Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux souterraines - Année 2011

Source : Région Poitou-Charentes, BRGM

Sommaire

-  La qualité des eaux souterraines en 2011

-  Pour en savoir plus

La Région Poitou-Charentes a mis en oeuvre et est maître d'ouvrage depuis plusieurs années du Réseau régional de suivi de la qualité des nappes sur son territoire, avec la collaboration technique du BRGM et de la FREDON.

Issu du rapport : Réseau régional de suivi de la qualité des nappes en 2011 - Gestion du réseau et exploitation des résultats - Rapport final - Septembre 2012 - BRGM

Le 25 octobre 2012, les acteurs de la protection de la ressource en eau en Poitou-Charentes ont été réunis par la Région à l'occasion de la réunion annuelle sur le bilan 2011 :

Diaporama traitant de restitution des résultats de la qualité des eaux souterraines en 2011 et mise en perspectives avec les résultats des années précédentes

La qualité des eaux souterraines en 2011

-  Évolution de 2001 à 2011

De 2001 à 2011, l'évolution de la qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes concernant l'altération en nitrates est relativement stable.

Ainsi la qualité des eaux vis-à-vis des nitrates s'est peu améliorée, comme le prouve la part d'eau de qualité médiocre et mauvaise qui est identique en 2001, 2003, 2007 et 2010. De plus les années où la part d'eau de qualité médiocre et mauvaise est la plus faible, correspondent aux étés secs (en 2005 notamment) : le manque de pluie empêche le lessivage du sol, et donc aux nitrates de s'infiltrer jusqu'aux nappes.

Il est également à noter que l'évolution du taux de nitrates moyens dans les eaux souterraines renforce le constat de stagnation quant à l'amélioration de la qualité vis-à-vis des nitrates. En effet, depuis 2001, la teneur moyenne oscille entre 25 et 30 mg/L sans baisse significative.

Pour rappel, la norme française pour la consommation d'eau potable fixe à 50 mg/L les teneurs maximales en nitrates.

Concernant les produits phytosanitaires, l'évolution de la qualité est plus significative : de 50 % des points de mesure présentant une bonne qualité en 2001, on passe à 82 % en 2011.

Toutefois ces valeurs ne sont pas réellement représentatives de l'état des nappes. En effet, sur les sept substances prises en compte, seul l'isoproturon est encore autorisé en France. On ne devrait donc retrouver que cette substance lors des analyses, or on retrouve également des résidus des substances interdites.

En effet ces produits, présents dans le sol, continuent de se dégrader et de donner d'autres substances (exemple : l'atrazine se dégradant en atrazine déséthyl). De plus de nouveaux produits phytosanitaires sont utilisés pour pallier leur interdiction.

SubstanceInterdiction / Autorisation
Atrazine Interdiction d'utilisation en 2003
Atrazine-déséthyl Produit de dégradation de l'Atrazine
Diuron Interdiction d'utilisation en 2008
Isoproturon Autorisé
Lindane Interdiction d’utilisation en 2007
Simazine Interdiction d’utilisation en 2003
Terbuthylazine Interdiction d’utilisation en 2004
Pour rappel, la norme française pour la consommation d'eau potable fixe à 0,1 µg/L la concentration maximale pour chaque type de produit phytosanitaire identifié, et à 0,5 µg/L la concentration totale en produits phytosanitaires.
Pour plus d'informations sur les produits phytosanitaires autorisés ou interdits

-  Résultats par type de nappe

L'altération en nitrates et produits phytosanitaires des eaux souterraines dépend de la nature des nappes phréatiques. En effet les nappes captives sont naturellement protégées des contaminations en nitrates et produits phytosanitaires. Par conséquent, les détections mesurées correspondent essentiellement à des anomalies d'isolation du forage et ne sont pas indicatrices d'une dégradation généralisée de l'aquifère.

En revanche les nappes libres sont plus sensibles aux pollutions et aux activités anthropiques. Selon les activités agricoles qui les recouvrent, leur niveau de pollution et les substances présentes divergent :
- les pollutions en nitrates s'étendent globalement sur l'ensemble des nappes libres. En dehors des faciès salés littoraux (impact des eaux marines), les secteurs géographiques assez bien « préservés » se localisent dans la partie sud des Charentes, généralement peu agricole. Dans l'ordre décroissant, les nappes les plus contaminées sont : celle du Jurassique supérieur (50 mg/l en moyenne), puis celle du Jurassique moyen (40 mg/l en moyenne) et enfin celle du Crétacé supérieur (30 mg/l en moyenne).

- En ce qui concerne les pesticides, les nappes les plus dégradées sont les parties libres du Crétacé supérieur. Le secteur de Cognac est le plus touché, notamment du fait de l'utilisation de désherbants sur la vigne (atrazine et atrazine déséthyl). Le Jurassique moyen (ou Dogger) est également contaminé, malgré une diminution notoire de la contamination. Pour autant, les teneurs restent très fluctuantes en raison du caractère karstifié de ce réservoir.

Nappe libre : Nappe en contact direct avec l’atmosphère, via une zone non saturée en eau.

Nappe captive : Nappe généralement profonde et située entre deux couches imperméables. Elle est entièrement saturée d’eau sous pression.

Nappe karstique : Il s'agit d'une nappe présente dans un karst, c'est-à-dire, dans un massif calcaire dans lequel l’eau a creusé de nombreuses cavités.

Pour en savoir plus

-  Présentation du réseau

Au cours des trente dernières années, le développement des activités humaines et notamment de l'activité agricole intensive a entraîné une dégradation de la qualité de certaines nappes d'eaux souterraines en région Poitou-Charentes. Des teneurs en nitrates et produits phytosanitaires rendent localement les eaux impropres à la consommation.

De plus, la présence de certains éléments d'origine naturelle avec des teneurs élevées par rapport aux normes pour l'usage « eau potable » est constatée.

La qualité des eaux souterraines, avant la mise en place du réseau régional Poitou-Charentes en 2001, n'était généralement observée que par les contrôles sanitaires réalisés pour l'alimentation en eau potable (A.E.P.). Ces suivis ne rendaient compte que partiellement de la qualité de la ressource. En effet, ils ne s'intéressaient qu'aux eaux distribuées et ne correspondaient qu'à un échantillonnage partiel des eaux souterraines. Les points de captages pour l'A.E.P. abandonnés pour des teneurs en nitrates supérieures à 50 mg/L ne sont, par exemple, en général plus suivis.

Pour plus d'informations sur les captages abandonnées, consultez la rubrique Les captages d’eau potable.

Depuis 2001, la mise en place du réseau régional de suivi de la qualité des nappes permet de :
- collecter à pas de temps régulier des échantillons d'eau souterraine pour analyses et de révéler une image de la qualité de l'eau et par la même occasion identifier les pollutions,
- contribuer à orienter en conséquence les politiques de préservation de la qualité ou de la restauration sur le moyen ou le long terme,
- juger de l'efficacité des politiques mises en oeuvre en les réajustant si nécessaire.

L'objectif principal du réseau est la collecte de données de manière à constituer une base de référence utilisée non seulement pour faire un état des lieux mais aussi pour juger de l'efficacité des actions mises en oeuvre. Depuis 2005 cette base de données est disponible sur Internet à travers le site ADES (Administration des Données sur les Eaux Souterraines).

-  Composition chimique des eaux

Les eaux souterraines sont constituées d'éléments majeurs (hydrogénocarbonates, sulfates, chlorures, calcium, magnésium, sodium et potassium) et mineurs (fer, fluor, manganèse, etc.) naturellement présents dans l'eau, mais qui peuvent être indésirables selon leur concentration.

La composition chimique des eaux souterraines est également dépendante des activités humaines, généralement par l'apport de « polluants » tels que les métaux lourds, les produits phytosanitaires, les engrais qui sont issus de l'industrie et des pratiques agricoles ou domestiques.

La caractérisation de la qualité d'une eau nécessite donc la quantification de nombreux éléments chimiques analysés en laboratoire.

De façon générale, les variations des valeurs des différents paramètres sont plus importantes en nappes libres (notamment dans les zones de karsts) qu'en nappes captives.

Les nappes libres sont en effet plus sensibles aux variations climatiques saisonnières et plus vulnérables par rapport aux activités de surface. De plus, dans les zones karstiques, les transferts de matières sont généralement accrus en périodes de précipitations importantes, entraînant une augmentation de la teneur en certains composés.

Les eaux des aquifères profonds captifs sont quant à elles relativement bien protégées par une ou plusieurs couches géologiques imperméables. Ainsi, les contaminants d'origine anthropique tels que les produits phytosanitaires et nitrates sont généralement absents. A contrario, ces eaux, du fait d'un certain confinement au sein de l'aquifère, peuvent présenter des teneurs importantes en paramètres indésirables, d'origine naturelle, qui les rendent impropres à la consommation.

-  Produits phytosanitaires, pesticides,... quelle est la différence ?

Un pesticide est une substance répandue sur une culture pour lutter contre des organismes (plantes, animaux, champignons...) considérés comme nuisibles. C’est un terme générique qui rassemble les produits phytosanitaires, les insecticides, les fongicides, les herbicides, les parasiticides, etc.

Un produit phytosanitaire est un produit utilisé pour soigner ou prévenir les maladies des organismes végétaux.

Pour plus d'informations sur les pesticides en Poitou-Charentes.

-  Quelques chiffres de vente de produits phytosanitaires

D'après la Banque Nationale de Vente de produits phytosanitaires par les distributeurs agréés, 384 substances minérales et de synthèse ont été vendues en 2011 en Poitou-Charentes. La quantité est estimée à 4 300 tonnes (4 700 en 2010). Le glyphosate représente à lui seul 770 tonnes soit 18 % (600 en 2010). L'emploi du métolachlore est quant à lui assez généralisé pour le désherbage du maïs avec 134 tonnes commercialisées en 2011.

Mentions légales | Aide à la navigation | Conditions d’utilisation | Politique d’accessibilité | Crédits | Plan du site | Cadenas fermé