Eau en Poitou-Charentes : RPDE

     
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Les risques pour la santé et les maladies liés à l’eau

Les risques sanitaires liés à l'eau sont dus à l'utilisation d'une eau polluée, impropre à l'usage voulu, comme par exemples :
- La consommation de l'eau (boisson, ...), de produits vivants ou issus de cultures en milieux aquatiques (coquillages, ...) ;
- La baignade  ;
- L'utilisation en milieu hospitalier (eau chaude sanitaire, eau ultra pure, ...).

En fonction des polluants, le risque sanitaire est de nature infectieuse (virus, bactéries, parasites, champignons), chimique (minéral, organique), ou physique (thermique, radioactif).
En France, trois agences de sécurité sanitaire observent et évaluent le risque sanitaire : l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses), l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Les risques encourus le sont à plus ou moins longs termes. Certains sont connus et avérés pour la santé, et d'autres sont suspectés voire émergents.
Les principaux risques sanitaires à court terme liés à l'eau sont généralement d'ordre infectieux. Ils proviennent de la présence de micro-organismes (bactéries, virus, parasites). Les effets sont généralement bénins (troubles digestifs, mycoses) mais peuvent s'avérer plus importants (hépatites, leptospirose, typhoïde, cholera, légionellose ...).
Pour les risques encourus à long terme, les symptômes dépendent de la dose et de la durée d'exposition. Les maladies développées ont souvent une origine chimique : saturnisme lié au plomb, cancers liés à l'arsenic, au mercure, au chrome, aux nitrates, aux hydrocarbures ... présents dans l'eau. (source : Eaufrance)

Les risques à court terme

Désormais peu répandus dans les pays riches, ils restent problématiques dans les pays en voie de développement, où les diarrhées sont la 2e cause de mortalité infantile. La qualité microbiologique de l'eau reste ainsi la première préoccupation de santé publique à l'échelle mondiale. La contamination de l'eau de boisson joue un rôle très important dans ces pays du fait de l'absence d'assainissement et des difficultés d'approvisionnement en eau. L'eau contaminée par des déchets humains, animaux ou chimiques apporte notamment le choléra, la typhoïde, la polio, l'hépatite A et E (par ingestion d'eau ou d'aliments contaminés), et la diarrhée.

D'autres maladies sont indirectement véhiculées par l'eau. Par exemple, des vers présents dans certaines eaux douces (essentiellement dans les zones tropicales et subtropicales) peuvent infecter les organismes humains, provoquant la schistosomiase ou bilharziose. Cette maladie parasitaire est plus répandue que le paludisme, et tuerait chaque année près de 300 000 personnes dans le monde (source : Ministère de la Santé). Les moustiques et mouches tsé-tsé, qui infestent certaines zones humides, véhiculent quant à eux la fièvre jaune, la dengue, le paludisme.
En 2013, le paludisme a été à l'origine de 584 000 décès (avec une marge d'incertitude comprise entre 367 000 et 755 000), pour la plupart parmi les enfants africains (source : O.M.S.).

Les pays riches sont eux encore concernés par la légionellose (maladie infectieuse due à une bactérie qui se développe dans les réseaux d’eau douce naturels ou artificiels).

En France, comme dans les pays développés, l'eau du robinet bénéficie d'un contrôle de qualité permettant de surveiller sa conformité alimentaire. [...] Quelques populations sensibles font l'objet de préconisations restrictives. Par exemples il est déconseillé aux sujets immunodéprimés sévères, comme les porteurs du VIH, de consommer l'eau du robinet afin d'éviter tout risque infectieux. L'eau dont la teneur en nitrates est supérieure à 25 mg/L est déconseillée aux nourrissons et aux femmes enceintes. (source : INVS)

La baignade en eau polluée augmente le risque d’apparition de troubles de santé. En effet, en cas de baignade dans une eau contenant des germes pathogènes au-delà d’une certaine concentration, des pathologies de la sphère oto-rhino laryngée, de l’appareil digestif (gastro-entérite) ou des yeux peuvent apparaître.
Ce risque dépend aussi de l’état de santé du baigneur et de ses pratiques (durée de la baignade, immersion de la tête.,.).

Pour les eaux en piscine, le risque sanitaire d'ordre microbiologique entraîne de potentielles affections cutanées bénignes : mycoses, eczéma, verrue, etc., ainsi que plus rarement des affections ORL ou digestives et des conjonctivites. Un risque sanitaire chimique est constaté, de par les produits utilisés lors de la désinfection ou du traitement de l'eau (produits chlorés, acides). Par ailleurs, le chlore utilisé comme désinfectant forme avec les composés organiques azotés amenés par les baigneurs (urine, sueur, cosmétiques) des chloramines, qui peuvent être à l'origine de troubles irritatifs ou respiratoires.

Enfin, la consommation de coquillages contaminés par des bactéries, virus et plancton toxique entraîne le plus souvent des symptômes similaires à ceux d'une gastro-entérite (maux de ventre, diarrhées, nausées et vomissements) qui surviennent peu de temps après leur ingestion, généralement quelques heures à quelques jours. Parfois, les coquillages contaminés peuvent être responsables de maladies infectieuses beaucoup plus graves comme l'hépatite A ou la fièvre typhoïde ou, en cas d'ingestion de certaines formes de plancton toxique, de troubles neurologiques et respiratoires graves pouvant aller jusqu'au décès. (source : Ministère de la Santé)

Les risques à moyen et long terme

La contamination par les organismes pathogènes est très rapide, une seule absorption d’eau infectée pouvant suffire. Si d'autres matières présentes dans l'eau sont sans risque pour la santé en dessous d’une certaine concentration, certaines sont toxiques même à l’état de trace. Ces risques sont aggravés par les facteurs de temps d’exposition, de bioaccumulation, de bioamplification, de recombinaison …
Voici quelques exemples des substances rencontrées et de leur impact avéré ou suspecté sur la santé, notamment lors de l'absorption de l'eau :

Les pesticides
Il s'agit des substances chimiques destinées à protéger les végétaux contre les organismes nuisibles et à détruire les végétaux indésirables, et les produits biocides. Ils sont majoritairement utilisés par le secteur agricole, mais aussi par l'industrie, les gestionnaires d'équipements ou de réseaux de transport, les collectivités locales ou les particuliers.
Les risques sanitaires liés à l'exposition des personnes aux pesticides sont soit des intoxications aigües des utilisateurs (absorption accidentelles du produit, contact cutané ou inhalation lors de la manipulation des produits ou lors de l'application du traitement), soit des risques à longs termes dus à une exposition chronique, quant à eux plus difficiles à apprécier. Des études épidémiologiques ont mis en évidence les liens sur la santé, avec notamment l'apparition de cancers (leucémie), des effets neurologiques et des troubles de la reproduction (stérilité, avortements, malformations, perturbation du système hormonal, ...).
Les pesticides forment une famille très nombreuse. Ils se dégradent dans la nature, leurs produits de dégradation pouvant se recombiner en d'autres substances, parfois plus toxique que leurs substances originelles, dont les effets sont difficiles à évaluer.

Les nitrates
Les nitrates sont présents dans le sol et à l'état naturel, comme résidus de la vie des végétaux, des animaux et des Hommes. Cependant, la pollution des eaux par les nitrates est principalement due à son apport en forte concentration sous forme d'engrais (lisiers, engrais minéraux).
Les nitrates peuvent se transformer en nitrites, qui sont la cause de réduction des capacités d'oxygénation des tissus. Les nourrissons et les femmes enceintes sont les populations les plus sensibles (maladie bleue du nourrisson ou méthémoglobinémie).
Les nitrates peuvent également être à l'origine de la formation de nitrosamines (par réaction entre les dérivés de nitrites et certains acides aminés). Les nitrosamines se sont révélées cancérigènes chez certaines espèces animales. Le risque cancérigène chez l'Homme reste discuté, les résultats des différentes études épidémiologiques étant non concordants à ce sujet. Les perturbateurs endocriniens
Il s'agit de substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle qui peuvent interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines, organes responsables de la sécrétion des hormones. Ces molécules agissent à très faibles doses sur l’équilibre hormonal de nombreuses espèces vivantes, et sont susceptibles d’avoir des effets indésirables sur la santé en altérant des fonctions telles que la croissance, le comportement, la reproduction.
On peut les retrouver dans l'eau et l'alimentation, mais aussi dans l'air et les cosmétiques. Un résidu de médicament peut être un perturbateur endocrinien, mais d’autres polluants peuvent également engendrer des perturbations endocriniennes (pesticides, herbicides, détergents, métaux …).

Les sous produits de désinfection (SPC) :
Les désinfectants comme le chlore, l’ozone et le dioxyde de chlore jouent un rôle prépondérant dans la protection de l’eau potable contre les microbes et dans la prévention des maladies transmissibles par l’eau. Cependant, ces désinfectants peuvent également réagir avec des substances présentes naturellement dans l’eau et former certains sous-produits indésirables, ce qui peut poser un problème du point de vue sanitaire.
Les risques sur la santé seraient les cancers colorectal (pas de consensus) et de la vessie (consensus des études).

Le fluor :
Le fluor se fixe sur les dents et les os. Les marges entre les doses utiles et nocives sont faibles : absorbé en excès, il peut entrainer des fluoroses dentaires (taches roses sur l'émail) et osseuses (déformations osseuses et articulaires). Par contre à certaines doses il a des effets bénéfiques (prévention des caries dentaires). (Source : ARS Poitou-Charentes)

La radioactivité :
Des contrôles sont effectués, pour contrôler les radioéléments dans les eaux. Certains sont présents naturellement. D'autres radioéléments sont présents à très faibles concentrations dans les eaux de la Vienne, dans les eaux prélevées à Châtellerault et à Vaux sur Vienne pour partie de par les rejets de la centrale nucléaire de Civaux. (Source : ARS Poitou-Charentes)

Les métaux :
Différents métaux comme l'aluminium, l'arsenic, le chrome, le cobalt, le cuivre, le manganèse, le nickel, le zinc… ou encore à des métaux lourds comme le cadmium, le mercure ou le plomb, plus toxiques que les précédents, peuvent se retrouver dans l'eau.
Ils proviennent pour les activités humaines essentiellement :
- des rejets d'usines, notamment de tanneries (cadmium, chrome), de papeteries (mercure), d'usines de fabrication de chlore (mercure) et d'usines métallurgiques, des épandages sur les sols agricoles d'oligo-éléments ou de boues résiduelles de stations d'épuration,
- de l'utilisation de certains fongicides (mercure),
- des retombées des poussières atmosphériques émises lors de l'incinération de déchets (mercure) ou de la combustion d'essence automobile (plomb),
-du ruissellement des eaux de pluie sur les toitures et les routes (zinc, cuivre, plomb).
La majorité des éléments métalliques est toutefois indispensable à la vie animale et végétale (oligo-éléments). Cependant, à des doses importantes, ils peuvent se révéler très nocifs. La pollution métallique des milieux aquatiques pose un problème particulier car non biodégradable. Elle a tendance à se concentrer dans les organismes vivants (bioaccumulation ou bioamplification). Les effets toxicologiques varient suivant le métal et sa forme chimique. De façon générale, les troubles les plus fréquents sont d'ordre respiratoire, digestif, nerveux ou cutané. Certains métaux sont également considérés comme cancérigènes : Arsenic (cancers de la vessie, du rein, de la peau, du poumon), Nickel, Chrome VI.

Concernant le plomb , métal lourd, sa présence est liée à la dissolution des matériaux constitutifs des réseaux de distribution, largement utilisés jusque dans les années 50, engendrant maintenant un remplacement des canalisations et branchements l'utilisant. Il est toxique par effet cumulatif, notamment sur les enfants. Exposés de manière prolongée à de faibles doses de plomb ils peuvent développer le saturnisme, maladie touchant le système nerveux central et périphérique, ainsi que des problèmes pulmonaires, rénaux, digestifs et sanguins.

Pour en savoir plus :
Sur les maladies liées à l'eau et le risque sanitaire :
- Les maladies liées à l'eau (Institut de Veille Sanitaire - 30/12/2008)
- La surveillance épidémiologique du risque hydrique et l'évaluation des risques (Institut de Veille Sanitaire - 30/12/2008)

Sur les « nouveaux polluants » :
- Les perturbateurs endocriniens et « nouveaux polluants » sur le site du RPDE
- Eau du robinet : les nouveaux polluants (CIeau - 24/06/2013)
- Les médicaments dans l'eau sont-ils dangereux ? (Meli-Mélo - 2014)
- Produits pharmaceutiques dans l'eau potable (O.M.S. - 2011)
- La lutte contre les pollutions (Ministère de l’Ecologie)

Sur les sous produits de chloration et le plomb dans l'eau du robinet :
- Les sous produits de chloration sur le site de l'INVS
- Y-a-t-il du plomb dans l'eau ? (CIeau - 30/07/2012)
- Quid des substituts au plomb et leur innocuité ? (Actu-environnement - 02/06/2014)
- Matériaux et objets au contact de l'eau, produits et procédés de traitement des eaux de distribution publique - Évaluation de l'innocuité des matériaux et objets entrant au contact de l'eau de distribution destinée à la consommation humaine, évaluation de l'innocuité et de l'efficacité des produits et procédés de traitement des eaux de distribution publiques (ANSES - 28/12/2012)

Sur les autres polluants dans l'eau du robinet :
- Exposition à l'aluminium par l'alimentation (ANSES - 20/02/2014)
- De l’aluminium dans l’eau ? (CIeau - 10/01/2013)
- Faut-il craindre les pesticides dans l'eau du robinet ? (CIeau - 30/07/2012)
- Les différentes pollutions des eaux distribuées (Institut de Veille Sanitaire - 30/12/2008)
- Pesticides - Limites pour les Eaux (Observatoire des Résidus de Pesticides)
- Santé et Pesticides (Observatoire des Résidus de Pesticides)

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