Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Zoom sur : les populations piscicoles d’eau douce


Les données présentées sont principalement extraites des documents :

« Excellent indicateur de qualité des eaux, le poisson est un des premiers témoins et victime du changement climatique ». La physiologie, les rythmes biologiques et la répartition des poissons dépendent de facteurs environnementaux incluant la température, les conditions hydromorphologiques ainsi que des concentrations en oxygène dissous ou en polluants.
De ce fait, les modifications sur la quantité et la qualité de l'eau consécutives au changement climatique impacteront l'état de santé des populations piscicoles ainsi que leur survie.

Les populations piscicoles sont soumises à de nombreuses pressions : les pollutions, les pathogènes, les obstacles aux déplacements (barrages, écluses), la disparition des zones de frayère (gravières, assèchement/urbanisation des zones humides), les espèces exotiques envahissantes.... Consécutivement au changement climatique, le stress thermique s'y ajoutera. Et la baisse des débits et des précipitations, ainsi que l'augmentation de l'évaporation, accentueront les pressions déjà existantes.
La multiplicité des pressions peut entraîner une vulnérabilité des populations plus importante. Par exemple, la canicule de 2003 avait entraîné la mort d'un nombre notable d'anguilles alors que cette espèce présente une forte tolérance à la température (température létale : 39 °C). Le stress thermique pourrait avoir fragilisé les individus, les rendant ainsi plus vulnérables face à d'autres facteurs de stress comme des contaminants ou des pathogènes.

De plus, les rythmes biologiques des espèces, dépendants des conditions du milieu et notamment de la température, seront de ce fait fortement impactés par le réchauffement climatique. Des études de l'INRA montrent d'ores et déjà une évolution importante chez le saumon atlantique. Son espérance de vie est plus courte, le renouvellement des populations est plus rapide. Et l'augmentation du nombre de mâles précoces conduit à une stratégie de reproduction qui exclut la migration, et donc la phase marine. Des évènements majeurs comme la ponte ou l'éclosion des oeufs seront également modifiés. Certaines espèces risquent ainsi de disparaître par l'absence de reproduction, à l'image de l'omble chevalier qui ne peut produire des oeufs que dans une eau dont la température n'excède pas les 7°C (Source : INRA).

Les différents scénarios réalisés sur l'évolution des aires de répartition des poissons d'eau douce montrent que le réchauffement climatique va entraîner un glissement des aires de répartition des espèces d'eau froide (truite, chabot) vers les zones amont. L'aire de répartition des espèces inféodées aux têtes de bassin se réduirait à des zones refuges en altitude avec un risque accru d'extinction dans certains bassins de faible altitude. A l'inverse, les espèces situées dans les zones intermédiaires ou aval telles que les cyprinidés (carpe, gardon, brème) ou les centrarchidés (perches, black-bass) seraient favorisées, avec une aire de répartition en expansion. A l'échelle de la métropole, ces évolutions sont déjà observées pour des populations de saumon et de chabot.
Ces modifications sur les aires de répartition seraient visibles localement et à l'échelle du réseau hydrographique français et européen. Une étude montre que l'aire de répartition de la grande alose glisserait du sud vers le nord de l'Europe à l'horizon 2100 (voir carte).

Les populations piscicoles marines vont aussi subir les effets du réchauffement climatique. Or la demande pour la consommation humaine ne cesse d'augmenter avec l'accroissement de la population mondiale, et le poisson reste la principale source de protéines animales pour 1 milliard de personnes.
Des modèles donnent des estimations des pêcheries en relation avec l'augmentation de température :

  • + 30 à 70% dans les zones de haute latitude
  • - 40% dans les régions tropicales.

Cependant ces modèles ne prennent pas en considération des paramètres importants comme l'acidification des océans, qui pourrait venir modifier la structure des communautés planctoniques et pourrait diminuer de 10 à 30% les valeurs calculées (source : ocean-climate.org).

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