Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Situation Initiale de l’Etiage 2007 : Etat de la ressource

Introduction : Rappel de la situation en fin d’étiage 2006.

Cf. Bilan de l’étiage d’Octobre 2006

Le mois de mars 2006 a connu des pluies très importantes sur le Marais Poitevin et sur l’ensemble de la région Poitou-Charentes.
Puis il a été suivi par un trimestre relativement sec d’avril à juin et par deux mois (juillet et août) présentant des précipitations disparates. Les nappes ont été alors rapidement vidangées, et de manière importante jusqu’au mois de juillet où 74 % des piézomètres présentaient un niveau inférieur à la moyenne. Parallèlement, les débits de rivière enregistrés aux stations « police de l’eau » ont été, en juillet, jusqu’à 10 fois inférieurs à la normale et 41 % des stations RDOE étaient en assec ou en rupture d’écoulement. Par conséquence, plus d’un tiers des zones de gestion de la région Poitou-Charentes et du Marais-Poitevin ont été en interdiction totale de prélèvements à la mi-août.

Puis, au cours des mois de septembre et d’octobre 2006, la région Poitou-Charentes et le Marais-Poitevin ont été bien arrosés. Compte tenu de ces précipitations importantes en fin d’étiage, plus des deux tiers des nappes avaient des hauteurs supérieures à la moyenne à fin octobre. De manière similaire, la majorité des débits des cours d’eau ont augmenté, pour atteindre, à la fin de l’étiage, des valeurs mensuelles supérieures à la moyenne.
Cependant, la Boutonne, la Seudre, l’Argenton, la Sèvre Niortaise et le Clain franchissaient encore le débit de crise en septembre ; et la Vendée le dépassait au mois d’octobre.

1. Etat de la ressource

1.1. Pluviométrie

Le mois d’Octobre 2006 a présenté des précipitations excédentaires sur la région Poitou-Charentes et sur la Vendée. Mais les trois mois qui ont suivi se sont montrés très secs, en particulier dans le sud de la région Poitou-Charentes. Ce n’est qu’à partir du mois de février que les pluies ont été à nouveau plus importantes.
Du 1er septembre 2006 au 31 mars 2007, la situation de la région Poitou-Charentes est assez hétérogène entre le nord et le sud en terme de précipitations efficaces [1]. Elles sont proches de la moyenne voire légèrement excédentaires en Deux-Sèvres et dans le Sud Vendée. Elles restent par contre bien déficitaires dans le sud de la Charente et de la Charente-Maritime.

cumul des précipitations efficaces

La pluviométrie du mois de mars est nettement supérieure aux normales en région Poitou-Charentes et deux fois plus importante que la normale en Vendée. Du point de vue du cumul des précipitations depuis le début de l’année hydrologique, seul le sud des Charentes connaît une situation pluviométrique proche des normales à légèrement déficitaire. Ces précipitations observées au cours du mois de mars profitent à la fois à la recharge des nappes et à la végétation.

Précipitations en mars

Mais au cours du mois d’avril, les températures sont élevées et la pluviométrie mensuelle est nettement inférieure aux normales sur la majeure partie de la région. Le cumul des précipitations depuis le début de la saison hydrologique reste, néanmoins, proche des normales à excédentaire, hormis pour le sud des Charentes qui connaît une situation pluviométrique légèrement déficitaire.

précipitations en avril

1.2. Etat des nappes d’eau souterraine

Evolution des nappes

Fin septembre 2006, la moitié des piézomètres de la région Poitou-Charentes présente des niveaux inférieurs à la moyenne dont 3 % sont inférieurs aux minima.
Etant données les fortes précipitations de septembre et d’octobre, les nappes se sont rechargées : plus des deux tiers des piézomètres ont des niveaux supérieurs à la moyenne à fin octobre.

Puis, de novembre 2006 à février 2007, 56 à 74 % des piézomètres ont présenté des hauteurs de nappe supérieures à la moyenne.

Ensuite, les pluies du mois de mars ont permis une recharge significative sur la majorité du territoire puisqu’à la fin mars 2007, 86 % des piézomètres présentent des niveaux supérieurs à la moyenne.
La Charente est le département montrant la situation la plus favorable au niveau régional car 91 % des niveaux piézométriques sont au-dessus de la moyenne (contre 79 % en Vienne).

nappes en mars

A fin mars, les hauteurs de la plupart des nappes libres augmentent et sont dans l’ensemble au-dessus de la moyenne, hormis certains secteurs (Nord Vienne et Deux-Sèvres, par exemple). Les aquifères captifs plus profonds du sud de la région (Turonien - Coniacien) se rechargent, et montrent des niveaux, soit inférieurs à la moyenne calculée sur les années antérieures (Baignes), soit supérieurs (Laurent, Juillaguet, Rouffiac). Plus au nord, les aquifères captifs (Infra-Toarcien), remontent et présentent des niveaux supérieurs à la moyenne (Rouillé, Saizines, Couhé2, Outres2), ou inférieurs à la moyenne (Abbaye, Fontjoise, Choué).

Etat des aquifères au 31 mars 2007

Ainsi, sur l’ensemble de la région, à fin mars, 90 % des nappes captives et 79 % des nappes libres ont des hauteurs supérieures à la moyenne.

Puis, au mois d’avril, la plupart des nappes de la région débute leur vidange. Au 30 avril, 31 % des piézomètres ont des niveaux inférieurs à la moyenne (calculée sur la période 1993-2006), contre 14 % à fin mars.
Contrairement au mois précédent, la Charente est, en avril, le département de la région présentant la situation la moins favorable avec 43 % des piézomètres ayant des niveaux inférieurs à la moyenne.

nappes en avril

Etat des aquifères au 30 avril 2007

A fin avril, les niveaux piézométriques de la plupart des nappes libres baissent mais restent, dans l’ensemble, supérieurs à la moyenne (hormis certains secteurs).
Les aquifères captifs plus profonds du sud de la région (Turonien - Coniacien) montrent des niveaux, soit inférieurs à la moyenne calculée sur les années antérieures (Baignes), soit supérieurs (Laurent, Juillaguet, Rouffiac). Plus au nord, les aquifères captifs (Infra-Toarcien), présentent des niveaux supérieurs à la moyenne (Rouillé, Saizines, Couhé2, Outres2, Fontjoise), ou inférieurs à la moyenne (Abbaye, Choué).

Ainsi, sur l’ensemble de la région, à fin avril, 69 % des nappes captives et 70 % des nappes libres ont des hauteurs supérieures à la moyenne (contre respectivement 90 % et 79 % en mars).

Pour le secteur du Marais-Poitevin, et plus particulièrement le Sud Vendée, les nappes se sont bien rechargées au cours de l’hiver suite aux fortes pluies enregistrées. A la fin du mois de mars, les niveaux des nappes sont supérieurs à la moyenne et pour certaines d’entre elles proches des maxima.
Mais elles ont enregistré une forte baisse au cours du mois d’avril, passant sous la moyenne au cours de la deuxième quinzaine du mois ; la nappe du socle fait exception car son niveau s’est maintenu autour de la moyenne.

1.3. Etat des cours d’eau

(Sources : Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) " Délégation Régionale de Poitiers, DIREN Poitou-Charentes, DIREN Pays de la Loire, Services Prévisions des Crues Littoral Atlantique, Vienne-Thouet et Dordogne)

En Octobre 2006, les débits des cours d’eau, bénéficiant des pluies des deux derniers mois, présentent pour la majorité d’entre eux, des valeurs mensuelles supérieures à la moyenne. Certains cours d’eau ont tout de même des débits moyens mensuels encore 2 à 3 fois inférieurs à la moyenne comme la Tude à Médillac, le Bandiat à Feuillade, la Tardoire à Montbron et la Seugne à Saint-Seurin-de-Palenne. La situation est jugée délicate en Charente-Maritime par le Réseau d’Observation de Crise des Assecs (ROCA). Et la Vendée est classée en situation de vigilance.

En Novembre et Décembre, les débits des cours d’eau présentent une situation mitigée avec, de manière générale, des valeurs supérieures ou proches de la moyenne en Deux-Sèvres, sur le Marais-Poitevin et en Vienne, et des valeurs inférieures à la moyenne en Charente et Charente-Maritime.
Au cours de ces deux mois, dans le cadre du ROCA, le département de Charente-Maritime est encore en situation de vigilance. Les conditions hydrologiques des mois de novembre et début décembre apparaissent favorables à la migration des salmonidés, ainsi qu’à la reproduction de la truite grâce aux débits qui ont assuré un nettoyage des zones de frayères et permis la remontée des géniteurs. Toutefois, dans le département de la Vienne, certains affluents de la Gartempe à forte pente (Bussonnières, Peu, Clairette) ont pu souffrir de la crue (destruction probable des frayères car aucune observation n’a été faite mi-décembre).

Au mois de Janvier, la majorité des cours d’eau de la région ont des débits moyens proches des moyennes interannuelles ; mais la Seugne et la Seudre, notamment, montrent toujours des débits particulièrement faibles, respectivement égaux à 0,5 et 0,4 fois leur débit moyen interannuel.
Au cours des mois de janvier et février, les forts débits ont permis le nettoyage des végétaux typiques de l’eutrophie (cyanophycées, lentilles d’eau, …). Le débordement a également favorisé les zones de reproduction des amphibiens en Vienne et Deux-Sèvres par l’augmentation des surfaces favorables (remplissages des mares, ennoiement des zones humides).
Des proliférations d’algues filamenteuses ont été relevées dans les départements de la Vienne (sur l’Envigne où la pousse de nénuphars a déjà débuté) et de la Vendée (sur les systèmes d’eau calme réchauffant vite).
Concernant l’état des peuplements des poissons, les conditions sont favorables au franchissement des obstacles et à la remontée des migrateurs sur les grands axes. Par ailleurs, les conditions de reproduction de la truite semblent avoir été satisfaisantes en Deux-Sèvres ; et les températures élevées et les bons niveaux d’eau ont permis à d’autres espèces de se reproduire, comme le vairon, sur les affluents du Clain, de la Charente et de la Boutonne.

Les débits augmentent ensuite jusqu’au mois de Mars. A la fin de ce dernier mois, l’ensemble des bassins témoigne d’écoulements nettement supérieurs à ceux habituellement rencontrés à cette saison. Les débits traduisent, pour la majorité des cours d’eau de la région, une situation hydrologique humide à très humide. La Seudre retrouve même un écoulement moyen excédentaire de 70 % alors qu’il était déficitaire de 60 % et 30 % aux mois de janvier et février.

Puis en Avril, les faibles précipitations et les températures élevées ont conduit à une diminution considérable des débits. Pour la plupart des bassins, les écoulements sont inférieurs à ceux habituellement rencontrés à cette saison. Les débits traduisent une situation hydrologique globalement sèche, en particulier sur le bassin amont de la Charente et sur celui de la Sèvre Niortaise. Le manque des précipitations et l’augmentation anormales des températures, au cours de ce mois, ont généré des étiages sur les petits cours d’eau, voire des assecs (tels que sur un affluent de la Belle, sur les affluents de la Couture, ou sur le Lambon aval).

Les précipitations, l’augmentation des températures et l’ensoleillement ont provoqué des proliférations d’algues benthiques sur de nombreuses rivières en Deux-Sèvres et Vendée, et des développements importants de végétaux sur l’ensemble des cours d’eau des Deux-Sèvres avec l’apparition des premières lentilles d’eau dans le Marais Poitevin.
Suite aux précipitations brutales et aux épisodes de crue, une turbidité accrue a été observée sur certaines rivières s’étendant parfois sur tout le réseau comme en Vendée. Le débordement et l’inondation des lits majeurs et des annexes ont continué à favoriser la reproduction des amphibiens. Et les conditions climatiques et la pluviométrie ont été favorables à la reproduction du Brochet et de la Truite.
Cependant, en Vendée et en Deux-Sèvres, la baisse trop rapide des niveaux d’eau du mois d’avril a compromis l’émergence des alevins de Brochet et la dispersion des juvéniles des annexes vers les cours principaux. Des mortalités de diverses espèces supérieures à la normale ont été signalées, probablement dues aux températures anormalement élevées en Vendée (mortalité de carassins) et en Deux-Sèvres (mortalité de brèmes).
Jusqu’à mi-avril, les conditions hydrologiques et les températures ont été, dans l’ensemble, favorables à la circulation des poissons migrateurs, notamment sur les grands axes Charente, Vienne… Mais, dans les Deux-Sèvres, la baisse des niveaux d’eau a augmenté les difficultés de migration, en particulier sur la Sèvre Niortaise où aucune observation d’alose et de lamproie n’a été faite.

Notes

[1] Les précipitations efficaces correspondent aux précipitations diminuées de l’évapotranspiration (évaporation et transpiration des plantes) et de la recharge des sols, c’est-à-dire à l’eau disponible pour l’écoulement des cours d’eau et la recharge des nappes (ces précipitations se concentrent sur la période d’octobre à mars).

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