Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Situation de l’étiage à fin juillet 2007 : Conséquences

3. Effets et perspectives

3.1. Sur les Milieux

(Source : Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques " Délégation régionale de Poitiers : extraits des bulletins de situation hydrologique).

Seul le département de la Vendée a activé le ROCA (Réseau d’Observation de Crise des Assecs), à partir de mai 2007.

En mai-juin, malgré les fortes pluies et les orages parfois violents, certains petits cours d’eau présentent des assecs sur la Couture, le Pamproux, le Ponthioux, le Chambrille, la Courance dans les Deux-Sèvres et la Fragne, le Vau et la Saudrenne en Charente-Maritime. Des ruptures d’écoulements sont observées sur le Servon dans la Vienne.
Les fortes précipitations ont entraîné des lessivages (cultures, _ stations d’épuration, hydrocarbures et voiries) générant colmatage, dégradation de la qualité d’eau et diminution durable de la transparence. Des pollutions ont été relevées par écoulements de produits hydrocarbures (Clain, Vienne et Miosson).
Cependant, les conditions hydrologiques globalement bonnes, ont permis une fluidité des déplacements des espèces migratrices. Toutefois, les précipitations ont entraîné une augmentation de la turbidité rendant impossible les observations des frayères sur la Gartempe par exemple.

En juillet, les pluies n’ont pas empêché des ruptures d’écoulement de certains petits cours d’eau, sur la source de la Potinière dans les Deux-Sèvres, et sur le Servon, le Matray aval et le Chambon. Des assecs sont également observés sur la Couture et ses affluents, sur le Ponthioux, sur le Pamproux amont, le Chambrille, la Courance, sur la Dive du Sud, sur la Pallu et le Servon aval, sur les affluents de la Boutonne et de la Seugne et sur la Seudre.
Quelques développements algaux ont été observés sur l’Auxance et la Vendelogne, le Bert, le Chézeau, le ruisseau des Dames et la Briande dans le département de la Vienne. Des débuts de proliférations de cyanobactéries ont été aussi remarqués sur les grands barrages d’alimentation en eau potable sur les cours d’eau en Vendée. Des développements importants de macrophytes aquatiques (faux cresson, nénuphars) ont été constatés sur la Briande, le Négron, la Pallu amont dans le département de la Vienne, sur la Bouleure, la Péruse amont et la Courance dans les Deux-Sèvres. Par ailleurs, des pollutions ont été signalées, dans le département de la Vienne, ayant pour origine le rejet d’eaux brutes probablement issu d’une station d’épuration dans le Martiel.
En Juillet, les conditions de circulation sont favorables pour les espèces migratrices. Plus particulièrement pour la Vendée, les conditions d’écoulement sont bonnes et ont permis la montaison des anguilles.

En conclusion, à fin juillet, les conditions climatiques des dernières semaines, extrêmement différentes des années précédentes, sont favorables au milieu.
L’irrigation a repris au début de la deuxième décade du mois de juillet en Poitou-Charentes occasionnant des baisses de niveaux substantielles. Cependant, les épisodes pluvieux des 22 et 23 juillet ont permis de la stopper en Charente et dans les Deux-Sèvres. Cette situation confirme la fragilité des cours d’eau dans cette région et le lien fort entre pluviométrie, irrigation et niveaux d’eau.

3.2. Plans de gestion de crise pour l’alimentation en eau potable (AEP)

A notre connaissance, jusqu’au mois de juillet, il n’y a pas eu de difficultés particulières relevées pour l’alimentation en eau potable en Poitou-Charentes.

3.3. La gestion de la centrale nucléaire de Civaux

Le fonctionnement de la centrale de Civaux est assuré par l’eau disponible en Limousin.

La centrale de Civaux prend des dispositions particulières afin d’assurer son fonctionnement durant la période d’étiage.

Pour que la centrale ait le droit de fonctionner, un débit minimum de 10 m3/s doit être respecté en aval de la centrale, une fois prélevés les volumes d’eau nécessaires au refroidissement des réacteurs. Afin de garantir ce débit, un soutien d’étiage est réalisé grâce aux réservoirs situés en amont de la centrale, situés pour la plupart dans le secteur de la Vienne Supérieure.

La centrale de Civaux est autorisée à prélever dans la Vienne un débit qui est fonction de la puissance des réacteurs, dans la limite de 6 m3/s. La centrale fonctionnant majoritairement sur un seul réacteur durant l’été, cette valeur n’est globalement pas atteinte en période d’étiage. Ainsi, pendant toute cette période, on peut s’assurer que le débit de la Vienne est supérieur à 10 m3/s en aval de la centrale si la station de Lussac-les-Châteaux, en amont de la centrale, indique un débit supérieur à 16 m3/s.

Entre avril et juillet 2007, le débit de la Vienne à Lussac-les-Châteaux s’est maintenu au-dessus de 30 m3/s :

Débit de la Vienne à Lussac les Châteaux en 2007

En outre, les conditions de rejet font l’objet d’une réglementation imposant un débit minimal de 30 m3/s pour effectuer des rejets chimiques occasionnels. La centrale nucléaire de Civaux ne peut rejeter à la rivière ses effluents légèrement radioactifs qu’en présence d’un débit compris entre 27 et 350 m3/s, et entre 20 et 27 m3/s avec dérogation de l’Autorité de Sûreté DGSNR (Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection). Cependant, la Vienne se trouve couramment en deçà de ces valeurs durant la période estivale. C’est pourquoi des réservoirs ont été dimensionnés pour assurer le stockage de ces effluents durant toute la période estivale (source : EDF).

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