Mieux gérer l’eau est un véritable enjeu économique pour le consommateur et les collectivités.
La dégradation de la ressource en eau contribue à un besoin accru d’investissements, mais les moyens financiers des collectivités stagnent. Dans le même temps, le consommateur devient de plus en plus sensible aux augmentations de sa facture d’eau.
Le risque sanitaire peut, dans certains cas, conduire à observer des effets immédiats ou à long terme sur la santé des populations. Dès lors, il importe que l’identification de chaque risque s’accompagne de la mise en place de programmes d’action visant à l’éliminer, ou à le réduire, dans un souci de prévention et de protection de la santé.
Par exemple, la directive européenne du 3 novembre 1998 ainsi que la loi relative à l’exclusion, abordent la nécessité de limiter l’exposition des populations au plomb : des mesures complémentaires à celles réalisées en 1992 sont à engager et doivent permettre d’identifier les canalisations publiques et privées en plomb.
D’autre part, la Commission européenne, se fondant sur les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.), a décidé d’abaisser les seuils en vigueur. A partir du 25 décembre 2003, la valeur limite de 50 µg/L a été abaissée à 25 µg/L puis sera passée à 10 µg/L début 2014 (Directive européenne 98/83/CE - code de la santé publique, article R. 1321-64) .
D’autres modifications réglementaires, portant sur d’autres paramètres, contribuent également à l’amélioration constante de la qualité de l’eau du robinet.
Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E. : L’eau et moi > L’eau et ma santé
Les solutions proposées doivent être préventives (protection de la ressource voire reconquête de la qualité de la ressource) plutôt que curatives (abandons de ressources, mélanges, traitement,…) et doivent assurer à tout moment la livraison d’une eau conforme à la réglementation qui protège la santé du consommateur.
Les consommations domestiques peuvent être réduites, notamment par des gestes anti-gaspillage. Les fuites sur les réseaux et chez les particuliers équivalent à en moyenne 40% de la production d’eau potable.
Ces économies passent par l’entretien des tuyauteries pour limiter les fuites, par la pose d’économiseurs sur les chasses d’eau, par l’optimisation de l’arrosage, par la limitation des lavages de voiture …
Les périmètres de protection réglementaires des captages des eaux potables devaient être mis en place pour le 3 janvier 1997 au plus tard selon la réglementation. Cette protection permet de réglementer l’existence de certaines activités à proximité du point d’eau et d’instaurer des distances à respecter. Ces mesures ont pour objectif d’éviter les pollutions accidentelles ponctuelles. En réalité, si de nombreuses procédures sont lancées, peu sont abouties aujourd’hui étant donné la complexité et la longueur de la démarche à mettre en œuvre pour les collectivités locales.
En Poitou-Charentes, en 2010, 79% des captages disposaient d’un arrêté préfectoral d’utilité publique établissant les périmètres de protection et les servitudes s’y rattachant (contre 63 % en 2007). Le Plan Régional Santé Environnement (P.R.S.E.) prévoyait la protection de la totalité des captages de la région en 2010. Cet objectif n’est pas atteint mais ce Plan et le Plan National Santé Environnement ont permis d’augmenter de 30% le nombre de captages protégés depuis 2005. Un second Plan Régional Santé Environnement (P.R.S.E.2) a été mis en place en 2011, il se décline en 26 actions concrètes, pour 4 années de suivi et d’animation.
| Charente | Charente-Maritime | Deux-Sèvres | Vienne | Poitou-Charentes | |
| Nombre de captages protégés | 70 | 63 | 70 | 115 | 318 |
| Nombre de captages protégeables | 97 | 84 | 73 | 150 | 404 |
| % de captages protégés | 72% | 75% | 96% | 77% | 79% |
Toutefois, il est clairement établi que les périmètres de protection (partie du bassin d’alimentation de chaque ressource calculé à partir d’études pièzomètriques et de vitesses d’écoulement des eaux) ne constituent pas l’outil adapté pour lutter contre les pollutions diffuses majoritairement apportées par les activités agricoles.
Une étude DRASS Poitou-Charentes – ANTEA en 2001 a permis d’identifier des bassins d’alimentation des ressources en eau prioritaires et vulnérables aux pollutions diffuses mobilisées au titre de l’adduction d’eau en Poitou-Charentes. Les réflexions menées dans le cadre du programme Re-Sources engagé en 2002 permettent de mettre en place des programmes d’actions adaptées pour réhabiliter des qualités compatibles avec un usage adduction d’eau.
15 sites sont concernés par le programme Re-Sources en juin 2008 :
Par ailleurs, un effort important doit être accompli pour éviter la contamination des nappes profondes par des forages mal cimentés ou mal équipés introduisant des eaux de nappes superficielles vulnérables.
Pour en savoir plus sur le site du R.P.D.E. :
Zoom sur > Re-Sources