Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux littorales - Année 2011

Le milieu littoral fait l’objet d’un suivi environnemental continu assuré par l’IFREMER, qui s’appuie sur de nombreux réseaux de mesures. Ces derniers permettent ainsi de retracer l’évolution des facteurs climatiques influençant les écosystèmes océaniques (Température, salinité, etc.) et plus globalement d’évaluer la qualité de ce milieu. Elle est en effet conditionnée par les apports d’eau des bassins continentaux et ainsi soumise à de multiples sources de contamination (eaux usées urbaines, ruissellement des eaux de pluie, etc.). Ce suivi permet également de prévenir les éventuels risques sanitaires liés à la consommation des produits issus de la conchyliculture.

Eléments de synthèse extraits du bulletin "Qualité du Milieu Marin Littoral, bulletin de la surveillance 2011 - Départements : Charente-Maritime et Vendée (sud)" - Edition 2012. Ifremer/RST.LER/PC/11.01/Laboratoire Environnement Ressources des Pertuis Charentais, 121 p.
Pour consulter ce bulletin - édition 2012.
Téléchargez les autres bulletins disponibles sur le site de l’Ifremer.

Sommaire
Localisation générale des zones marines
Les conditions climatiques et hydrologiques
La qualité sanitaire
Les métaux lourds
Production conchylicole : suivi de la croissance et des mortalités

Localisation générale des zones marines

(Découpage Quadrige)

Les conditions climatiques et hydrologiques

(Réseau Hydrologique)

L’année 2011 est marquée par un printemps chaud et sec, un été humide et frais (juillet et août) et un automne très sec avec une fin d’étiage en décembre.

Cela se traduit au niveau marin par une salinité très marquée, avec une moyenne annuelle la plus élevée depuis 1992 sur l’ensemble des Pertuis. Dans le bassin de Marennes-Oléron, où les chroniques des mesures physico-chimiques de l’eau débutent en 1977, seule l’année 1990 présente des anomalies supérieures à 2011.

L’utilisation de sondes multi paramètres pour des mesures en continu ont mis en évidence le faible impact spatial des débits des cours d’eau alimentés par les pluies estivales : légère dessalure dans l’estuaire de la Charente, très peu sensible au-delà.

La qualité sanitaire

(REMI : Réseau de contrôle Microbiologique)

Le REMI a pour objectif de surveiller les zones de production de coquillages exploitées par les professionnels, et classées A, B ou C par l’administration. Sur la base du dénombrement des Escherichia coli (E.coli) dans les coquillages vivants, le REMI permet d’évaluer les niveaux de contamination microbiologique dans les coquillages et de suivre leurs évolutions, de détecter et suivre les épisodes de contamination.

Les résultats des zones 076 (Pertuis Breton) et 077 (Baie de l’Aiguillon) présentent majoritairement une tendance à l’amélioration. La diminution du débit des fleuves du Pertuis Breton observée ces dernières années, est probablement à l’origine de cette tendance.
Pour l’estuaire de la Seudre (zone 083), la tendance est à la dégradation. Une tendance similaire est observée depuis plusieurs années, la qualité microbiologique de ce secteur continue donc de se dégrader.
Avec une proportion plus importante de points de bonne qualité, la zone 080 « Marennes‐Oléron » semble présenter des niveaux de contamination comparativement plus faibles.

Les métaux lourds

(ROCCH : Réseau d’observation de la Contamination Chimique)

Les moules et les huîtres sont ici utilisées comme indicateurs quantitatifs de contamination. Ces mollusques possèdent en effet, comme de nombreux organismes vivants, la propriété de concentrer certains contaminants présents dans le milieu où ils vivent (métaux, contaminants organiques hydrophobes).

Depuis sa restructuration en 2008, intégrant la mise en œuvre de la DCE, la surveillance des contaminants chimiques dans le cadre du ROCCH est décentralisée auprès des agences de l’eau, et les analyses font l’objet d’appels d’offres. Les résultats de cette nouvelle stratégie ne sont pour le moment pas disponibles. La surveillance chimique coordonnée et réalisée par Ifremer ne concerne plus que les 3 métaux réglementés au titre de la surveillance sanitaire (Cd, Hg et Pb). Il n’y a donc de données nouvelles que pour ces trois métaux, présentés ci-après

Néanmoins, les séries temporelles d’autres contaminants sont consultables sur la base de données de la surveillance du site Environnement Littoral de l’Ifremer : http://envlit.ifremer.fr/, rubrique Résultats > Surval.

Cadmium (Cd).

Les principales utilisations du cadmium sont les traitements de surface (cadmiage), les industries électriques et électroniques et la production de pigments colorés surtout destinés aux matières plastiques. A noter que les pigments cadmiés sont désormais prohibés dans les plastiques alimentaires. Dans l’environnement, les autres sources de cadmium sont la combustion du pétrole ainsi que l’utilisation de certains engrais chimiques où il est présent à l’état d’impureté.

Mercure (Hg).

Seul métal volatil, le mercure, naturel ou anthropique, peut être transporté en grandes quantités par l’atmosphère. Les sources naturelles sont le dégazage de l’écorce terrestre, les feux de forêt, le volcanisme et le lessivage des sols. Les sources anthropiques sont constituées par les processus de combustion (charbon, pétrole, ordures ménagères, etc.), de la fabrication de la soude et du chlore ainsi que de l’orpaillage. Sa très forte toxicité fait qu’il est soumis à de nombreuses réglementations d’utilisation et de rejet.

Plomb (Pb).

Depuis l’abandon de l’usage du plomb-tétraéthyle comme antidétonant dans les essences, les usages principaux de ce métal restent la fabrication d’accumulateurs et l’industrie chimique. Son cycle atmosphérique est très important et constitue une source majeure d’apport à l’environnement.

Observations et résultats 2011 :

Concernant la contamination par le cadmium liée aux apports de la Gironde, la tendance générale à la baisse se poursuit dans la « mer des Pertuis ».
Cependant, il existe certaines interrogations liées aux contaminations véhiculées par les fleuves côtiers locaux. En particulier, le récent suivi du point « L’Eguille » situé en amont de la Seudre montre des résultats proches du seuil réglementaire et plus élevés qu’à l’embouchure, ce qui pose la question d’une contamination provenant du bassin versant concerné.
Le LER/PC a engagé une étude, financée par la région Poitou‐Charentes, afin de vérifier le bien‐fondé de cette hypothèse, dans le but de proposer des investigations complémentaires le cas échéant.

Pour le plomb, comme pour le mercure, les teneurs restent proches ou légèrement supérieures aux médianes nationales mais largement inférieures aux seuils sanitaires.

Pour plus d’information sur l’origine et les éventuels effets des différentes substances suivies dans le cadre du RNO, voir le document " Surveillance du Milieu Marin - Travaux du Réseau National d’Observation de la qualité du milieu marin - Édition 2006 " Pour plus d’information sur les éventuels effets des différentes substances : http://www.ineris.fr/

Production conchylicole : suivi de la croissance et des mortalités

(Observatoire Conchylicole et Réseau REMOULA, suivis de la croissance des huîtres et des moules)

L’Observatoire Conchylicole assure le suivi, sur des sites ateliers disposés sur l’ensemble du littoral français, de lots sentinelles d’huîtres creuses Crassostrea gigas caractéristiques de la production française. Ces lots sentinelles ne peuvent représenter à eux seuls la totalité de la diversité des lots présents dans les élevages professionnels, et donc traduire la variabilité des performances observées dans ces derniers.

Leur suivi permet d’acquérir des données sur les performances d’élevage à un niveau national, et en particulier sur les épisodes de mortalités, et d’en traduire la dynamique spatio-temporelle, afin de comprendre les causes des phénomènes observés.

2 stations de suivi sont sous la responsabilité du laboratoire LER/PC :
- Loix en Ré
- D’Agnas

La précocité des conditions printanières de 2011, par rapport à celles de 2010, est tout aussi sensible sur le bassin de Marennes Oléron qu’à Arcachon, avec une température moyenne supérieure d’environ 2°C sur la période mars à mai.
Ainsi, la mortalité démarre avec près d’1 mois d’avance par rapport à 2010, soit dès la 1ère quinzaine du mois de mai, et touche de manière brutale l’ensemble des lots de naissain, pour atteindre des taux de mortalité cumulée supérieurs à 80%.

Contrairement aux lots de naissains, les huîtres de la classe d’âge "18 mois" ne présentent pas de mortalité significative (<10 %). Les croissances de chacune des classes d’âge sont supérieures à la moyenne décennale, avec une bonne année pour le "18 mois", en référence au gain de poids relativement à leur poids initial. Les blooms phytoplanctoniques observés sur le bassin peuvent expliquer ces bons résultats en 2011. Le suivi de l’indice de condition des huîtres de la classe d’âge ‘18 mois’ montre, sur le site de d’Agnas, une augmentation liée à l’engraissement jusqu’à la mi‐juillet, suivie d’une chute brutale traduisant la ponte sur ce site.

Le réseau REMOULA, créé en 2000, est un réseau régional chargé du suivi de la croissance des moules (Mytilus edulis), il concerne les zones d’élevage des pertuis Charentais. Pour couvrir aux mieux les zones d’élevage qui s’étendent le long de la côte du Sud Vendée (sur une distance quasi continue de 20 km) et du littoral Charentais (sur des zones fractionnées de 18 km de long), 8 sites d’élevage ont été retenus.

La campagne mytilicole 2011 a débuté par l’exploitation des moules de filières d’une qualité satisfaisante en taille et indice de chair. L’immersion permanente des moules de ce type d’élevage assure une alimentation continue favorable à leur développement. La production de moules de bouchot par contre a largement été influencée par un manque de nourriture dès 2010 (Remoula 2010). La bonne croissance en taille pendant l’hiver 2010 n’a pas permis de rattraper ce retard.

Le suivi mensuel souligne un manque de croissance au début de la saison de pêche des moules de bouchot (juin). Ce constat peut être à l’origine de la diminution importante du rendement par pieu (en fonction des sites). L’impact immédiat de ce déficit a conduit la profession à exploiter un plus grand nombre de pieux de bouchots pour satisfaire la demande commerciale, avec pour conséquence un effet négatif sur les prévisions d’exploitation professionnelle.

Le site de Marsilly est caractérisé par une diminution de croissance importante en été (50% du gain printanier). Le constat d’une disparition des individus les plus gros sur un suivi réalisé à la même période sur ce même site conforte l’hypothèse d’une mortalité anormale des plus gros individus. Ces éléments sont à relier au constat de la diminution des rendements par pieu dans une partie de ce secteur.

Outre cette croissance limitée, le manque d’algues depuis le mois de mars est certainement à l’origine d’un taux de remplissage inférieur à la Certification Conformité Produit (24) sur la plupart des sites, même si certains sites plus océaniques (« Roulières », « Boyard »), ainsi que « Yves » à partir de septembre, sont légèrement favorisés avec un indice supérieur à 24.

Les croissances printanière, estivale et automnale de l’année 2011 sont en dessous de la moyenne 2006 " 2010. La perte de croissance est estimée à 19% sur les bouchots et 13% sur les filières en décembre. Il est d’ores et déjà probable que les rendements (% de moules de taille marchande par pieu) en début de campagne 2012 seront faibles.

Pour plus d’informations sur l’aquaculture et la conchyliculture, rendez-vous sur le site du Centre Régional d’Expérimentation et d’Application Aquacole (CREAA)

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