Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     

Structure du réseau de distribution d’eau potable

Rapport thématique Eau 2002 Eléments extraits du rapport "Qualité des ressources en eau et production d'eau potable : la situation en Poitou-Charentes", réalisé en 2002 par le Comité Régional de l'Environnement (CRE), dans le cadre des Secondes Assises de l'Eau de Poitou-Charentes.

En France, le réseau de distribution de l’eau potable comprend des conduites, auxquelles il faut ajouter des milliers de vannes, de ventouses, de systèmes de purge et de régulateurs de pression pour assurer la bonne circulation de cette eau courante. La majeure partie des canalisations d’eau potable a été posée après-guerre. Les vagues de mise en place des réseaux d’adduction dans les années 30, 50 et 60 n’ont pas bénéficié de plans de tracé. En conséquence, la longueur du réseau en France est incertaine, évaluée entre 600 000 et 1 million de km.

La matière qui compose les canalisations varie suivant la pression, la nature du sol, le type d’obstacle à franchir, ... Elle est toutefois soumise à une réglementation (décrets 89-3 et 2001-1220). En effet, certains éléments tels le plomb peuvent, lors de dégradation du réseau, augmenter leur teneur dans l’eau du robinet, entraînant des désagréments pour la santé des populations. Souvent constituées en béton armé ou en fonte (pour les principales), ou en plastique (pour les conduites de petit diamètre), elles sont enterrées à une profondeur suffisante pour être protégées du gel. Cependant, ces conduites restent exposées à des dangers divers, provoquant des détériorations pouvant aller de la fissure à la rupture.

Les incidents pouvant intervenir sur des canalisations sont par exemple :
- une fracture due à un tassement différentiel du terrain,
- une fuite provoquée par la déformation d’un joint par les racines d’un arbre. Le développement du « chevelu des racines » à l’intérieur d’une conduite risque en plus de l’obstruer.

La conception et les dimensions du réseau dépendent de la topographie du lieu où se situe la communauté à desservir, et de l’importance de celle-ci. La structure des réseaux a été rendue extrêmement complexe en raison de l’extension des villes modernes, ce qui est défavorable à une gestion facile et optimale de la qualité et de la protection des ouvrages. Il n’existe pas de réseau type et chacun possède ses caractéristiques propres. En France, la longueur de conduite est en moyenne proche de 40 mètres par abonné. Ce ratio varie fortement selon la population de la commune et la dispersion des logements. L’écart entre organisation communale ou intercommunale, sur le critère longueur de conduite par abonné, est particulièrement élevé jusqu’à 3 500 habitants, puis il disparaît après 10 000 habitants (la longueur de conduite d’eau par abonné est un facteur pesant sur le prix de l’eau potable).
(Source : « les données de l’environnement », IFEN, n°71, nov-déc 2001).

Le réseau d’adduction peut être autonome ou interconnecté à d’autres réseaux. Les interconnexions entre réseaux permettent de mélanger des eaux de provenances différentes, et ainsi de livrer à l’usager une eau de qualité satisfaisante. Elles permettent également d’assurer une alimentation de secours en cas d’incident sur le réseau principal.

(...) Un réseau isolé est dépourvu en cas de problème de qualité ou de quantité d’eau. Ainsi, 49% des services d’eau potable dépendant d’une seule UDI ont prévu une interconnexion avec un réseau voisin. Ce pourcentage est d’autant plus élevé que la commune est peuplée. (...) Finalement, 51% des communes et 22% de la population n’ont pas ce recours. La sécurité de la ressource se retrouve dans le montant de la facture. Ainsi, l’écart de prix apparaissant entre commune interconnectée et commune isolée est en moyenne de 16%.
Source : « Les données de l’environnement », n°71, IFEN, nov-dec 2001)

En Poitou-Charentes, le taux de raccordement [1] est estimé être assez élevé, entre 95 et 98%. Il est cependant en légère régression dans des zones rurales, où l’évolution du coût de l’eau a vu l’utilisation de puits privés se substituer à l’adduction d’eau.

Notes

[1] Population desservie par le réseau par rapport à la population totale

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