Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux souterraines - Année 2009

Source des données : Région Poitou-Charentes
Issu du rapport : Réseau régional de suivi de la qualité des nappes en 2009 " Gestion du réseau et exploitation des résultats " Rapport final " Septembre 2010 " BRGM

Sommaire
Le réseau
Eléments de chimie des eaux souterraines
Synthèse
Les nitrates
Les pesticides
Les différentes nappes

Le réseau

Au cours des trente dernières années le développement des activités humaines et notamment de l’activité agricole intensive a entraîné une dégradation de la qualité de certaines nappes d’eaux souterraines en Région Poitou-Charentes. Des teneurs en nitrates et produits phytosanitaires rendent localement les eaux impropres à la consommation.
Par ailleurs, la présence de certains éléments d’origine naturelle avec des teneurs élevées par rapport aux normes pour l’usage « eau potable » est constatée. La qualité des eaux souterraines, avant la mise en place du Réseau régional Poitou- Charentes en 2001, n’était généralement observée que par les contrôles sanitaires réalisés pour l’alimentation en eau potable (AEP) ; suivis qui ne rendent compte que partiellement de la qualité de la ressource. En effet, ces suivis s’intéressent en priorité aux eaux distribuées et ne correspondent qu’à un échantillonnage partiel des eaux souterraines (celles capables de satisfaire qualitativement et quantitativement aux besoins AEP). Les AEP abandonnés pour des teneurs en nitrates supérieurs à 50 mg/l ne sont, par exemple, en général plus suivis.

La mise en place du Réseau régional de suivi de la qualité des nappes depuis 2001 permet de :
- Collecter à pas de temps régulier des échantillons d’eau souterraine pour analyses et de révéler une image de la qualité de l’eau et par la même occasion identifier les pollutions,
- Contribuer à orienter en conséquence les politiques de préservation de la qualité ou de la restauration sur le moyen ou le long terme,
- Juger de l’efficacité des politiques mises en oeuvre en les réajustant si nécessaire.

L’objectif principal du réseau est la collecte de données de manière à constituer une base de référence utilisée non seulement pour faire un état des lieux mais aussi pour juger de l’efficacité des actions mises en oeuvre. Depuis 2005 cette base de données est disponible sur Internet à travers le site ADES (Administration des Données sur les Eaux Souterraines).

Ce réseau est fédérateur dans la mesure où il regroupe des points suivis dans des cadres différents. En effet, on distingue les objectifs suivants :
- RCO : Réseau de Contrôle Opérationnel.
- RCS : Réseau de Contrôle de Surveillance.
- POC : Réseau complémentaire permettant de suivre des problématiques régionales plus locales.

Eléments de chimie des eaux souterraines

La composition des eaux naturelles est déterminée par un ensemble de processus d’altération des roches. L’interaction entre l’eau et la roche met en jeu de nombreuses réactions, physicochimiques et biochimiques : acide/base, oxydo/réduction, dissolution/précipitation, adsorption/désorption, échanges d’ions, complexation…
A côté des éléments majeurs (hydrogénocarbonates, sulfates et chlorures, calcium, magnésium, sodium et potassium) on trouve d’autres éléments « mineurs » naturels tels que le fer, le fluor, le manganèse… qui peuvent être indésirables selon leur teneur dans l’eau. La composition chimique des eaux souterraines est également dépendante des activités humaines, généralement par l’apport de « polluants » tels que les métaux lourds, les pesticides, les engrais… issus de l’industrie, des pratiques agricoles ou domestiques.
La caractérisation de la qualité d’une eau nécessite donc la quantification de nombreux éléments chimiques analysés en laboratoire mais également de paramètres mesurés sur le terrain (mesures physico-chimiques) : la conductivité, la teneur en Oxygène dissous, le pH, le potentiel REDOX (eH), le Titre Alcalimétrique Complet (TAC) et la température de l’eau.
En ce qui concerne les paramètres indésirables, dont l’origine est naturelle, hormis les fluorures qui concernent principalement l’aquifère de l’Infra-Toarcien, et le baryum présent dans les aquifères du Jurassique moyen et de l’Infra-Toarcien, les autres éléments sont peu présents dans l’ensemble des aquifères régionaux surveillés.

De façon générale, on observe des variations des valeurs des différents paramètres plus importantes en nappes libres, notamment dans les zones de karsts, qu’en nappe profonde captive. Les nappes libres sont en effet plus sensibles aux variations climatiques saisonnières et plus vulnérables par rapport aux activités de surface, ce qui est le cas pour les aquifères de la région. Ainsi, dans les zones karstiques, les transferts de matières sont généralement accrus en périodes de précipitations importantes, ce qui se vérifie dans l’eau par une augmentation de la conductivité et de teneurs de certains composés.
Les eaux des aquifères profonds captifs, sensu-stricto, sont quant à elles relativement bien protégées par le ou les épontes imperméables. Ainsi, les contaminants d’origine anthropique tels que les pesticides et nitrates sont généralement absents. A contrario, ces eaux, du fait d’un certain confinement au sein de l’aquifère, peuvent présenter des teneurs importantes en paramètres indésirables, d’origine naturelle, qui les rendent impropres à la consommation.

Enfin, le fond géochimique de certains aquifères peut être caractérisé par une salinité (ou minéralisation) importante notamment le long du littoral. Une eau salée est ainsi définie comme une « eau contenant une quantité sensible (…) de sels dissous. Sa concentration minimale en matières dissoutes peut être fixée conventionnellement : en général à 1000 ppm » [Castany et Margat, 1977].
L’origine de la salinité d’un aquifère côtier est multiple [Blum et al., 2001] :
- Percolation d’eau à travers des éléments salés : dépôts évaporitiques, altération des sols ou roches de surface, sels apportés par le transport éolien,
- Intrusion d’eaux salées : eau de mer, eaux de surface saumâtres, saumures,
- Concentration en sels dissous par évaporation.

Synthèse

L’ensemble des aquifères, excepté celui de l’Infra-Toarcien, présente des eaux bicarbonatés calciques. L’infra-Toarcien montre une gamme de six faciès majoritairement bicarbonaté mais pouvant être calcique, magnésien ou sodique à chloruré sodique.
Aucune évolution générale significative de ces paramètres n’est constatée tout comme pour les éléments indésirables dont l’origine est naturelle.
Les particularités et aspects du réseau les plus significatifs sont les suivants :
- La nappe captive de l’Infra-Toarcien est généralement préservée des contaminations d’origine anthropique du fait du recouvrement de cet aquifère par les marnes imperméables du Toarcien qui assurent une protection vis-à-vis des contaminations de surface. Par contre, les teneurs naturelles en fluor sont généralement importantes et peuvent dépasser le seuil de qualité.
- Les nappes du Crétacé supérieur, du Jurassique supérieur et moyen développées dans des formations calcaires, présentent en règle générale (en dehors des points littoraux) dans leurs parties libres, une vulnérabilité importante vis-à-vis des pollutions de surface, si bien que la qualité de leurs eaux est plus ou moins dégradée
- Les points singuliers le long du littoral se différencient nettement par leur caractère très minéralisé. Ces différents points ne montrent généralement pas d’impact anthropique récurrent. La présence d’herbicides peut être observée, mais il s’agit vraisemblablement de désherbage autour de l’ouvrage.
- L‘analyse en fonction de la typologie de la nappe montre logiquement que les points libres localisés dans les formations karstifiées sont généralement plus vulnérables aux contaminations des eaux de surface (nitrates et pesticides) que les points situés dans les aquifères libres non karstifiés ; toutefois ces derniers sont eux-mêmes sensibles aux pollutions à la différence des points "captifs".
- En ce qui concerne les nitrates, il apparait que l’ensemble des nappes libres, sauf quelques exceptions, sont contaminés. Les secteurs géographiques assez bien "préservés" sont situés, en dehors des faciès salés littoraux (impact des eaux marines) et des nappes captives naturellement protégées, surtout dans la partie méridionale des Charentes, généralement peu agricole.
Tout comme les années précédentes, on ne constate pas d’évolution particulière concernant les nitrates. Vingt-trois points du réseau ont dépassé au moins une fois le seuil de qualité fixé à 50 mg/l. La teneur maximal mesurée est de l’ordre de 100 mg/l.
- En ce qui concerne les pesticides, la contamination des eaux souterraines est principalement liée à la présence du groupe d’herbicides des triazines et plus ponctuellement à certaines urées substituées. Les teneurs en atrazine, simazine, terbuthylazine montrent une baisse significative depuis 2003 (année de retrait du marché) alors que celles des métabolites (atrazine déséthyl, atrazine déisopropyl, hydroxy-atrazine) restent relativement stables à l’échelle régionale.
D’autres substances, toujours autorisées en 2009, sont détectées de manière plus épisodique, en particulier le métolachlore mais également l’isoproturon, le chlortoluron, le glyphosate et l’AMPA.

Les nitrates

L’analyse des mesures sur la période 2001-2009 montre que la contamination des eaux souterraines du Poitou-Charentes par les nitrates est importante : 70 % des points du réseau présentent des valeurs supérieures à 10 mg/l. Les teneurs sont assez faibles (voire nulles) dans les nappes captives par rapport aux nappes libres.

Les masses d’eau les moins contaminées se localisent sur les secteurs à pression agricole faible.
Les masses d’eau du Jurassique moyen et du Jurassique supérieur sont les plus contaminées et montrent des teneurs dépassant fréquemment le seuil de qualité (50 mg/l).
Les masses d’eau du Crétacé du nord de la Vienne présentent également une contamination importante avec des dépassements de seuil.

Carte de l'amplitude des variations des teneurs saisonnières en nitrates en 2009

Carte des teneurs moyennes en nitrates des masses d'eau libres - basses eaux 2009

Carte des teneurs moyennes en nitrates des masses d'eau libres - hautes eaux 2009

Carte de la tendance évolutive des nitrates. Médiane 2001-2009 / médiane 2009

Les substances actives contenues dans les produits phytosanitaires

Produits phytosanitaire, biocide, pesticide,… de quoi parle t-on ?

Le terme « pesticide » désigne les substances ou les préparations utilisées pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes jugés indésirables (plantes, animaux, champignons, bactéries). Dans le langage courant, le terme « pesticide » est généralement associé à un usage agricole, or le terme générique englobe également les usages domestiques, urbains, de voirie, d’espaces verts,…

Pour les usages agricoles, des espaces verts, de voirie ou du jardin, on emploie généralement le terme « produit phytosanitaire ». Mais, il existe de nombreuses autres catégories d’usages : les désinfectants, les produits de protection (du bois, antipelliculaires, anti-moisissures…), les produits antiparasitaires (lutte contre les rongeurs, les mollusques…). Ces derniers composent la famille des « biocides ».

Les « pesticides » regroupent l’ensemble de ces produits, phytosanitaires et biocides, qu’ils soient d’origine naturelle (sulfate de fer…) ou de synthèse. Ils sont tous constitués de substances actives (qui agissent sur la cible) et d’adjuvants (permettant à la substance d’atteindre la cible). Les substances de synthèse recherchées dans les eaux sont essentiellement contenues dans les produits phytosanitaires.

La Commission européenne a achevé l’examen des produits phytosanitaires existants présents sur le marché avant 1993

L’ensemble des substances actives contenues dans les produits phytosanitaires et les produits biocides font l’objet d’une réévaluation européenne visant à mieux prendre en compte les risques pour la santé humaine et l’environnement.
Concernant les produits phytosanitaires (directive 91/414/CE), la révision de toutes les substances actives (existantes en 1993) s’est achevée en 2009. Sur quelques 1000 molécules autorisées sur le marché européen en 1993, seules 26 % ont été maintenues. Ainsi, au terme de cet important travail de révision, environ 250 substances ont été conservées.
Concernant les produits biocides (directive 98/8/EC), sur les 964 substances actives identifiées en 2006, 548 ont été abandonnées par les fabricants et donc définitivement retirées du marché. Une révision européenne des autres molécules est en cours.
Par ailleurs, le lancement en juin 2007 du règlement européen REACH impose l’enregistrement de tous les produits chimiques et l’évaluation de certaines substances. Cela concerne en particulier les substances actives (mais l’évaluation est déjà réalisée) et surtout les adjuvants (antigel, antimousse, solvant…) dont l’innocuité devra également être démontrée. Ces derniers pourraient conduire à l’interdiction de certains produits commerciaux en fonction de leur toxicité.

Parmi les 28 substances et métabolites détectés dans les eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2009, 18 sont concernés par une interdiction d’emploi (en incluant les métabolites).

Ces nombreux retraits ont des répercussions directes sur les itinéraires techniques adoptés par les utilisateurs de produits phytosanitaires. La plupart des substances détectées dans les eaux souterraines ces dernières années sont ainsi retirées progressivement du marché (depuis 2003, retrait des triazines : atrazine, simazine et terbuthylazine, de l’alachlore, de la trifluraline, du diuron, de l’acétochlore, du métaldéhyde, etc).

Vers une baisse durable des ventes de produits phytosanitaires

2 700 tonnes de substances de synthèse en 2000 et 2005 : c’est l’estimation des ventes de produits phytosanitaires en Poitou-Charentes établie à partir d’enquêtes régionales auprès des distributeurs. Environ 97 % est utilisée en agriculture et 3 % en zones non agricoles (collectivités, particuliers, …).
Au niveau national, les quantités vendues de substances actives tendent à diminuer d’après les chiffres fournis par l’Union des Industries de Protection des Plantes. En 2009, la masse vendue est la plus faible depuis 2001 (52 100 tonnes hors substances minérales).
D’un point de vue qualitatif, on note cependant une évolution significative des pratiques. Les ventes de glyphosate, herbicide représentant 17 % des ventes régionales en 2005, ont triplé entre 1996 et 2005 (150 tonnes pour 460 tonnes environ) alors que les insecticides ont largement reculé. Les nombreux retraits d’autorisation ont eu des répercussions sur les pratiques en 2009.
Concernant les produits biocides, il n’existe pas de données régionalisées équivalentes. A dire d’experts, les ventes de produits biocides en Europe représenteraient moins de 25 % du volume total des pesticides, qui s’élevaient à 315 000 tonnes de substances de synthèse et minérales en 2002 dans l’Europe des 155.

Des disparités importantes

Les nappes captives préservées
Les nappes captives (infra Toarcien, Jurassique sup et Crétacé sup) sont globalement protégées des contaminations par les pesticides. Les détections mesurées ces dernières années correspondent à certains points particuliers et à des anomalies d’isolation du forage.

Les nappes libres plus ou moins contaminées
Les résidus de pesticides sont présents dans la plupart des nappes libres de la région. On note toutefois des disparités assez nettes entre les différents réservoirs aquifères.
- Les nappes libres du Jurassique supérieur sont globalement les moins contaminées par rapport à cette problématique phytosanitaire. Dans l’ensemble, les teneurs en atrazine déséthyl et atrazine observées sont faibles et n’engendrent pas de dépassements de 0,1 μg/L. Les teneurs en atrazine déséthyl diminuent sensiblement.
- Concernant les nappes du socle et les nappes alluviales, deux stations sur les cinq présentent une contamination avec la présence de triazines et de métolachlore. A Vouneuil-sur-Vienne, la culture du maïs dans la vallée peut expliquer la présence de cette dernière molécule (pic à 0,14 μg/L).
- Les nappes libres du Crétacé supérieur en Charentes restent globalement les plus contaminées, à l’exception de celles situées à l’aplomb de zones naturelles (littoral charentais) et de recouvrements du Tertiaire (Eocène…) dans le sud. Cette dégradation est liée essentiellement à la présence d’atrazine déséthyl et d’atrazine.
Les teneurs en atrazine déséthyl avoisinent régulièrement les 0,1μg/L.
- A l’aplomb du vignoble de Cognac, le bruit de fond dû aux herbicides utilisés pour l’entretien des sols viticoles (simazine, terbuthylazine) est toujours observé, pouvant engendrer localement de fortes contaminations. Le diuron interdit en 2008 n’a été détecté qu’à cinq reprises à des teneurs faibles allant de 0,02 à 0,03 μg/L.
- Concernant les nappes libres du Jurassique moyen (Dogger), les contaminations sont plus fluctuantes en raison du caractère karstique de l’aquifère. L’atrazine déséthyl reste la principale molécule engendrant localement des dépassements de la norme 0,1μg/L. Le diuron n’a été détecté qu’à trois reprises (concerne deux stations) à des teneurs supérieures à 0,1μg/L. De même les urées utilisées sur céréales d’hiver (isoproturon et chlortoluron) n’ont été détectées que très ponctuellement et à des teneurs relativement faibles au regard des années précédentes.

Carte des teneurs médianes en pesticides en 2009

diagramme Taux de quantification des 10 principales molécules phytosanitaires dans les nappes libres en 2009.

Une contamination généralisée liée à la rémanence de substances déjà interdites

Les principales substances contribuant à cette contamination ont été interdites ces dernières années.
Globalement, alors que les teneurs en atrazine, simazine, terbuthylazine, baissent significativement depuis 2003 (année de retrait du marché), celles des métabolites (atrazine déséthyl, atrazine déisopropyl, hydroxy-atrazine) restent très stables à l’échelle régionale.

D’autres substances sont détectées de manière plus épisodique à l’échelle du territoire et/ou à l’échelle du temps. Parmi les urées substituées, on peut citer deux herbicides utilisés sur céréales d’hiver : l’isoproturon et le chlortoluron, et le diuron, un herbicide utilisé en zones non agricoles et cultures pérennes et interdit en France fin 2008 dans la composition des produits phytosanitaires (mesure nationale). Ce dernier est également interdit dans la composition des produits biocides.
Parmi les chloroacétamides, on peut noter la détection d’un herbicide autorisé depuis 2005 sur maïs : le S-métolachlore6 . Il est détecté à des teneurs relativement faibles à l’occasion des campagnes de printemps, correspondant à sa période d’application et en période de recharge.
Malgré l’importante utilisation du glyphosate en Poitou-Charentes, cette molécule et son métabolite l’AMPA n’ont pas été détectés en 2009 dans les nappes de la région (dégradation de la molécule dans le sol ?).

Les différentes nappes

L’Infra-Toarcien

Les points de l’Infra-Toarcien observés dans le cadre du réseau régional, au nombre de 12, sont tous situés en nappe captive. Ils se répartissent de part et d’autre du seuil du Poitou dans la partie médiane de la région.

Cet aquifère est caractérisé par des eaux avec des teneurs naturelles en fluor pouvant être incompatibles avec les normes de qualité. Un caractère magnésien, en raison du confinement et de la présence de dolomie dans le réservoir, s’affirme également pour la plupart des points. L’examen détaillé des mesures de chaque forage confirme les valeurs élevées du fluor et montre également des teneurs élevées en bore, en baryum et plus ponctuellement, en fer, manganèse, magnésium, chlorures, sodium, voire arsenic.

Ces eaux souterraines sont naturellement protégées des contaminations d’origine anthropique.

Tableau de synthèse. Données 2009. Infratoarcien.

Le Dogger (Jurassique moyen)

34 points du réseau régional captent l’aquifère du Jurassique moyen dont 3 se situent dans la partie captive de cette nappe.
Les parties libres de cette nappe se répartissent de part et d’autre du seuil du Poitou. Les zones captives profondes des bassins sédimentaires sont peu reconnues et peu exploitées.

Les teneurs en nitrates s’échelonnent, sur l’ensemble des points situés dans les parties libres de la nappe, entre 8 mg/l à presque 90 mg/l, la teneur moyenne étant de l’ordre de 41 mg/l.
13 points libres ont une concentration en nitrates dépassant au moins une fois 50 mg/l sur l’année 2009.
Sur les 3 points de la zone captive, les nitrates sont détectés sur seulement 2 points mais à des teneurs inférieures à 10 mg/l.

En 2009 (comme en 2008) les 3 points captifs n’ont pas fait l’objet d’un suivi des pesticides.
Sur les 31 points libres la présence de pesticides a été mise en évidence sur 26 points. 16 molécules différentes ont été retrouvées. 9 ouvrages ont dépassé au moins une fois la norme de qualité pour une molécule, mais aucun point n’a dépassé au moins une fois la norme de qualité en pesticides totaux (alors que deux points l’avaient dépassé en 2008). Le desethylatrazine a été retrouvé au moins une fois dans l’année sur 25 points, au lieu de 27 en 2008 (soit 84 % des points). 5 points présentent encore de l’atrazine (six en 2008).

Tableau de synthèse. Données 2009. Dogger.

Le Jurassique supérieur

Cet aquifère est exploité pour l’irrigation et pour l’Alimentation en Eau Potable dans ses parties libres qui s’étendent principalement au nord, dans les bassins versants de la Dive et de la Pallu, dans le bassin de Lezay au niveau du seuil du Poitou, et au sud, du Marais-Poitevin à Angoulême.
Les aquifères du Jurassique supérieur sont observés sur 18 points, dont 2 points captifs.

Pour l’ensemble de cet aquifère un seul point captif présente une teneur en fluor supérieure à 1,5 mg/l, avec 1,7 mg/l en moyenne pour l’année 2009.

La fréquence de détection des nitrates est de 100 % pour les points situés dans la partie libre de l’aquifère avec des teneurs moyennes qui s’échelonnent de 23 mg/l à 100 mg/l (de 20 mg/l à 110 mg/l en 2008). 5 points ont des teneurs moyennes sur l’ensemble des campagnes supérieures à la norme de qualité (7 en 2008).
La teneur moyenne reste élevée, de l’ordre de 50 mg/l comme les trois années précédentes.
Les nitrates n’ont pas été détectés sur les deux points en nappe captive, comme c’est le cas depuis le début de la mise en place du réseau.

Comme pour l’aquifère du Jurassique moyen captif aucun point captif du Jurassique supérieur ne fait l’objet d’un suivi des pesticides.
En 2009, la présence de pesticides a été mise en évidence sur 11 des 16 points libres (13 pour l’année 2008). 2 points dépassent au moins une fois la norme de qualité pour une molécule et aucun point ne dépasse la norme de qualité en ce qui concerne les pesticides totaux. 9 molécules différentes ont été retrouvées au moins une fois sur l’ensemble des campagnes de 2009.
Les molécules les plus retrouvées (au moins une fois) sont le desethylatrazine (six points, sept en 2008), l’hydroxyatrazine (deux points) et le métolachlore (trois points).
Les seuls dépassements de la norme sont sur le metolachlore : 0,12 μg/l en février 2009 et buconazole (0,11 μg/l une seule fois, alors qu’en 2008 différentes molécules avaient dépassé la norme sur différentes campagnes d’échantillonnage).

Tableau de synthèse. Données 2009. Jurassique Supérieur.

Le Crétacé supérieur

Le Crétacé supérieur est composé de deux aquifères principaux, le Cénomanien et le Turonien-Coniacie, que l’on trouve au nord dans le Bassin parisien et au sud dans les Charentes.
Le Crétacé supérieur, est observé sur 26 ouvrages libres et 10 ouvrages captifs.

Un seul point du réseau qualité du Crétacé supérieur présente une teneur en fluor supérieure à la norme de qualité, avec une teneur moyenne de 1,85 mg/l pour l’année 2009.
Il est à noter que ce point de la vallée de la Vienne est relativement proche du point captant le Jurassique supérieur qui montre aussi une anomalie en fluor. Cette anomalie avait aussi été constatée sur un point abandonné depuis. Il semble donc qu’il y ait dans le secteur de Châtellerault une anomalie en fluor qui concernerait plusieurs aquifères. _ L’origine de cette anomalie peut être naturelle ou anthropique.

Les concentrations en nitrates sont supérieures à 10 mg/l au moins sur un prélèvement pour trois points des 10 points captifs.
Sur les ouvrages en nappes libres, les teneurs s’échelonnent entre des valeurs inférieures au seuil de quantification et à presque 70 mg/l ; 4 points ont dépassé au moins une fois les normes de qualité (50 mg/l).
Neuf points ont des teneurs qui sont comprises régulièrement entre 40 mg/l et 50 mg/l. La teneur moyenne est relativement "modérée", de l’ordre de 30 mg/l pour les nappes libres.
Sur ces points, la fréquence de détection reste importante, les nitrates ayant été détectés pratiquement à chaque analyse.

Les 3 points captifs présentant des teneurs en nitrates font encore l’objet d’un suivi des pesticides. Un seul de ces points a dépassé la norme de qualité pour une molécule avec une teneur en desethylterbuthylazine égale à 0,12 μg/l en mars 2009 (teneur identique en mars 2008). Le desethylatrazine a été quantifié sur ces trois points (pour les deux campagnes).
Dans les parties libres de cet aquifère, 16 molécules différentes ont été mises en évidence sur 69. 22 points sur les 26 libres ont montré au moins sur un prélèvement la présence de pesticides (24 en 2009). Il s’agit des nappes les plus contaminées par les pesticides.
12 points ont dépassé au moins une fois la norme de qualité en pesticides pour au moins un élément et 3 points pour le total des pesticides. Comme pour les aquifères du Jurassique, c’est la desethylatrazine qui est la plus souvent retrouvée, au moins une fois (19 points sur 26, en 2008 22 points). 10 points dépassent au moins une fois la norme de 0,1 μg/l pour cette molécule. Le maximum mesuré est de 0,59 μg/l.
Les autres molécules les plus souvent retrouvées et quantifiées au moins une fois sont les suivantes :
- Simazine sur 12 points,
- Desisopropyl atrazine sur 10 points,
- Atrazine sur 8 points,
- Metolachlore sur 8 points
- Hydroxyatrazine sur 6 points,
- Desethylterbuthylazine sur 5 points.

Tableau de synthèse. Données 2009. Crétacé Supérieur.

Les autres aquifères

Le Socle

En considérant les 2 points de suivi, la teneur moyenne en fluorures est de l’ordre de 0,25 mg/l.
Les teneurs en nitrates mesurées dans les eaux issues du socle sont inférieures à 10 mg/l.
En 2008, aucun produit phytosanitaire n’avait été retrouvé. En revanche mais comme en 2007, des pesticides ont été décelés en 2009 (metolachlore).

Les aquifères quaternaires

Aquifère alluvionnaire
Sur les 4 points du réseau qualité, aucun ne présente de teneurs en fluor supérieures à la norme de qualité. La moyenne des teneurs pour l’ensemble des points alluvionnaire est d’environ 0,4 mg/l.
2 points présentent une teneur moyenne en nitrates dépassant 10 mg/l. Les 2 autres points situés dans les alluvions fluvio-marines du marais de Rochefort sont au-dessous de cette limite.
En 2009, 2 points sur les 4 présentent des teneurs en pesticides (en 2008 tous les points avaient révélés au moins une fois avec des pesticides).

Aquifères dunaire
Un seul point suit un aquifère dunaire, dans les sables dunaires. Sa teneur en fluorures est de l’ordre de 0,1 mg/l. Sa concentration moyenne en nitrates est de 21 mg/l et aucun pesticide n’y a été mesuré.

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