Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Qualité des eaux souterraines - Année 2003

L’interprétation des résultats 2003 du réseau régional de suivi de la qualité des nappes permet de dégager des tendances fonction de la localisation du point de suivi, de la nappe captée et du caractère libre/captif de l’aquifère échantillonné.

Ainsi, les aquifères littoraux se différencient nettement par le caractère salé des eaux, soulignant l’intrusion du biseau salé. A l’exception d’un point sur l’île d’Oléron, ces eaux "salées" ne montrent pas d’impact anthropique (pas de nitrates, pas de phytosanitaires). Comme la plupart des zones littorales, il convient de surveiller l’évolution du biseau préjudiciable à l’exploitation des eaux souterraines. Des prélèvements excessifs peuvent en effet entraîner la salinisation d’eaux souterraines jusque là préservées.

La nappe captive de l’Infra-Toarcien montre en général une qualité préservée des impacts anthropiques (les marnes imperméables du Toarcien assurent une protection efficace), mais en revanche un faciès physico-chimique particulier nettement magnésien (du fait de l’abondance de la dolomie) et surtout des teneurs naturelles excessives en fluor.

Plusieurs paramètres présentent une répartition géographique assez singulière : les teneurs en chlorures augmentent d’Est en Ouest, les teneurs en baryum et en bore semblent plus importantes à la périphérie du socle, l’aluminium apparaît plus abondant dans les nappes du Dogger, ce qui traduirait le caractère particulièrement karstique de ce réservoir.

En matière de vulnérabilité aux pollutions issues de l'activité humaine, la logique est dans l’ensemble respectée aussi bien à travers l’observation des concentrations en nitrates qu’à travers celles des phytosanitaires : les points de type "karstique" sont généralement plus vulnérables que ceux notés "libres" eux-mêmes plus sensibles aux pollutions que les points "captifs". Le croisement de la répartition des nitrates et des phytosanitaires montre toutefois des secteurs géographiques assez bien "préservés". En dehors des faciès salés littoraux (impact des eaux marines) et des nappes captives naturellement protégées, il s’agit surtout de l’extrémité méridionale des Charentes où l’on ne mesure quasiment pas de substances phytosanitaires et de nitrates dans les nappes du Crétacé supérieur. Un autre secteur semble aussi se dégager à travers des teneurs particulièrement faibles en phytosanitaires et dans une moindre mesure en nitrates ; il s’agit du Jurassique supérieur entre Matha et La Rochelle dont le caractère marno-calcaire pourrait expliquer cette singularité (de type principalement fissuré, le réservoir aurait un rôle épurateur par fixation et filtration des polluants ?).

Source : Région Poitou-Charentes

Commentaire : BRGM

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