Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux souterraines - Année 2006

Qualité « naturelle » des eaux souterraines du Poitou-Charentes

Au sein des différents faciès de qualité « naturelle » des eaux souterraines du Poitou-Charentes, on identifie :
- les aquifères littoraux, aux eaux salées souvent non potables. L'évolution de la salinité constitue d'ailleurs un phénomène à surveiller
- la nappe captive de l'Infra-Toarcien (ou Lias) riche en magnésium et aux teneurs excessives en fluor.
- la nappe du Dogger, particulièrement karstifiée et donc vulnérable
- les nappes du Jurassique et du Crétacé supérieurs, aquifères carbonatés de nature fissurée.

Contaminations anthropiques des eaux souterraines de 2001 à 2006

Les nitrates

En 2006, un nombre significatif de points de mesures présentent une relative augmentation des teneurs en nitrates. Cette tendance à la hausse est expliquée par la reprise, avec les pluies de 2006, des lessivages des terres après une année 2005 particulièrement sèche.
Il n'y a pas ces dernières années (2001-2006) d'évolution significative des teneurs en nitrates mais la situation en Poitou-Charentes n'en demeure pas moins préoccupante. La plupart des aquifères sont en effet affectés par des contaminations anthropiques avec des teneurs mesurées souvent supérieures aux normes de potabilité. Cette situation reste toutefois disparate géographiquement, selon l'occupation du sol et les caractéristiques du sous-sol. La tendance, après une hausse généralisée des teneurs sur la période 1980-98 est cependant à un ralentissement significatif de la contamination des eaux souterraines.
Visualiser la carte de la tendance évolutive des nitrates de 2001 à 2006.

Les phytosanitaires

La contamination reste très majoritairement liée aux triazines (molécules herbicides), avec en premier lieu l'atrazine déséthyl dont les teneurs dépassent très fréquemment le seuil de potabilité (0.1µg/l) en certains points de mesures. Ses molécules-mères : atrazine et simazine sont en diminution progressive de détection.
Les effets de la substitution des molécules interdites par d'autres sont peu visibles dans les eaux souterraines (ex : le glyphosate qui engendre une pollution des eaux superficielles et qui est rarement mis en évidence dans les eaux souterraines...)
Visualiser la carte sur l'évolution des teneurs totales en phytosanitaires en 2006 par rapport à 2001-2005.

Qualité des eaux souterraines en 2006 : approche par aquifère

L'INFRA TOARCIEN (Lias)

Ces nappes captives sont généralement bien protégées sous les marnes du Toarcien et se répartissent de part et d'autre du Seuil du Poitou, dans la partie médiane de la région. L'assolement en surface aux niveaux des points du réseau de suivi régional consiste principalement en des céréales d'hiver et des oléoprotéagineux.
Les eaux ont une teneur naturelle en fluor trop élevée, souvent incompatible avec une eau potable (mélange avec des eaux du Dogger pour l'alimentation en eau potable). On retrouve également des teneurs élevées en bore, baryum et plus ponctuellement en fer, manganèse, magnésium, chlorures, sodium, calcium voire arsenic.
Ces eaux souterraines sont naturellement protégées des contaminations d'origine anthropique.
Visualiser la localisation des nappes de l'Infra - Toarcien et le tableau de synthèse des données 2006.

LE DOGGER (Jurassique moyen)

Les parties captives qui se situent au cœur des bassins sédimentaires (Châtellerault au nord et Angoulême et La Rochelle au sud) sont peu reconnues et peu exploitées. Les parties libres de cette nappe se répartissent de part et d'autre du Seuil du Poitou. Cette ressource est fortement utilisée pour l'alimentation en eau potable et l'irrigation en Vienne et un peu moins en Charente et en Deux-Sèvres. Le sol y est occupé par des cultures diversifiées : céréales d'hiver (blé, orge), oléoprotéaginaux (tournesol, colza, pois), maïs et vigne (anecdotique avec les vignobles du Haut-Poitou au nord).
Concernant la teneur en nitrates dans les nappes libres ou karstiques, la tendance « médiane » se situe à 40mg/l. La fréquence de leur détection est très importante.
En 2006, la présence de 16 molécules phytosanitaires différentes a été détectée dans les nappes libres ou karstiques, avec principalement l’atrazine, son produit de dégradation : l'atrazine déséthyl, le diuron, (herbicide autorisé en zones non agricoles et sur cultures pérennes), l'isoproturon et le chlortoluron (herbicides utilisés sur céréales d'hiver à la fin de l'automne et au début de l'été.).
Visualiser la localisation des nappes du Dogger et le tableau de synthèse des données 2006.

LE JURASSIQUE SUPERIEUR

Cet aquifère est très vulnérable car il est localisé dans les premières dizaines de mètres du sous-sol (séries calcaréo-marneuses). Il est exploité pour l'irrigation et l'alimentation en eau potable dans ses parties libres, qui s'étendent au nord dans les bassins versants de la Dive et de la Pallu et dans le bassin de Lezay et au sud du Marais Poitevin à Angoulême. Une proportion importante de surfaces est cultivée en céréales et oléoprotéagineux et au sud, des surfaces sont cultivées en vignes.
Concernant les teneurs en nitrates, la tendance « médiane », en augmentation en 2006, est très élevée et dépasse les 50 mg/l (norme de potabilité).
Dans les nappes libres, la présence de 8 molécules phytosanitaires différentes a été détectée en 2006, avec principalement l'atrazine déséthyl. Comme les années précédentes, les teneurs en phytosanitaires observées en 2006 sont faibles.
Visualiser la localisation des nappes du Jurassique supérieur et le tableau de synthèse des données 2006.

LE CRETACE SUPERIEUR

Le Crétacé supérieur est composé de deux aquifères principaux : le Cénomanien et le Turonien-Coniacien. Ils sont exploités pour l'alimentation en eau potable et l'irrigation. Le sol, au niveau de ces aquifères, est occupé par :
- des zones naturelles où l'utilisation des produits phytosanitaires est limitée : au sud des Charentes, le massif forestier de la Lande et à l'ouest, la bande littorale et les marais (Seudre, Rochefort et Oléron),
- les bassins de la Seudre et de l'Arnoult, espace agricole partagé entre différents types de production (grandes cultures, polyculture-élevage, maïs et maraîchage)
- le bassin céréalier de la Tude au sud-est de la Charente, avec quelques vignes,
- le vignoble de Cognac, où les céréales occupent également une bonne partie de l'espace. Concernant les teneurs en nitrates sur les nappes libres et karstiques, la tendance « médiane » reste relativement « modérée », de l'ordre de 30mg/l mais la fréquence de détection est importante.
Dans les nappes libres, il a été détecté en 2006 11 molécules phytosanitaires différentes. Il s'agit des nappes les plus contaminées par les produits phytosanitaires. Comme les années précédentes, les teneurs en atrazine déséthyl restent globalement plus élevées que dans les eaux du Jurassique. L'atrazine est moins fréquemment retrouvé en 2006. Dans les zones viticoles, la contamination par les herbicides utilisés pour le nettoyage des sols persiste (simazine, terbuthylazine, diuron et leurs métabolites).
Certaines nappes du Crétacé sont toutefois peu contaminées : nappes de la frange littorale (assolement non propice à l'utilisation de produits phytosanitaires) et du Sud-Charentes (protection des nappes profondes par les recouvrements argilo-sableux du Tertiaire).
Visualiser la localisation des nappes du Crétacé supérieur et le tableau de synthèse des données 2006.

Source : Région Poitou-Charentes

Commentaire : BRGM

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