Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux souterraines - Année 2012

Source : Région Poitou-Charentes, BRGM

Sommaire

-  La qualité des eaux souterraines en 2012

-  Pour en savoir plus

La Région Poitou-Charentes a mis en oeuvre et est maître d'ouvrage depuis plusieurs années du Réseau régional de suivi de la qualité des nappes sur son territoire, avec la collaboration technique du BRGM et de la FREDON.

Issu du rapport : Réseau régional de suivi de la qualité des nappes en 2012 - Gestion du réseau et exploitation des résultats - Rapport final - Octobre 2013 - BRGM

La qualité des eaux souterraines en 2012

-  Évolution de 2001 à 2012

De 2001 à 2012, l'évolution de la qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes concernant l'altération en nitrates est relativement stable.

En comparant cette évolution avec le cumul des précipitations (lien vers météofrance), on constate que les années, ayant la part la plus importante d'eau de bonne ou de très bonne qualité (2005, 2009 et 2011 notamment), correspondent aux années où les cumuls de précipitations sont le moins importants. Ceci s'explique surtout par le fait que le manque de pluie empêche le lessivage du sol, et donc aux nitrates de s'infiltrer jusqu'aux nappes.

Il est également à noter que l'évolution du taux de nitrates moyens dans les eaux souterraines renforce le constat de stagnation quant à l'évolution de la qualité vis-à-vis des nitrates. En effet, depuis 2001, la teneur moyenne oscille entre 25 et 30 mg/L sans baisse significative.

Pour rappel, la norme française pour la consommation d'eau potable fixe à 50 mg/L les teneurs maximales en nitrates.

Concernant les produits phytosanitaires, l'évolution de la qualité est plus significative : de 50 % des points de mesure présentant une bonne qualité en 2001, on passe à 87 % en 2012.

Toutefois ces valeurs ne sont pas réellement représentatives de l'état des nappes. En effet, sur les sept substances prises en compte, seul l'isoproturon est encore autorisé en France. On ne devrait donc retrouver que cette substance lors des analyses, or on retrouve également des résidus des substances interdites.

En effet ces produits, présents dans le sol, continuent de se dégrader et de donner d'autres substances (exemple : l'atrazine se dégradant en atrazine déséthyl). De plus de nouveaux produits phytosanitaires sont utilisés pour pallier leur interdiction.

SubstanceInterdiction / Autorisation
Atrazine Interdiction d'utilisation en 2003
Atrazine-déséthyl Produit de dégradation de l'Atrazine
Diuron Interdiction d'utilisation en 2008
Isoproturon Autorisé
Lindane Interdiction d’utilisation en 2007
Simazine Interdiction d’utilisation en 2003
Terbuthylazine Interdiction d’utilisation en 2004
Pour rappel, la norme française pour la consommation d'eau potable fixe à 0,1 µg/L la concentration maximale pour chaque type de produit phytosanitaire identifié, et à 0,5 µg/L la concentration totale en produits phytosanitaires.
Pour plus d'informations sur les produits phytosanitaires autorisés ou interdits

-  Résultats par type de nappe

L'altération en nitrates et produits phytosanitaires des eaux souterraines dépend de la nature des nappes phréatiques. En effet les nappes captives sont naturellement protégées des contaminations en nitrates et produits phytosanitaires. Par conséquent, les détections mesurées correspondent essentiellement à des anomalies d'isolation du forage et ne sont pas indicatrices d'une dégradation généralisée de l'aquifère.

En revanche les nappes libres sont plus sensibles aux pollutions et aux activités anthropiques. Selon les activités agricoles qui les recouvrent, leur niveau de pollution et les substances présentes divergent :

  • les pollutions en nitrates s'étendent globalement sur l'ensemble des nappes libres. En dehors des faciès salés littoraux (impact des eaux marines), les secteurs géographiques assez bien « préservés » se localisent dans la partie sud des Charentes, généralement peu agricole. Dans l'ordre décroissant, les nappes les plus contaminées sont : celle du Jurassique supérieur (50 mg/l en moyenne), puis celle du Jurassique moyen (40 mg/l en moyenne) et enfin celle du Crétacé supérieur (30 mg/l en moyenne). n moyenne) et enfin celle du Crétacé supérieur (30 mg/l en moyenne).
  • En ce qui concerne les pesticides, le Crétacé supérieur reste le plus contaminé, notamment le secteur de Cognac du fait de l'utilisation de désherbants sur la vigne (atrazine et atrazine déséthyl). Le Jurassique moyen (ou Dogger) est également contaminé, malgré une diminution notoire de la contamination. Pour autant, les teneurs restent fluctuantes en raison du caractère karstifié de ce réservoir. La nappe du Jurassique supérieur est quant à elle moins dégradée vis-à-vis des phytosanitaires. Il est à noter que les sols correspondant sont principalement le support de culture de céréales et d'oléagineux qui subissent moins de traitements que la vigne ou les vergers
Nappe libre : Nappe en contact direct avec l’atmosphère, via une zone non saturée en eau.

Nappe captive : Nappe généralement profonde et située entre deux couches imperméables. Elle est entièrement saturée d’eau sous pression.

Nappe karstique : Il s'agit d'une nappe présente dans un karst, c'est-à-dire, dans un massif calcaire dans lequel l’eau a creusé de nombreuses cavités.

Pour en savoir plus

-  Composition chimique des eaux

Les eaux souterraines sont constituées d'éléments majeurs (hydrogénocarbonates, sulfates, chlorures, calcium, magnésium, sodium et potassium) et mineurs (fer, fluor, manganèse, etc.) naturellement présents dans l'eau, mais qui peuvent être indésirables selon leur concentration.

La composition chimique des eaux souterraines est également dépendante des activités humaines, généralement par l'apport de « polluants » tels que les métaux lourds, les produits phytosanitaires, les engrais qui sont issus de l'industrie et des pratiques agricoles ou domestiques.

La caractérisation de la qualité d'une eau nécessite donc la quantification de nombreux éléments chimiques analysés en laboratoire.

De façon générale, les variations des valeurs des différents paramètres sont plus importantes en nappes libres (notamment dans les zones de karsts) qu'en nappes captives.

Les nappes libres sont en effet plus sensibles aux variations climatiques saisonnières et plus vulnérables par rapport aux activités de surface. De plus, dans les zones karstiques, les transferts de matières sont généralement accrus en périodes de précipitations importantes, entraînant une augmentation de la teneur en certains composés.

Les eaux des aquifères profonds captifs sont quant à elles relativement bien protégées par une ou plusieurs couches géologiques imperméables. Ainsi, les contaminants d'origine anthropique tels que les produits phytosanitaires et nitrates sont généralement absents. A contrario, ces eaux, du fait d'un certain confinement au sein de l'aquifère, peuvent présenter des teneurs importantes en paramètres indésirables, d'origine naturelle, qui les rendent impropres à la consommation.

-  Produits phytosanitaires, pesticides,... quelle est la différence ?

Un pesticide est une substance répandue sur une culture pour lutter contre des organismes (plantes, animaux, champignons...) considérés comme nuisibles. C’est un terme générique qui rassemble les produits phytosanitaires, les insecticides, les fongicides, les herbicides, les parasiticides, etc.

Un produit phytosanitaire est un produit utilisé pour soigner ou prévenir les maladies des organismes végétaux.

Pour plus d'informations sur les pesticides en Poitou-Charentes.

-  Quelques chiffres de vente de produits phytosanitaires

D'après la Banque Nationale de Vente de produits phytosanitaires par les distributeurs agréés, 384 substances minérales et de synthèse ont été vendues en 2011 en Poitou-Charentes. La quantité est estimée à 4 300 tonnes (4 700 en 2010). Le glyphosate représente à lui seul 770 tonnes soit 18 % (600 en 2010). L'emploi du métolachlore est quant à lui assez généralisé pour le désherbage du maïs avec 134 tonnes commercialisées en 2011.

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