par l’atmosphère. Les sources naturelles sont le dégazage de l’écorce terrestre, les feux de forêt, le volcanisme et le lessivage des sols. Les sources anthropiques sont constituées par les processus de combustion (charbon, pétrole, ordures ménagères, etc.), de la fabrication de la soude et du chlore ainsi que de l’orpaillage. Sa très forte toxicité fait qu’il est soumis à de nombreuses réglementations d’utilisation et de rejet.

La teneur en mercure est supérieure à la médiane pour les points des Pertuis Charentais et du Sud-Vendée, sauf « Pontaillac ». En revanche elle reste largement inférieure au seuil réglementaire.
Certains points semblent présenter une teneur à la baisse sur les dernières années : « Les Palles », « Boyardville », « Dagnas » et « Mus de Loup ».

Plomb (Pb)

Depuis l’abandon de l’usage du plomb-tétraéthyle comme antidétonant dans les essences, les usages principaux de ce métal restent la fabrication d’accumulateurs et l’industrie chimique. Son cycle atmosphérique est très important et constitue une source majeure d’apport à l’environnement.

Les teneurs sont proches ou légèrement supérieures à la médiane pour la Charente- Maritime et le Sud-Vendée, mais largement en dessous du seuil réglementaire, même pour « Pontaillac » dont le niveau est le plus élevé de notre secteur.
La tendance générale semble à la diminution, notamment pour les points « Dagnas » et « Bonne Anse ».

La surmortalité des huîtres

En 2009, suite à la crise de surmortalité qui a touché en 2008 l’ensemble des huîtres creuses Crassostrea gigas élevées sur le littoral français, l’Ifremer a mis en place un Observatoire Conchylicole de manière à répondre au besoin d’acquisition de données permettant d’apporter des éléments d’explication à cette crise. Cet Observatoire, regroupe les différents réseaux de surveillance de la ressource opérés par Ifremer, et s’appuie sur le Réseau mollusques des ressources aquacoles (REMORA) qui a été dans cette optique profondément remanié.
Sur le bassin de Marennes-Oléron, l’Observatoire suit 2 sites-ateliers sur D’Agnas au sud du bassin et Loix en Ré au nord.

Le bassin de Marennes-Oléron a subi en 2009 les effets de la crise nationale de surmortalités, avec des taux de mortalité moyens sur le naissain observés sur les sites d’estran du réseau de 62,5 % (variant de 25 à 88 % selon les lots). Les adultes sont moins touchés que la classe d’âge de moins d’1 an, avec des mortalités de l’ordre de 28 %.
L’épisode de mortalité a été très rapide et est apparu fin-mai, concomitamment à une montée rapide en température aux alentours de 16-17°C.

Ces valeurs sont en retrait par rapport aux constats effectués chez les professionnels du secteur, qui révèlent des situations très hétérogènes et mettent en avant l’importance du facteur « lot » d’élevage dans les survies. Sur ces secteurs, le suivi effectué dans les élevages professionnels par le Centre Régional d’Expérimentation et d’Application Aquacole fait état de pertes globales sur les huîtres de 1ère année de 85 % (données site CREAA).

Des informations complémentaires sur l’épisode de surmortalités 2009 sont accessibles sur le site internet de l’Ifremer.

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