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Usages de l’eau Production d’énergie

L’eau et la production d’énergie en Poitou-Charentes

L’utilisation de l’eau

L’eau est utilisée de deux manières dans le domaine de la production d’énergie :

  • la force de l’eau en mouvement est utilisée par les centrales hydrauliques, productrices d’électricité, pour faire tourner leurs turbines. Ce mouvement peut être une chute d’eau (créée artificiellement grâce à un barrage par exemple), la force du courant d’une rivière ou d’un fleuve ou l’énergie des marées.
    En Poitou-Charentes, de nombreux petits ouvrages hydrauliques sur les cours d’eau sont hérités des activités humaines disparues (meunerie, …) ou toujours existantes (par exemple, en 1998 en Poitou-Charentes, une quarantaine de petites centrales hydroélectriques est dénombrée de manière non-exhaustive).
  • l’eau est utilisée également par prélèvement pour le refroidissement des centrales nucléaires. Dans ce cas, 0,7% seulement de l’eau prélevée n’est pas restituée au milieu naturel. L’eau est aussi utilisée par les centrales pour leurs rejets soit thermiques (eau échauffée), soit chimiques, soit radioactifs. En Poitou-Charentes, Civaux est la seule centrale nucléaire.

Les prélèvements de Civaux sont réalisés au débit de 4 m3/s dont la moitié est restituée et l’autre moitié évaporée.

Les rejets liquides radioactifs de Civaux contiennent des gaz de fission dissous (xénon, krypton, iodes), des produits de fission solides (césium, lanthane, strontium) et des produits d’activation (cobalt, manganèse, antimoine). Le tritium existe à l’état naturel dans la plupart des eaux minérales issues de zones volcaniques. Dans les centrales nucléaires, sa quantité est directement liée au fonctionnement et à la puissance des réacteurs. Il n’existe aucun moyen de le filtrer. Il est mesuré indépendamment des autres radioéléments.

Au mois de décembre 2003, les valeurs de rejets liquides radioactifs sont en dessous des limites réglementaires.

Rejets liquides radioactifs :
Valeur du mois de décembre 2003Valeur depuis le 1er janvier 2003 % de la limite annuelle *
Somme des radioéléments (hors tritium) en GBq ** 0.0460.3550.16
Tritium en GBq 86218 70023.4

* C’est le rapport de la valeur cumulée de l’année sur la limite réglementaire imposée annuelle. Ce rapport est exprimé en pourcentage.
** Le Becquerel (Bq) est le nombre d’atomes radioactifs qui se transforment pendant une unité de temps.

source : Centrale nucléaire de Civaux

La qualité de l’eau souterraine est mesurée chaque mois. La valeur correspond à la moyenne des prélèvements effectués dans le puits du site. Ces valeurs sont comparées au point zéro effectué avant le démarrage de la centrale.

Qualité de l’eau souterrraine :
Valeur du mois de décembre 2003Valeur moyenne (avant démarrage)
Eau souterraine en Bq/l <0.69<0.64
source : Centrale nucléaire de Civaux

Les amibes, naturellement présents dans l’environnement, peuvent trouver des conditions favorables à leur développement dans toutes les eaux artificiellement échauffées. L’une d’elle est pathogène pour l’Homme : Naegleria Fowleri. Les mesures sont réalisées durant la saison chaude. Au mois d’août 2003, les taux d’amibes mesurés sont inférieurs aux normes.

Les amibes au mois de décembre 2003 :
En amontEn aval Pont de Cubord Plage de Bonnes
Nombre total d’amibe (maximum du mois) <27<2<2
Nombre d’amibes pathogènes Naegleria Fowleri <27<2<2
source : Centrale nucléaire de Civaux

Les problèmes potentiels ou avérés...

... des ouvrages hydrauliques

Les impacts et les risques induits par la présence de microcentrales sur les cours d’eau sont nombreux : obstacles à la migration des poissons, ennoiement de frayères, réduction des débits en cas de dérivation, fluctuation brutale des débits en cas de fonctionnement par éclusées ou lors de surverses, blocage du transport solide, altération de la qualité du cours d’eau lors des opérations de désenvasement.

Aux grands ouvrages hydrauliques sont reprochées des inondations, mais aussi la création de réserves qui modifient le régime des eaux de la rivière. En amont, la circulation des sédiments entraîne un relèvement progressif du lit du cours d’eau ; en aval, les eaux sans limon provoquent une érosion du lit, des rives et des embouchures. Les usines hydroélectriques constituent enfin un seuil infranchissable pour les poissons migrateurs. Des passes à poissons peuvent être installées pour y remédier.

... des centrales nucléaires

Les centrales nucléaires qui utilisent l’eau pour le refroidissement risquent de restituer au milieu aquatique :

  • une eau dont la température diffère de celle de la rivière,
  • des effluents chimiques ou radioactifs.



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