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Rivières et crues

Pour mieux connaître les richesses et la diversité des rivières et zones humides de la région Poitou-Charentes.

SOMMAIRE
Aménagement des cours d’eau

Crues et inondations

Aménagement des cours d’eau

Les cours d’eau sont des milieux dynamiques évoluant perpétuellement en fonction des caractéristiques physiques et saisonnières. La qualité de vie d’un cours d’eau dépend de nombreux facteurs tels que la vitesse du courant, la sinuosité du lit, le débit, la qualité de la ripisylve, le taux d’oxygène dissous….
Ces facteurs peuvent être dégradés ou modifiés, c’est pourquoi les cours d’eau doivent être entretenus ou aménagés afin de maintenir ses différentes fonctionnalités liées à différents usages et de restaurer leur bon état écologique.

Les différents facteurs influant sur la qualité des cours d’eau

La qualité des cours d’eau dépend de différents facteurs qui peuvent être modifiés et dégradés. Ils permettent de dresser un diagnostic du cours d’eau pour évaluer le besoin ou non d’aménagement.
Les principaux facteurs physico-chimiques déterminant l’état des cours d’eau sont les suivants :

  • la température,
  • le taux d’oxygène dissous
  • le taux d’azote
  • le taux de phosphore
  • le taux de polluants
  • le pH
  • le taux de salinité
  • la présence ou non de prolifération végétale
  • le taux de matières en suspension….

Les facteurs hydromorphologiques représentent les facteurs morphologiques et dynamiques (évolution des profils en long et en travers). Sont alors étudiés :

  • le lit mineur (diversification des écoulements, aménagement de l’habitat piscicole, sinuosité du cours d’eau, pente, granulométrie…)
  • l’état des berges et des ripisylves
  • le lit majeur et ses annexes (maillage bocager, reconnexion des annexes hydrauliques, bandes enherbées, restauration de zones humides…)
  • la continuité écologique (migration des poissons) et la ligne d’eau : présence d’un obstacle à l’écoulement, reconquête des écoulements libres…
  • le débit

(Source : F. Hervochon, P.M Chapon, JC Leclainche, P. Gilbert, L. Vienne, T. Vigneron, R. Leroy. Du concept de "bon état écologique" de la Directive Cadre sur l’Eau à l’application dans les opérations de restauration et d’entretien de rivières". Adaptation de la méthode du réseau d’Evaluation des Habitats (REH) à l’étude préalable au Contrat de Restauration et d4entretien (CRE) de la rivière l’Arz dans le Morbihan. (TSM numéro 10-2006-101 ième année).

Des facteurs biologiques sont également utilisés pour déterminer la qualité d’un cours d’eau sont également utilisés.

Pour connaître les indicateurs biologiques consulter : la faune et la flore indicateurs de qualité

Les différents aménagements visent donc à satisfaire :

  • le régime hydrologique en respectant ou rétablissant
    • les débits minimums d’étiage,
    • la connexion avec les eaux souterraines,
    • l’alternance de courants lents et rapides,
    • une variation des profondeurs.
  • les conditions morphologiques en respectant les connectivités latérales des cours d’eau avec ses milieux annexes tels que les prairies inondables, les bras morts, les zones humides…, le maintien ou le rétablissement de l’état physique des berges et de la végétation riveraine.
  • la continuité écologique en rétablissant la libre circulation des organismes aquatiques (par exemple les poissons migrateurs) à des échelles spatiales compatibles à leur cycle de développement et en rétablissant des flux de sédiments.
Pour en savoir plus consulter le site :

Les différents types d’aménagement

Sans intervention de l’Homme, la richesse des cours d’eau disparait. En effet, les lits des cours d’eau s’encombrent de divers détritus et les berges sont envahies par la végétation. L’envasement prend alors le dessus, les capacités d’écoulement sont réduites et les risques d’inondation augmentent. La qualité écologique diminue, les cours d’eau sont alors moins diversifiés en terme d’espèces (animales et végétales).

Les différents travaux visent donc à :

  • maintenir ou améliorer la qualité de l’eau (augmentation de son pouvoir épurateur),
  • freiner ou favoriser l’écoulement des eaux selon la sensibilité aux inondations,
  • stabiliser les berges pour lutter contre leur érosion,
  • améliorer la qualité des habitats pour la faune et la flore
  • préserver la qualité paysagère.
Améliorer ou préserver les fonctions des cours d’eau

Toute intervention doit être précédée d’un diagnostic de l’état initial et global du cours d’eau (de l’amont et de l’aval) ce qui permet de mieux cibler les différents objectifs des interventions.
Ensuite, l’impact de ces dernières doit être mesuré.
Enfin, une évaluation et un suivi des travaux doivent être réalisés.
Toute intervention doit donc être raisonnée et planifiée.

Trois types d’intervention sont utilisés :

  • la restauration consiste à mener des opérations permettant de rendre à la rivière l’état dans lequel elle aurait dû se trouver si elle avait fait l’objet d’une gestion régulière,
  • l’aménagement consiste à modifier fortement le cours d’eau en vue de satisfaire un objectif particulier,
  • l’entretien consiste à garder le cours d’eau dans un état optimal.

Citons quelques méthodes pour entretenir le lit d’un cours d’eau

  • le faucardage : Cette technique assure le bon écoulement des eaux ce qui va favoriser la circulation de l’oxygène, la diminution du taux de matières organiques et réduire les obstacles susceptibles de gêner la circulation des poissons.
  • le curage : Cette technique limite l’engorgement du lit et évite les dépôts trop importants.
  • mise en place de déflecteurs ou épis, des mini seuils
  • recharger le lit en matériaux granulaires

Pour en savoir plus consulter le Manuel de restauration hydromorphologique des cours d’eau de l’Agence de l’Eau Seine Normandie (document PDF de 4.3 Mo)

Pour en savoir plus consultez les sites :
Plus spécifiquement en Poitou-Charentes
Consultez les sites :
Des interventions sur les berges et les ripisylves

Les opérations d’entretien des cours d’eau concernent particulièrement celui des ripisylves et des berges.

La ripisylve est une formation végétale composée de trois strates :

  • une strate herbacée
  • une strate arbustive
  • une strate arborée

La ripisylve a de nombreux rôles quant à la préservation de la qualité des cours d’eau :

  • elle protège et consolide les berges
  • elle retient les pollutions diffuses et élimine naturellement les nitrates.
  • elle évite le dessèchement et freine le ruissellement de l’eau
  • elle abrite de nombreuses espèces
  • elle fait office de corridor biologique.

Les berges sont des écotones. Elles constituent une zone de transition entre l’écosystème aquatique et forestier (qui est la ripisylve). Elles abritent des espèces de milieux aquatiques et de rive (par exemple, la musaraigne aquatique (Neomys fodiens), le martin pêcheur (Alcedo atthis), le cincle plongeur (Cinclus cinclus) et bien d’autres…).

Si les berges doivent être restaurées, leur artificialisation (en béton par exemple) n’est pas conseillée. Elles perdent alors leur potentiel de corridor écologique, ne permettent plus les échanges entre le sol et le cours d’eau. De plus, il arrive que les espèces telles que les amphibiens ne puissent pas remonter sur la berge par manque de support.

Des techniques de génie végétal sont alors utilisées.
Ces techniques consolident les berges avec des végétaux vivants. Leur système racinaire permet de stabiliser les berges et de les protéger du courant et de l’érosion.
Différents facteurs physiques et botaniques sont à prendre en compte pour les plantations comme par exemple :

  • l’exposition à la lumière
  • le pH
  • la porosité du sol
  • la morphologie aérienne des végétaux
  • le pouvoir de régénération des végétaux
  • leur action sur les autres plantes
  • la morphologie du système racinaire…..
Pour en savoir plus consulter les sites
Plus spécifiquement en Poitou-Charentes
Consultez les sites :
Améliorer la diversité biologique

La Directive Cadre sur l’eau fait apparaitre comme obligation le rétablissement de la continuité écologique sur les cours d’eau classés "à grands migrateurs" et ceux qui pourraient le devenir. Le saumon, l’alose, la lamproie, la truite, l’anguille, qui sont des poissons migrateurs, sont très sensibles à la qualité de l’habitat et en particulier pour se reproduire.
Pour en savoir plus consultez la rubrique vie aquatique : Importance des caractéristiques du milieu pour les espèces.

Différents aménagements sont donc nécessaires afin d’augmenter la capacité d’accueil du milieu pour les poissons :

  • mise en place d’ouvrages telles que les passes à poissons : les passes à poissons permettre aux poissons de franchir des obstacles artificiels.
  • mise en place de divers habitats :
    • de frayères,
    • de caches sous berges où ils peuvent se reposer, s’abriter,
    • de déflecteurs qui diminuent la section d’écoulement et contribuent à la diversification des habitats (création de fosses par exemple) et des écoulements
    • de seuils qui créent des petites chutes d’eau qui favorisent l’oxygénation du milieu et maintiennent une hauteur d’eau adéquate pour le développement des juvéniles. Les seuils vont également favoriser le développement de fosses à l’aval (zones refuges potentielles)
  • Le fond doit présenter certaines particularités pour que les femelles viennent pondre :
    • Un lit de galets ou de graviers stables pour éviter un déplacement trop important des œufs en cas de crue.
    • La granulométrie doit être adaptée pour que les femelles puissent creuser un trou et y mettre leurs œufs
    • La hauteur d’eau, la vitesse du courant et l’oxygénation sont également des facteurs importants.

Les barrages doivent également être aménagés afin que les poissons puissent les franchir en remontant la rivière.

Il ne faut pas oublier les aménagements complémentaires afin de lutter contre les espèces exotiques envahissantes qui perturbent les hydrosystèmes et ont un impact important sur la biodiversité indigène.
Pour en savoir plus, consultez la rubrique "suivi et protection des milieux aquatiques" : les espèces invasives

Afin d’améliorer la qualité des écosystèmes aquatiques et de diversifier les habitats certaines règles sont à respecter :

  • Modifier le moins possible la morphologie du cours d’eau
  • Ne pas artificialiser les berges et le fond
  • Reconnecter les bras morts
  • Respecter les liaisons fonctionnelles entre le cours d’eau et les annexes hydrauliques (prairies, parcelles riveraines
  • Diversifier les écoulements
Pour en savoir plus consultez les sites :
  • Du Ministère de l’Ecologie du Développement et de l’Aménagement Durables : Les poissons migrateurs
  • De l’ONEMA (Office National de l’eau et des milieux Aquatiques) : Continuité écologique. Impact des barrages sur la répartition de deux espèces de migrateurs amphibiotiques en Bretagne : le saumon atlantique et l’anguille européenne.
  • De l’Agence de l’Eau Adour-Garonne : L’entretien des passes à poissons. Dépliant 3 volets édité afin d’aider les gestionnaires à mieux comprendre la conception, le fonctionnement -et son contrôle- les dysfonctionnements des passes à poissons et la réglementation. Document PDF de 2 Mo.
  • Agence de l’Eau Seine- Normandie : La loutre dépendante des peuplements piscicoles
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Consultez les sites :

Les différents acteurs

Les techniciens médiateurs de rivières, animé par le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement (C.P.I.E.) Val de Gartempe ont différentes missions :

  • ils surveillent (mission non règlementaire) l’état général des cours d’eau
  • ils suivent les travaux de restauration-entretien.

Pour en savoir plus consulter leur site internet : Techniciens médiateurs de Rivières

Pour connaitre les différents acteurs de l’eau ouvrant en Poitou-Charentes Consultez la rubrique "acteurs de l’eau".

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