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EFFETS
ET PERSPECTIVES
III.1.
Sur les Milieux
La
dégradation générale des cours d'eau est confirmée
par le ROCA (Réseau d'Observation des Cours d'eau en Assec),
où les agents du CSP font état dès juillet
dans chaque département " d'une augmentation significative
des assecs et des températures des cours d'eau, laissant
présager une situation dramatique pour les milieux aquatiques
dans les semaines suivantes. "
En
juillet, les cours d'eau ayant un écoulement continu présentent
dans leur grande majorité des débits très inférieurs
aux normales saisonnières. Le pourcentage de stations du
Réseau Départemental d'Observations des Ecoulements
(RDOE) présentant une rupture d'écoulement
ou un assec est passé du mois de juin au mois de juillet
2005 de 28 à 47% en Poitou-Charentes (source : Conseil
Supérieur de la Pêche).
En
juillet en Charente-Maritime, 53% des points du RDOE sont en assec,
soit 486 km de linéaire d'assec , 15% en rupture d'écoulement
et 32% en écoulement perceptible. Fin juin, la situation
correspondait à 300 km de linéaire d'assec. En août,
62 % des points sont en assec et 17 % en rupture d'écoulement.
La
situation fin juillet est décrite en Vienne comme proche
de celle de 1990 (plus de 50 % du linéairesuivi est en assec,
soit 227 km de linéaire). Fin août, 304 km sont en
assec, entraînant une mortalité piscicole, sur le secteur
de Couhé notamment.
Des
phénomènes de dystrophysation et mortalité
piscicole généralisée sont observés
dès juillet en Charente et en Deux-Sèvres (mortalité
importante dans le Marais Poitevin). Des campagnes de sauvetage
piscicole ont déjà commencé dans certains secteurs
en Charente (216 km de linéaire en assec en juillet, 50%
de linéaire asséché en août) et en Charente-maritime.
En
Deux-Sèvres, les assecs sont concentrés dans le sud
du département (bassins de la Sèvre et de la Boutonne).
L'ensemble du chevelu amont de ces zones est sec. L'équivalent
en linéaire est de 446 km assec, soit 57% des points du RDOE
en Deux-Sèvres fin juillet 2005 (226 km au 31 juillet 2003).
Fin août, 557 km sont en assec.
Il
est à craindre des pollutions ponctuelles sur ces milieux
déjà fragilisés, à la suite d'épisode
pluvieux orageux entraînant un lessivage superficiel des sols,
avec pour résultat des pics de pollutions accentuant la mortalité
piscicole dans les cours d'eau. Des relevés effectués
par les contrôles de la DDASS à la suite des orages
de fin juillet confirment ce phénomène en Deux-Sèvres.
Les cours d'eau les plus touchés relevés par le Conseil
Supérieur de la Pêche en Poitou-Charentes sont la
Tude, la Nouère, la Lizonne, le Lien, l'Ouin, l'Ouère,
l'Argenton, le Mignon, le barrage du Cébron, le Marais Poitevin,
et de nombreux affluents du Clain et de la Vienne.
III.2.
Plans de gestion de crise pour l'alimentation en eau potable (AEP)
En
Charente, face au caractère préoccupant
de la disponibilité de la ressource, des travaux d'interconnexions
et des plans de substitution sont prévus ou en cours
dès juillet et durant août et septembre, entre les
différents syndicats, afin de faire face à une pénurie
potentielle au cours du mois de septembre. Des inquiétudes
demeurent sur le Turonien (source : Observatoire de l'eau de Charente
- DDASS 16).
En
Charente-Maritime, la situation de l'AEP est assez stable. Les
variations importantes de consommation enregistrées lors
des fortes pressions touristiques sont compensées par la
mise en place d'interconnexions entre les différents
réseaux de distribution d'eau potable. Cependant les niveaux
des forages demandent tout de même une surveillance importante
due à la forte augmentation des températures alliée
à la forte consommation d'eau potable (source : DDASS 17).
En
Deux-Sèvres, la situation difficile, prévue depuis
ce printemps, a été anticipée grâce
aux restrictions d'eau et à la mise en place d'un plan de
secours par les services de la Ville de Niort (déclenchement
d'interconnexions, puis mise en service de forages de secours).
Le niveau 2 du plan a été déclenché.
Cependant la consommation a fortement diminué grâce
à la prise de conscience des usagers qui ont réduit
leur demande et grâce aux économies réalisées
sur le système d'exploitation et de traitement, compensées
par un suivi plus accentué de la qualité. Dans le
sud du département (secteur de Lorigné), la situation
est difficile ; deux forages agricoles ont été connectés.
Et dans le nord du département, la contribution du barrage
du Cébron au débit réservé est limitée
à 20 l/s au lieu de 50 l/s depuis le 29 juillet. Mi-octobre,
la situation est rétablie.
En
Vienne, les interconnexions entre syndicats existent
depuis plusieurs années. Seule la commune de Persac (sud-est
de la Vienne) a fait l'objet d'un plan d'urgence faisant appel à
un forage d'irrigation pour pallier au manque d'eau. Mais le problème
sur cette commune est récurrent depuis plusieurs années
(source : DDASS 86).
Depuis la mi-juillet, les mesures de restriction ont été
anticipées pour les situations locales à risque potentiel
pour l'alimentation en eau potable, qui touchent deux collectivités
: le syndicat d'Ayron-Maillé et la Communauté d'Agglomération
de Poitiers (CAP). Sont concernés plus particulièrement
deux secteurs de nappe (La Raudière et Sarzec) et les prélèvements
en rivière sur l'ensemble du bassin du Clain. (source : Préfecture
de la Vienne - site internet)
III.3.
La gestion de la centrale nucléaire de Civaux
Le fonctionnement
de la centrale de Civaux est assuré par l'eau disponible
en Limousin.
La centrale
de Civaux prend des dispositions particulières afin d'assurer
son fonctionnement durant la période d'étiage.
Pour
que la centrale ait le droit de fonctionner, un débit
minimum de 10 m3/s doit être respecté en aval de
la centrale, une fois prélevés les volumes d'eau nécessaires
au refroidissement des réacteurs. Afin de garantir ce débit,
un soutien d'étiage est réalisé grâce
aux réservoirs situés en amont de la centrale.
Cependant, EDF, sans communiquer de chiffre, a toujours précisé
que l'état actuel des réserves était suffisant,
ces barrages étant pour la plupart situés dans le
secteur de la Vienne Supérieure, qui souffre moins de la
sécheresse.
La
centrale de Civaux est autorisée à prélever
dans la Vienne un débit qui est fonction de la puissance
des réacteurs, dans la limite de 6 m3/s. La centrale
fonctionnant majoritairement sur un seul réacteur durant
l'été, cette valeur n'est globalement pas atteinte
en période d'étiage. Ainsi, pendant toute cette période,
on peut s'assurer que le débit de la Vienne est supérieur
à 10 m3/s en aval de la centrale si la station de Lussac-les-Châteaux,
en amont de la centrale, indique un débit supérieur
à 16 m3/s.
Le
graphique ci-dessous met en évidence la présence du
soutien d'étiage qui permet de maintenir le débit
de la Vienne entre 20 m3/s et 30 m3/s, dès le mois de
juin, alors que la majorité des cours d'eau de la région
Poitou-Charentes connaissent une diminution constante de leur débit
au cours de l'étiage.
En
outre, les conditions de rejet font l'objet d'une réglementation
imposant un débit minimal de 30m3/s pour effectuer
des rejets chimiques occasionnels. La centrale nucléaire
de Civaux ne peut rejeter à la rivière ses effluents
légèrement radioactifs qu'en présence d'un
débit compris entre 27 et 350 m3/s, et entre 20 et
27 m3/s avec dérogation de l'Autorité de Sûreté
DGSNR (Direction Générale de la Sûreté
Nucléaire et de la Radioprotection). Cependant, la Vienne
se trouve couramment en deçà de ces valeurs durant
la période estivale. C'est pourquoi des réservoirs
ont été dimensionnés pour assurer le stockage
de ces effluents durant toute la période estivale
(source : EDF).
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