Mieux gérer l’eau est un véritable enjeu économique pour le consommateur et les collectivités.
La dégradation de la ressource en eau contribue à un besoin accru d’investissements, mais les moyens financiers des collectivités stagnent. Dans le même temps, le consommateur devient de plus en plus sensible aux augmentations de sa facture d’eau.
La réforme de la loi sur l’eau, en cours en 2004, devrait ré-étalonner les principes de pollueur/payeur.
Le risque sanitaire peut, dans certains cas, conduire à observer des effets immédiats ou à long terme sur la santé des populations. Dès lors, il importe que l’identification de chaque risque s’accompagne de la mise en place de programmes d’action visant à l’éliminer, ou à le réduire, dans un souci de prévention et de protection de la santé.
Par exemple, la directive européenne du 3 novembre 1998 ainsi que la loi relative à l’exclusion, abordent la nécessité de limiter l’exposition des populations au plomb : des mesures complémentaires à celles réalisées en 1992 sont à engager et doivent permettre d’identifier les canalisations publiques et privées en plomb.
Les solutions proposées doivent être préventives (protection de la ressource voire reconquête de la qualité de la ressource) plutôt que curatives (abandons de ressources, mélanges, traitement,…) et doivent assurer à tout moment la livraison d’une eau conforme à la réglementation qui protège la santé du consommateur.
Les consommations domestiques peuvent être réduites, notamment par des gestes anti-gaspillage. Les fuites sur les réseaux et chez les particuliers équivalent à en moyenne 40% de la production d’eau potable.
Ces économies passent par l’entretien des tuyauteries pour limiter les fuites, par la pose d’économiseurs sur les chasses d’eau, par l’optimisation de l’arrosage, par la limitation des lavages de voiture …
Les périmètres de protection réglementaires des captages des eaux potables devaient être mis en place pour le 3 janvier 1997 au plus tard selon la réglementation. En réalité, si de nombreuses procédures sont lancées, peu sont abouties aujourd’hui étant donné la complexité et la longueur de la démarche à mettre en œuvre pour les collectivités locales.
En Poitou-Charentes, en 2001, 188 captages sur 484 (soit 39%) disposent d’un arrêté préfectoral d’utilité publique établissant les périmètres de protection et les servitudes s’y rattachant. En effet, cette protection permet de réglementer l’existence de certaines activités à proximité du point d’eau et d’instaurer des distances à respecter. Ces mesures ont pour objectif d’éviter les pollutions accidentelles ponctuelles.
Toutefois, il est clairement établi que les périmètres de protection (partie du bassin d’alimentation de chaque ressource calculé à partir d’études pièzomètriques et de vitesses d’écoulement des eaux) ne constituent pas l’outil adapté pour lutter contre les pollutions diffuses majoritairement apportées par les activités agricoles.
Une étude DRASS Poitou-Charentes – ANTEA en 2001 a permis d’identifier des bassins d’alimentation des ressources en eau prioritaires et vulnérables aux pollutions diffuses mobilisées au titre de l’adduction d’eau en Poitou-Charentes. Les réflexions menées dans le cadre du programme Re-Sources engagé en 2002 devront permettre de mettre en place des programmes d’actions adaptées pour réhabiliter des qualités compatibles avec un usage adduction d’eau.
Par ailleurs, un effort important doit être accompli pour éviter la contamination des nappes profondes par des forages mal cimentés ou mal équipés introduisant des eaux de nappes superficielles vulnérables.