Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux littorales - Année 2010

Le milieu littoral fait l’objet d’un suivi environnemental continu assuré par l’IFREMER, qui s’appuie sur de nombreux réseaux de mesures. Ces derniers permettent ainsi de retracer l’évolution des facteurs climatiques influençant les écosystèmes océaniques (T°, salinité, etc.) et plus globalement d’évaluer la qualité de ce milieu, qui est conditionnée par les apports d’eau des bassins continentaux et ainsi soumis à de multiples sources de contamination (eaux usées urbaines, ruissellement des eaux de pluie, etc.). Ce suivi permet également de prévenir les éventuels risques sanitaires liés à la consommation des produits issus de la conchyliculture.

Eléments de synthèse extraits du bulletin "Qualité du Milieu Littoral, Bulletin de surveillance - Départements : Charente-Maritime et Vendée (sud)" - Edition 2011. Ifremer/RST. Ifremer, Laboratoire Environnement Ressources des Pertuis Charentais
Pour consulter ce bulletin - édition 2011.
Téléchargez les autres bulletins disponibles sur le site de l’Ifremer.

Sommaire
Les conditions climatiques et hydrologiques
La qualité sanitaire
Les métaux lourds
Production conchylicole : suivi de la croissance et des mortalités

Les conditions climatiques et hydrologiques

(Réseau Hydrologique)

L’année 2010 est caractérisée par des apports en eau douce plus faibles que la norme inter-annuelle. Ce déficit s’observe notamment par les salinités annuelles moyennes particulièrement élevées sur l’ensemble des pertuis Charentais. L’ensoleillement globalement supérieur aux observations historiques a accentué le déficit d’eau douce par évapotranspiration.

L’année 2010 présente des disparités importantes de température entre le nord et le sud de la zone. Elles sont plus basses dans le pertuis Breton que dans le bassin de Marennes-Oléron. Cette différence s’explique de par les morphologies spécifiques de chaque pertuis leur conférant des caractéristiques hydrologiques particulières.

La qualité sanitaire

(REMI : Réseau de contrôle Microbiologique)

Le REMI a pour objectif de surveiller les zones de production de coquillages exploitées par les professionnels, et classées A, B ou C par l’administration. Sur la base du dénombrement des Escherichia coli (E.coli) dans les coquillages vivants, le REMI permet d’évaluer les niveaux de contamination microbiologique dans les coquillages et de suivre leurs évolutions, de détecter et suivre les épisodes de contamination.

En 2010, deux alertes REMI sont à noter : sur le point Filière W le 20/10/2010 et au Martray le 07/10/2010. La contamination n’a pas persisté et les alertes ont été rapidement levées. Le point le plus amont de la Seudre (l’Eguille) continue à présenter une tendance à la dégradation.

Après le passage de la tempête Xynthia la nuit du 27 au 28 février et face au risque potentiel de contamination microbiologique des zones de production conchylicole, un dispositif spécial de surveillance en alerte REMI a été mis en œuvre à titre préventif pour l’ensemble des zones de production du département.

Excepté pour un prélèvement, aucune contamination n’a été identifiée supérieure aux seuils d’alertes réglementaires. Des mesures administratives d’interdiction de pêche et de commercialisation ont cependant concerné les bivalves d’élevage et de pêche à pied pendant deux à trois semaines après le passage de la tempête.

Les métaux lourds

(ROCCH : Réseau d’observation de la Contamination Chimique)

Les moules et les huîtres sont ici utilisées comme indicateurs quantitatifs de contamination. Ces mollusques possèdent en effet, comme de nombreux organismes vivants, la propriété de concentrer certains contaminants présents dans le milieu où ils vivent (métaux, contaminants organiques hydrophobes).

Depuis sa restructuration en 2008, intégrant la mise en oeuvre de la DCE, la surveillance des contaminants chimiques dans le cadre du ROCCH est décentralisée auprès des agences de l’eau, et les analyses font l’objet d’appels d’offres. Les résultats de cette nouvelle stratégie ne sont pour le moment pas disponibles. La surveillance chimique coordonnée et réalisée par Ifremer ne concerne plus que les 3 métaux réglementés au titre de la surveillance sanitaire (Cd, Hg et Pb). Il n’y a donc de données nouvelles que pour ces trois métaux, présentés ci-après

Néanmoins, les séries temporelles d’autres contaminants sont consultables sur la base de données de la surveillance du site Environnement Littoral de l’Ifremer : http://envlit.ifremer.fr/, rubrique Résultats > Surval.

Cadmium (Cd).

Les principales utilisations du cadmium sont les traitements de surface (cadmiage), les industries électriques et électroniques et la production de pigments colorés surtout destinés aux matières plastiques. A noter que les pigments cadmiés sont désormais prohibés dans les plastiques alimentaires. Dans l’environnement, les autres sources de cadmium sont la combustion du pétrole ainsi que l’utilisation de certains engrais chimiques où il est présent à l’état d’impureté.

Mercure (Hg).

Seul métal volatil, le mercure, naturel ou anthropique, peut être transporté en grandes quantités par l’atmosphère. Les sources naturelles sont le dégazage de l’écorce terrestre, les feux de forêt, le volcanisme et le lessivage des sols. Les sources anthropiques sont constituées par les processus de combustion (charbon, pétrole, ordures ménagères, etc.), de la fabrication de la soude et du chlore ainsi que de l’orpaillage. Sa très forte toxicité fait qu’il est soumis à de nombreuses réglementations d’utilisation et de rejet.

Plomb (Pb).

Depuis l’abandon de l’usage du plomb-tétraéthyle comme antidétonant dans les essences, les usages principaux de ce métal restent la fabrication d’accumulateurs et l’industrie chimique. Son cycle atmosphérique est très important et constitue une source majeure d’apport à l’environnement.

Observations et résultats 2010 :

Le trait dominant de la région est constitué par les fortes concentrations en cadmium mesurées depuis 30 ans. En 2010, la teneur en cadmium est toujours supérieure à la médiane nationale pour tous les points de suivi de Charente-Maritime, en particulier pour les Palles, Mus de Loup, Bonne- Anse et Pontaillac. Cependant, on observe depuis 30 ans sur tous les points une tendance à la diminution des teneurs observées (due au renforcement des réglementations de l’usage du cadmium et à l’arrêt de certaines activités notoirement polluantes). La principale source de cette pollution, véhiculée via la Garonne et la Gironde depuis un affluent du Lot, est l’ancienne usine " Vieille Montagne " de Decazeville. Sur la base des données observée aux Palles et à Mus de Loup, il est toutefois permis de considérer que d’autres sources potentielles de contamination en cadmium peuvent exister, bien que restant à déterminer. Des teneurs élevées bien, qu’inférieures au seuil sanitaire, sont enregistrées sur la rivière Seudre. Elles sont supérieures à l’amont (L’Eguille) par rapport à l’aval (Mus de loup), ce qui peut conduire à suspecter une contamination du bassin versant par ce métal. En Gironde, si les fortes concentrations en cadmium n’autorisent pas une exploitation ostréicole, les conditions environnementales permettent l’existence d’importants bancs naturels d’huîtres creuses dont la pêche est envisagée par la profession ostréicole pour pallier les surmortalités de naissain.

Pour le plomb, comme pour le mercure, les teneurs restent proches ou légèrement supérieures aux médianes nationales mais largement inférieures aux seuils sanitaires.

Pour plus d’information sur l’origine et les éventuels effets des différentes substances suivies dans le cadre du RNO, voir le document " Surveillance du Milieu Marin - Travaux du Réseau National d’Observation de la qualité du milieu marin - Édition 2006 " Pour plus d’information sur les éventuels effets des différentes substances : http://www.ineris.fr/

Production conchylicole : suivi de la croissance et des mortalités

(Observatoire Conchylicole et Réseau REMOULA, suivis de la croissance des huîtres et des moules)

L’Observatoire Conchylicole assure le suivi, sur des sites ateliers disposés sur l’ensemble du littoral français, de lots sentinelles d’huîtres creuses Crassostrea gigas caractéristiques de la production française. Ces lots sentinelles ne peuvent représenter à eux seuls la totalité de la diversité des lots présents dans les élevages professionnels, et donc traduire la variabilité des performances observées dans ces derniers.

Leur suivi permet d’acquérir des données sur les performances d’élevage à un niveau national, et en particulier sur les épisodes de mortalités, et d’en traduire la dynamique spatio-temporelle, afin de comprendre les causes des phénomènes observés.

Des surmortalités de naissain de Crassostea gigas ont touché en 2009 et 2010 tous les bassins ostréicoles dont les pertuis Charentais.Pour sortir de la crise, la profession ostréicole a envisagé plusieurs solutions. Une des alternatives pour compenser la perte de naissain est d’avoir recours à de jeunes huîtres provenant de gisements naturels. En Gironde, les fortes concentrations en cadmium n’autorisent pas une exploitation ostréicole. Les conditions environnementales de l’estuaire permettent toutefois l’existence d’importants bancs naturels d’huîtres creuses. La pêche de jeunes huîtres de ces bancs est envisagée par la profession ostréicole. Leur transfert puis leur décontamination dans le bassin de Marennes-Oléron dépend entre autres des teneurs en cadmium du milieu récepteur. La connaissance de ces teneurs permet d’identifier des zones potentielles d’accueil de ces animaux et d’éliminer certains secteurs, en particulier l’estuaire de la Seudre et le sud du bassin de Marennes-Oléron.

2 stations de suivi sont sous la responsabilité du laboratoire LER/PC :
- Loix en Ré
- D’Agnas

La croissance des huîtres de "18 mois" est bonne sur le bassin de Marennes-Oléron en 2010, à comparer aux moyennes décennales. Pour le naissain, la croissance s’avère mauvaise sur Loix en Ré et conforme à la moyenne décennale sur D’Agnas. La mortalité constatée sur le naissain peut avoir une influence sur le suivi de croissance de cette classe d’âge.

La mortalité démarre brutalement fin mai sur le naissain sur le site de D’Agnas pour atteindre 67.4 % au 14 juin pour le naissain de captage. La mortalité se stabilise à partir de la fin du mois de juin, mais reste latente et atteint 75.4 % en décembre.

A la date de survenue de la mortalité, la température de l’eau est proche de 18 °C, après une élévation qui s’est produite depuis le 15 mai. La température de 16 °C, considérée comme la température seuil ouvrant la fenêtre de risque, est dépassée le 22 mai.

Sur Ré, la mortalité du naissain suit le même schéma que sur D’Agnas, mais avec une montée plus modérée de la mortalité qui atteint 50.6 % le 15 juin. Cette mortalité se poursuit durant le mois de juillet pour atteindre 67.5 % en décembre. La température est proche de 18.5 °C lors de l’observation du pic de mortalité, L’élévation de la température de l’eau est similaire à celle du point D’Agnas, et la température de 16 °C est dépassée le 21 mai. Ces valeurs sont à rapprocher des valeurs nationales de mortalité relevées dans le cadre de l’observatoire conchylicole qui sont de 72.5 % ± 8.7 % pour le naissain de captage et de 6.2 % ± 2.5 % pour le "18 mois".

Le réseau REMOULA, créé en 2000, est un réseau régional chargé du suivi de la croissance des moules (Mytilus edulis), il concerne les zones d’élevage des pertuis Charentais. Pour couvrir aux mieux les zones d’élevage qui s’étendent le long de la côte du Sud Vendée (sur une distance quasi continue de 20 km) et du littoral Charentais (sur des zones fractionnées de 18 km de long), 8 sites d’élevage ont été retenus.

La croissance hivernale du suivi 2010 est exceptionnelle sur tous les sites. C’est la meilleure croissance enregistrée depuis le suivi (2006). Elle représente 29% (bouchot) et 24% (filière) de la croissance 2010 contre respectivement 9% et 14% de croissance moyenne (2006-2009). Au printemps, la croissance est 15% inférieure aux valeurs moyennes établies (2006-2009). Cette période est déterminante pour les bouchots où elle représente en moyenne 46% de la croissance annuelle. Pour l’année 2010, le printemps représente 37% de la croissance annuelle.

Comparée à la moyenne 2006-2009, la croissance estivale est également faible. On enregistre une perte voisine de 44% pour les deux conditions. Au mois de septembre, les bouchots ont une croissance supérieure à la moyenne des années précédentes, alors que les filières montrent une croissance inférieure.

La mortalité hivernale suite à la mise à l’eau n’est suivie que depuis 2006. En 2010 elle est semblable à la moyenne interannuelle de 2%. La mortalité printanière de 5% se situe au-dessous de la moyenne pluriannuelle (2000-2009) de même que pour la mortalité estivale (4% contre 5%) et la mortalité automnale (1% contre 3%). En mars 2010 le cumul des mortalités est de 15% contre une moyenne (2000 " 2009) de 18%.

Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé